« Tenez bon! »: en visite à Athènes, Mélenchon « remonte le moral » des Grecs
Le leader de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon a souhaité vendredi à Athènes "remonter le moral" de la gauche grecque deux...

« Tenez bon! »: en visite à Athènes, Mélenchon « remonte le moral » des Grecs

Le leader de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon a souhaité vendredi à Athènes "remonter le moral" de la gauche grecque deux...
Public Sénat

Par Lucile MALANDAIN

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Le leader de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon a souhaité vendredi à Athènes "remonter le moral" de la gauche grecque deux ans après ce qu'il a appelé la "capitulation" du Premier ministre de gauche Alexis Tsipras.

En visite dans la capitale grecque pour trois jours, avec quatre autres députés LFI, M. Mélenchon a ouvert le congrès de lancement du nouveau parti de l'ancienne présidente du parlement grec, Zoe Konstantopoulou, "Cap vers la liberté" (Plefsi Eleftherias).

Jadis très proche de M. Tsipras, cette dernière a rompu avec lui quand il a accepté des créanciers de la Grèce, UE et FMI, d'imposer une nouvelle série de mesures d'austérité à une Grèce déjà touchée par une crise économique sans précédent.

"Tenez bon, ne cédez pas!", a enjoint le député français, "je suis venu pour vous remonter le moral (...), je voudrais vous montrer que nous parlons la même langue, que nous parlons des mêmes choses".

Développant son idée que les gauches des différents pays peuvent s'entendre pour "retourner la situation" actuelle de l'Europe, il a poursuivi une séquence entamée par l'épisode retentissant du remplacement du drapeau européen par celui de l'ONU à l'Assemblée nationale française.

Contribution française au budget européen, nouvelles règles pour les travailleurs détachés: le député des Bouches-du-Rhône multiplie ces dernières semaines les prises de parole anti-Bruxelles, évoquant à chaque fois un autre projet européen, porté par nombre de partis de gauche européens.

Vendredi, il a rappelé que la situation de la Grèce était "le symbole de la faillite de l'Union européenne et de son projet" et non celui de "la faiblesse du peuple grec".

Intransigeant avec M. Tsipras, il a jugé que sa "capitulation" devant les exigences de l'Union européenne était "la catastrophe la plus terrible (car elle est) morale, psychologique, spirituelle, affective".

- 'Seulement le droit de dire:+oui+' -

Ce qui n'a pas empêché M. Mélenchon de "remercier" les Grecs d'avoir porté le Syriza, dirigé par M. Tsipras, au pouvoir en janvier 2015. "Un espoir immense est alors passé dans toute l'Europe et chacun dans nos pays, nous étions tous Grecs", s'est-il remémoré, évoquant "une terrible histoire d'amour déçu".

Mais à Athènes vendredi, il s'est aussi livré à une critique sans concession de l'Europe telle qu'elle fonctionne aujourd'hui.

Estimant que le "projet initial de la construction européenne, c'était la démocratie", il a d'abord regretté qu'à l'heure actuelle, "vous avez seulement le droit de dire +oui+". Il a à ce titre évoqué différents referendum comme au Danemark, en Irlande ou en France où le +non+ l'a emporté mais "ça ne compte pas".

"Les règles d'organisation de l'Union européenne opposent les gens les uns aux autres dans les pays et entre les pays: c'est le règne de la compétition générale", a-t-il regretté. Pour lui, l'Europe est "facteur de choc civil, de choc guerrier".

Et pour faire entendre "le seul message pour lequel cela vaut la peine de se battre: la paix", il a annoncé que "le moment venu" se constituerait une liste du "forum du Plan B" pour les élections européennes.

Le "forum du plan B", qui a tenu son 5e sommet le weekend dernier à Lisbonne, est un rassemblement de représentants d'une vingtaine de pays européens, prêts, s'ils parviennent au pouvoir, à agiter la menace de la sortie de l'Europe (plan B) pour obtenir des garanties sociales, fiscales et démocratiques (plan A).

Le député français a enfin une nouvelle fois appelé à ce que la Banque centrale européenne rachète "la totalité" des titres des dettes souveraines de tous les pays européens pour les mettre ensuite "dans le frigidaire".

"Voici le terrible secret: aucun effort ne servira jamais à rien, la dette ne sera jamais payée", a-t-il argumenté car "elle est trop importante et aucune société ne peut dire à sa jeunesse et aux gens dans la force de l'âge: +écoutez, pendant les cent prochaines années, l'unique projet politique, l'unique projet social, c'est de payer la dette+ !".

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris: Bruno Retailleau annonce candidature elections presidentielles 2027
6min

Politique

Référendum sur l’immigration, primauté du droit national : le projet de Bruno Retailleau est-il faisable ?

En annonçant sa candidature à la présidentielle, le patron des Républicains a promis de « renverser la table » en redonnant la parole aux Français par des référendums sur l’immigration et la justice ou encore en redonnant la primauté du droit national sur les normes internationales. Un programme qui nécessite de réviser la Constitution. Il y a quelques années, le sénateur de Vendée avait déposé une proposition de loi constitutionnelle en ce sens, avant de la retirer faute d'avoir pu réunir une majorité au Sénat.

Le

Présidentielle 2027 : chez LR, la tentation d’une primaire « plutôt ouverte » pour départager les candidats de la droite
7min

Politique

Présidentielle 2027 : chez LR, la tentation d’une primaire « plutôt ouverte » pour départager les candidats de la droite

La déclaration de candidature de Bruno Retailleau est loin de solder le problème complexe de la stratégie à adopter pour l’élection de 2027. Le groupe de travail sur le départage doit remettre ses travaux début mars. Plusieurs membres recommandent de ne pas se limiter à un processus de sélection trop resserré au seul parti LR.

Le

« Tenez bon! »: en visite à Athènes, Mélenchon « remonte le moral » des Grecs
3min

Politique

Bruno Retailleau candidat à l'Elysée : « Il a été le ministre de l’immigration et de l’insécurité, maintenant il fait le beau et il parade », raille Laurent Jacobelli (RN)

Sur un positionnement très conservateur, la candidature de Bruno Retailleau à l’Elysée pourrait ramener dans le giron des LR les électeurs tentés par l’extrême droite. Le RN Laurent Jacobelli, invité de la matinale de Public Sénat, veut rappeler que le Vendéen a fait alliance avec les macronistes. Il épingle également son bilan sécuritaire et migratoire en tant que ministre de l’Intérieur.

Le

France Drugging Trial
3min

Politique

Condamnation de Joël Guerriau : Gérard Larcher a promis à Sandrine Josso de développer les formations à la lutte contre les violences sexuelles auprès des sénateurs

15 jours après la condamnation de l’ex-sénateur Joël Guerriau à quatre ans de prison, dont 18 mois ferme, pour avoir drogué en 2023 la députée Sandrine Josso en vue de la violer, Gérard Larcher a reçu l’élue mercredi soir pendant une heure. Le président du Sénat s’est engagé à développer les formations à la lutte contre les violences sexuelles auprès des sénateurs.

Le