Taxer les riches : « C’est totalement indécent cet accaparement de la richesse par quelques-uns au détriment du reste de la population », dénonce cette eurodéputée

Faut-il taxer davantage les plus fortunés ? Après avoir agité le débat en France, le sujet s’invite désormais dans les couloirs du Parlement Européen. Si imposer davantage les plus riches et des multinationales permettrait de renforcer le budget de l’Union, à quel prix et par quels moyens ? Caroline de Camaret et Alexandre Poussart reçoivent les eurodéputés Marina Mesure et Yvan Vergoustraete pour en débattre, dans l’émission Ici l’Europe diffusée sur France 24, LCP et Public Sénat.
Rédaction Public Sénat

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Selon la Banque Centrale Européenne au premier trimestre 2025, les 5% les plus riches en Europe détiennent 45% de la richesse nette. Un record sur le vieux continent qui enjoint les responsables politiques à se saisir de la question. Le député Belge du Groupe Renew, Yvan Vergoustraete estime que « créer de la richesse est à l’avantage de tout le monde à condition que chacun fasse sa part, c’est ça l’essentiel ». « Je pense que ça n’a aucun sens de stigmatiser les plus riches, poursuit-il, l’important c’est que ces plus riches puissent contribuer au bien-être commun. Ça a été le cas en Belgique longtemps ».

Vers une taxe Zucman européenne ?

En France, le débat s’est enflammé sur une proposition visant à imposer à hauteur de 2% les patrimoines dépassant 100 millions d’euros… Pour Marina Mesure, « il ne s’agit pas d’une confiscation ». L’eurodéputée rappelle que selon certains sondages « 85% de la population en France soutient cette taxe Zucman, parce qu’elle comprend qu’il y a un problème d’accaparement de la richesse par quelques-uns et qu’ils doivent plus contribuer au bien commun ».

Son homologue belge n’est pas fermé à une telle hypothèse, marquant une divergence avec son groupe parlementaire : « J’ai l’impression que ce débat est très polarisé et très idéologique en France vu de Belgique. Je ne dirais pas que c’est une taxe Zucman d’ailleurs, c’est un plancher qui garantit que chacun fasse sa contribution et à cet égard-là je peux le comprendre. Nous défendons la globalisation des revenus ». « En effet quand vous gagnez de l’argent à la sueur de votre front, il n’y a pas de raison qu’il soit plus taxé que l’argent qui est réalisé avec de l’argent [NDLR : autrement dit par spéculation] » analyse-t-il.

Cette taxe permettrait de renflouer les caisses de l’Union Européenne de 67 milliards d’euros par an, mais se heurte aux enjeux de compétitivité sur le sol européen.

L’harmonisation fiscale, un enjeu européen

Un autre moyen de renforcer les ressources européennes réside dans l’uniformisation de certaines règles fiscales à l’ensemble des États membres. Sur ce point Yvan Vergoustraete estime que « c’est un des péchés originels de l’Europe : notre incapacité à avoir une harmonisation au sein de l’Union ». Cette hétérogénéité des législations entraîne de facto des concurrences entre pays pour attirer les entreprises. Sur ce point, la volonté de taxer les multinationales à hauteur de 15% se manifeste de plus en plus.

Mais une telle décision requiert une adoption à l’unanimité au sein du Conseil puisque la fiscalité reste liée à la souveraineté de chaque État. L’eurodéputée de gauche Marina Mesure défend par conséquent un changement de règles dans le processus décisionnel : « Nous avons défendu de passer de l’unanimité à la majorité qualifiée sur les questions fiscales, parce que vous avez aujourd’hui des paradis fiscaux en Europe »… Le débat reste ouvert.

L’émission est à retrouver en intégralité ici.

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