Syrie : une résolution contre les armes chimiques en négociation à l’ONU
Le Conseil de sécurité de l’ONU discute, ce jeudi, du vote d’une résolution de l’ONU contre l’attaque présumée à l’arme chimique du régime de Bachar al Assad. La Russie, soutien de Damas, est opposée à cette résolution.

Syrie : une résolution contre les armes chimiques en négociation à l’ONU

Le Conseil de sécurité de l’ONU discute, ce jeudi, du vote d’une résolution de l’ONU contre l’attaque présumée à l’arme chimique du régime de Bachar al Assad. La Russie, soutien de Damas, est opposée à cette résolution.
Public Sénat

Par Alexandre Poussart, Héloise Grégoire et AFP

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Le Conseil de sécurité de l’ONU doit se réunir ce jeudi après le report du vote d’une résolution condamnant l’attaque présumée à l’arme chimique du régime de Bachar al Assad contre la ville syrienne de Khan Cheikhoun. Cette attaque a fait 86 morts, dont 27 enfants et 20 femmes selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme.

La Russie contre une résolution

Le président russe Vladimir Poutine a jugé « inacceptable » d'accuser sans preuve le régime de Damas. Les Russes avaient rejeté, mercredi, le projet de résolution présenté par Washington, Paris et Londres, qui condamnait fermement l’usage des armes chimiques dans le conflit syrien et appelait à une enquête complète et rapide.

« Nous ne voyons pas de nécessité d'adopter une nouvelle résolution à ce stade. Les résolutions déjà adoptées sont pleinement suffisantes pour mener une enquête exhaustive de cet incident », a déclaré Maria Zakharova, attachée de presse du ministère des Affaires étrangères russe.

Syrie : "la Russie ne changera pas de stratégie" selon le chercheur Adam Baczko
00:41

« La diplomatie russe doit être malgré tout furieuse d’une telle attaque et cela montre la capacité d’autonomie de Bachar al Assad face à l’Iran ou la Russie qui le soutiennent », estime Adam Baczko, chercheur à l'EHESS, et co-auteur de « Syrie, anatomie d'une guerre civile ». « Mais les Russes n’ont pas de raison de changer leur stratégie de soutien au régime syrien. »

Les Etats-Unis mettent la pression

Le président américain Donald Trump, a reconnu, mercredi, que son « attitude vis-à-vis de la Syrie et d'Assad avait nettement changé. Ces actes odieux par le régime d'Assad ne peuvent pas être tolérés. » « Quand les Nations unies échouent constamment dans leur mission d'action collective, il y a des moments dans la vie des Etats où nous sommes obligés d'agir nous-mêmes », a même affirmé Nikki Haley l'ambassadrice américaine à l'ONU.

Armes chimiques en Syrie : "la réaction de Donald Trump ne change rien sur le fond" selon le chercheur Adam Baczko
01:38

« La position de Trump est étonnante sur la forme, mais sur le fond rien de concret. Les Etats-Unis soutiennent juste les unités syriennes des Kurdes du PKK, et apportent peu de soutien aux rebelles insurgés. » observe Adam Baczko.

Dans leur résolution, les Occidentaux appellent l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) à présenter rapidement ses conclusions sur l'attaque.

Des preuves d’une attaque à l’arme chimique

En Turquie, où de nombreux blessés ont été évacués, des autopsies ont confirmé l'utilisation d'armes chimiques, selon l'agence de presse turque Anadolu. Les premières analyses effectuées sur les victimes d'une attaque présumée chimique en Syrie suggèrent qu'elles ont été exposées à du sarin, un puissant agent neurotoxique, a déclaré le ministère turc de la Santé.

Des médecins présents sur les lieux ainsi que des ONG internationales comme Médecins sans frontières (MSF) ont évoqué l'utilisation d' « agents neurotoxiques ».

Attaque à l'arme chimique en Syrie : "la suite d'une longue série" selon le chercheur Adam Baczko
00:16

Pour Adam Baczko, « cette attaque est cohérente pour le régime syrien après trois années d’usage du gaz de chlore ou de sarin comme en 2013. C’est la suite d’une longue série. »

Partager cet article

Dans la même thématique

PARIS, Affaire Lyhanna, Manifestation interdite place Vendome.
6min

Politique

Affaire Lyhanna : que proposent les partis face aux « dysfonctionnements » de la justice ?

Les ratés judiciaires entourant le meurtre de la jeune Lyhanna n’en finissent plus de susciter l’indignation de tout le pays. Dès lors, la classe politique est amenée à se positionner. Alors que Sébastien Lecornu a présenté ses premières mesures, la gauche fustige le manque de moyens de la Justice et la droite épingle le laxisme des magistrats. Tour d’horizons des différentes propositions du gouvernement et des partis politiques.

Le

Des « menaces lourdes » d’ingérences numériques étrangères pèsent sur l’élection présidentielle, alerte Sébastien Lecornu
8min

Politique

Des « menaces lourdes » d’ingérences numériques étrangères pèsent sur l’élection présidentielle, alerte Sébastien Lecornu 

Après avoir rendu compte aux partis politiques des ingérences numériques étrangères durant les élections municipales, le Premier ministre a tiré le bilan des investigations et des moyens d’y répondre au cours d’une conférence de presse. Il commence à consulter les forces politiques en vue d’un projet de loi qui pourrait être débattu à l’automne.

Le

FRA – ASSEMBLEE – QUESTIONS AU GOUVERNEMENT
8min

Politique

Avec le retrait du plaider-coupable en matière criminel, « Gérald Darmanin fait de la politique sur le dos des victimes », regrette la rapporteure du texte au Sénat

Suite au rejet du projet de loi sur la justice criminelle et le respect des victimes en commission des lois de l’Assemblée nationale mercredi, Gérald Darmanin a annoncé le retrait complet du « plaider-coupable » criminel, l’un des dispositifs les plus polémiques de son texte. Une « déception » pour les rapporteurs du texte au Sénat.

Le

Le Sénat rejette le projet de loi de financement de la Sécurité sociale en nouvelle lecture
9min

Politique

Protection de l’enfance examinée au Sénat en octobre : « Le texte aurait mérité d’être inscrit avant », pointe la sénatrice centriste Dominique Vérien

Face à l’émoi suscité par l’affaire Lyhanna, le gouvernement va profiter de l’examen du texte sur la protection de l’enfance pour ajouter de nouvelles mesures. Le Sénat n’examinera pas le texte avant le 8 octobre. Trop tard, pour la centriste Dominique Vérien. La présidente de la commission des lois, Muriel Jourda, interroge surtout le recours à ce projet de loi. « Réagir par un texte sans lien avec l’affaire Lyhanna revient à faire de la loi un outil de communication », pointe la sénatrice LR.

Le