Taxe soda: l’Assemblée vote une formule encore modifiée
L'Assemblée nationale a voté mercredi soir une formule encore modifiée de la taxe soda devant mieux lutter contre l'obésité, avec...

Taxe soda: l’Assemblée vote une formule encore modifiée

L'Assemblée nationale a voté mercredi soir une formule encore modifiée de la taxe soda devant mieux lutter contre l'obésité, avec...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

L'Assemblée nationale a voté mercredi soir une formule encore modifiée de la taxe soda devant mieux lutter contre l'obésité, avec un barème en fonction du taux de sucre revu en baisse, via un amendement voté en nouvelle lecture du projet de budget de la Sécu.

Le Sénat avait voté la taxe issue de la première lecture à l'Assemblée, où six des sept groupes l'avaient soutenue.

Le nouveau barème, applicable début juillet prochain, entend éviter que la taxe ne produise un rendement fiscal supplémentaire. "Le pari est que les industriels vont reformuler les boissons pour moduler le taux de sucre, ce qui aura un effet sur la fiscalité", a souligné le rapporteur Olivier Véran, qui a évoqué "un vrai travail d'échange" avec les industriels et ministères pour aboutir à cette "dernière mouture".

Le produit de la taxe contribue à financer la branche maladie de la Mutualité sociale agricole (MSA).

Dans le barème tel qu'adopté, la taxation commence au seuil de trois euros par hectolitres, au lieu de 3,50 euros. Et la modulation apparaît plus progressive. Pour une boisson contenant 11 kg de sucres ajoutés par hectolitre, la taxe s'élèvera à 23,5 euros, contre 17,5 euros dans la version précédente.

Au-delà de quinze kilogrammes de sucres ajoutés par hectolitre de boisson, le tarif par kilogramme supplémentaire sera de 2 euros par hectolitre.

Pour justifier ce nouveau remodelage, le député de l'Isère (LREM, ex-PS) a plaidé que "le travail du législateur fiscal est difficile car nous connaissons pas bien l'assiette que nous taxons".

Des députés UDI-Agir et LR notamment se sont alarmés pour les boissons à base de lait de soja, taxées car comportant du sucre, alors qu'elles étaient exemptées de la taxe soda existant depuis 2013. "La filière soja se structure, sans OGM, avec peu de sucre" et ces laits constituent "une alternative nutritionnelle notamment pour les enfants allergiques aux protéine de lait animale", a ainsi plaidé Thierry Benoît.

Face à diverses remarques en ce sens, le rapporteur a exclu ces laits de soja dans la taxe, votée à main levée, avec quelques applaudissements.

L'Insoumis Loïc Prud'homme avait suggéré en vain d'exclure aussi les laits de riz, d'arachide, d'amande, d'avoine, de coco.

Le centriste Charles de Courson (UDI) a plaidé pour taxer davantage les boissons avec édulcorants, pronostiquant qu'"il va y avoir des optimisations, on va baisser le sucre et y substituer des édulcorants de synthèse".

La ministre de la Santé, Agnès Buzyn, lui a répondu que la taxe soda a été "légèrement baissée pour se rapprocher de la taxe sur le sucre" et que "les édulcorants favorisent l'addiction au sucre mais ne sont pas responsables en eux-mêmes de toxicité ou diabète".

Depuis l'instauration de la "taxe soda" sous le quinquennat Sarkozy, des parlementaires avaient tenté à plusieurs reprises de la rehausser. Face à une telle proposition en 2016, le syndicat des boissons rafraîchissantes (Coca-Cola, Orangina Suntory, Pepsico...) s'était dit "scandalisé", dénonçant une motivation "exclusivement fiscale".

Ce syndicat se disait désormais favorable à l'idée de "retravailler la fiscalité pour lui redonner du sens", sous réserve que ce soit "à budget égal", alors que selon ses calculs, la mesure initiale entraînerait "une hausse importante".

Partager cet article

Dans la même thématique

French President  Attends Bastille Day Military Parade
10min

Politique

« Retailleau n’est pas Larcher et Larcher n’est pas Retailleau » : y a-t-il des « différences stratégiques » entre les deux hommes forts des LR pour 2027 ?

Gérard Larcher souhaite voir un « candidat unique » de la droite et du centre « au plus tard » en novembre, y compris via une primaire, quand Bruno Retailleau voit une « usine à gaz » dans l’idée d’une primaire ouverte. Mais chez les sénateurs LR, on tempère les différences entre les deux hommes.

Le

Blanc Mesnil: B. Retailleau denonce les accords PS LFI aux Municipales
4min

Politique

[Info Public Sénat]. Gérard Larcher saisit le président du comité de déontologie après la plainte visant le sénateur LR Thierry Meignen, pour menaces de mort

Le président du Sénat, Gérard Larcher vient de saisir le président du comité de déontologie de la chambre haute sur le cas du sénateur LR, Thierry Meignen. Une saisine qui fait suite aux interpellations des groupes de gauche du Sénat sur les propos tenus par l’élu à l’encontre de Nassira El Moaddem, autrice d’un livre-enquête sur Le Blanc-Mesnil aux éditions Stock. La journaliste a déposé plainte mardi contre l'ex-maire LR de cette commune de Seine-Saint-Denis pour menaces de mort.

Le