Taxation des superprofits : les parlementaires PS vont enclencher une procédure pour un référendum d’initiative partagée
Le PS souhaite enclencher un référendum d’initiative partagée sur la question de la taxation des superprofits. Une proposition de loi en ce sens doit être présentée dans les prochains jours. Si elle recueille le soutien d’au moins d’1/5 des parlementaires, et est validée par le Conseil constitutionnel, elle pourra être soumise à la signature de 10% du corps électoral.

Taxation des superprofits : les parlementaires PS vont enclencher une procédure pour un référendum d’initiative partagée

Le PS souhaite enclencher un référendum d’initiative partagée sur la question de la taxation des superprofits. Une proposition de loi en ce sens doit être présentée dans les prochains jours. Si elle recueille le soutien d’au moins d’1/5 des parlementaires, et est validée par le Conseil constitutionnel, elle pourra être soumise à la signature de 10% du corps électoral.
Romain David

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

À l’occasion de sa rentrée parlementaire, le Parti socialiste remet sur la table le sujet de la taxation des superprofits. Les élus socialistes présenteront cette semaine une proposition de loi pour enclencher la procédure dite du référendum d’initiative partagée. « Nous allons la lancer au travers d’une proposition de loi qui sera déposée cette semaine, concoctée et approuvée par les deux groupes (sénateurs et députés) », a annoncé lundi Patrick Kanner, le président du groupe PS au Sénat, en ouverture des journées parlementaires du PS qui se tiennent à Rennes jusqu’au 20 septembre.

Cette initiative fait suite à l’annonce fin août du premier secrétaire Olivier Faure de faire appel à l’article 11 de la Constitution pour soumettre à l’avis des Français l’idée d’une contribution sur les profits réalisés par les grandes entreprises durant la période 2020-2021. « Il faut forcer le président de la République à aller vers cette taxation des superprofits et je souhaite qu’il y ait un référendum d’initiative partagée », avait-il expliqué au micro de RTL, alors que les amendements déjà déposés en ce sens par la gauche, à la fin de la session parlementaire, ont tous été retoqués par la majorité.

Une procédure qui n’a jamais abouti

Depuis la réforme constitutionnelle de 2011, il est possible de faire adopter un texte de loi qui aurait recueilli le soutien d’1/5ème des membres du Parlement, puis, après validation par le Conseil constitutionnel, la signature d’au moins 10 % du corps électoral (4,7 millions de citoyens) sur une période de neuf mois. Très compliqué à mettre en œuvre, ce mécanisme n’a encore jamais abouti jusqu’à présent, malgré plusieurs tentatives.

De plus, la validation par le Conseil constitutionnel n’est pas évidente. Parmi les vérifications, le respect de l’article 11 de la Constitution, qui restreint le champ des domaines qui peuvent être soumis à référendum : « tout projet de loi portant sur lorganisation des pouvoirs publics, sur des réformes relatives à la politique économique, sociale ou environnementale de la nation et aux services publics qui y concourent, ou tendant à autoriser la ratification d’un traité. » À première vue, une réforme d’ordre fiscale pourrait rentrer dans la catégorie des réformes « relatives à la vie économique ». Interrogé le 1er septembre dernier par publicsenat.fr, Benjamin Morel, maître de conférences en droit public à l’Université Paris-Panthéon-Assas affirmait posait la question : « La matière fiscale nest pas citée dans larticle 11. Doit-on la considérer seulement pour elle-même ou au regard de son concours à la politique économique, sociale, environnementale et à lorganisation des pouvoirs publics ? » « Ce débat existe chez les constitutionnalistes, sans avis tranché. Dans la mesure où il n’y a pas de précédent sur le sujet, une décision du Conseil constitutionnel ferait jurisprudence », expliquait-il. (Lire notre article complet sur cette question ici)

 

Toujours est-il que le dépôt d’une proposition de loi permet au PS de prendre l’initiative au sein d’un espace politique – la nouvelle union populaire écologique et sociale – largement dominé par la France insoumise. Jean-Luc Mélenchon a d’ailleurs apporté son soutien à l’initiative d’Olivier Faure.

La question du rôle qu’entend jouer le PS face à ses partenaires de gauche est au cœur des journées parlementaires du parti, alors que de nombreux élus ont vu d’un mauvais œil le rapprochement avec LFI pour les législatives. Avec la rentrée politique s’ouvre un nouveau chapitre de cette alliance : « Personne ne nous fera de cadeaux, y compris chez nos partenaires de gauche. Nous sommes dans un rapport de force », a averti Patrick Kanner lundi, devant les élus.

» Lire aussi : La taxe sur les superprofits « sera l’un des grands sujets de la discussion budgétaire de l’automne »

Partager cet article

Dans la même thématique

Taxation des superprofits : les parlementaires PS vont enclencher une procédure pour un référendum d’initiative partagée
4min

Politique

Le Parlement adopte définitivement le projet de loi sur la justice criminelle : que contient-il ?

Après l’Assemblée nationale, le Sénat a adopté, à son tour, le projet de loi sur la justice criminelle issu d’un accord trouvé en commission mixte paritaire entre députés et sénateurs. Le texte avait l’objet d’une très forte opposition des avocats contre une de ses mesures initiales, l’instauration de l’extension de la reconnaissance préalable de culpabilité à certains crimes, finalement retiré par l garde des Sceaux, Gérald Darmanin.

Le

France Le Pen
8min

Politique

Marine Le Pen / Jordan Bardella : « L’idée d’un ticket a convaincu tout le monde, chacun pallie les éventuels défauts de l’autre dans la perception des Français », selon le sénateur RN Christopher Szczurek

Désormais candidate pour la présidentielle, Marine Le Pen entend mener campagne aux côtés de Jordan Bardella, « plan B » du RN qui sera son premier ministre, en cas d’élection. Mais seront-ils réellement complémentaires ? Ou entre les différences de fonds et l’ambition, une rivalité peut-elle naître ? Au RN, on assure qu’« ils forment un très bon duo ».

Le

Taxation des superprofits : les parlementaires PS vont enclencher une procédure pour un référendum d’initiative partagée
3min

Politique

Sébastien Lecornu annonce un projet de loi fin juillet pour tripler les peines encourues pour diffusion de faux contenus en période électorale

Interrogé par Claude Malhuret (Horizons) sur le risque de prolifération de contenus politiques créés ou modifiés par l’intelligence artificielle durant la campagne présidentielle, le Premier ministre a annoncé une réponse législative. Selon lui, les « peines aujourd'hui ne sont pas suffisamment dissuasives ».

Le

Taxation des superprofits : les parlementaires PS vont enclencher une procédure pour un référendum d’initiative partagée
3min

Politique

Narcotrafic : Sébastien Lecornu annonce un projet de loi pour durcir les sanctions du délit de corruption passive

Lors des questions d’actualité au gouvernement au Sénat, le Premier ministre est revenu sur l’action du gouvernement en matière de lutte contre le narcotrafic, en rappelant les tests de dépistage de drogues désormais imposés dans les ministères. Il a annoncé, également, un texte de loi visant à durcir les sanctions des agents de l’Etat qui se rendraient coupables de corruption passive.

Le