Financer la rénovation des infrastructures de transports. C’est l’objectif du projet de loi-cadre qui a été présenté ce mercredi en conseil des ministres. Il doit permettre de piocher dans la manne autoroutière pour financer la rénovation d’infrastructures délaissées depuis des décennies, entre réseau ferroviaire et canaux.
« Plus on tarde à investir, plus il y a une dette grise qui se constitue »
Ce sont bien « notamment les concessions autoroutières, qui arrivent à échéance à partir de 2031, qui vont permettre de financer les infrastructures vieillissantes, ferroviaires, nos projets routiers structurants, nos fleuves, nos ponts, nos routes départementales ou communales. On sait qu’on a besoin d’investissements dans les infrastructures de transports, car elles sont vieillissantes », défend le ministre des Transports, Philippe Tabarot, interrogé au micro de Public Sénat ce mercredi.
« Plus on tarde à investir, plus il y a une dette grise qui se constitue », alerte l’ancien sénateur LR. « En tout cas, ce matin, ça a été un moment fort pour le secteur des transports dans notre pays. C’était très attendu. C’est le fruit d’une conférence que j’ai menée avec 150 acteurs du secteur du transport, parlementaires, entreprises, associations », se félicite Philippe Tabarot, qui ajoute : « Quelque part, aussi, ce projet de loi est né au Sénat, car en tant que sénateur, j’ai eu l’occasion de souvent parler de ces sujets ».
« On est le pays en Europe où la part de l’usager est le plus faible »
Sujet qui interroge : le projet de loi vise aussi l’indexation automatique des tarifs des transports en commun sur l’inflation, afin d’augmenter la participation des usagers au financement de l’offre de transport. « Les titres de transport ne vont pas augmenter plus que l’inflation, si les autorités organisatrices de transport, c’est-à-dire les collectivités, le décident. On est dans une liberté des collectivités pour mettre en place les tarifs », précise le ministre des Transports.
« Je rappelle qu’on est le pays en Europe où la part de l’usager est le plus faible et beaucoup plus faible que dans les années 70. En gros, l’usager finance 20 à 25 % maximum de son titre de transport. Le reste est pris en charge soit par la dette, le contribuable ou l’entreprise », souligne encore Philippe Tabarot, qui ajoute : « On souhaite simplement stabiliser ce niveau de participation de l’usager. Il est normal que l’usager finance, mais de l’autre côté, le plus important, c’est de faire appel aux sociétés autoroutières, qui ont amorti l’investissement, et qui vont supporter la charge de manière solidaire et volontaire ».