Tensions à Mayotte: le gouvernement nomme un nouveau préfet
Le gouvernement a nommé mercredi un nouveau préfet à Mayotte ainsi qu'une équipe interministérielle qui devront présenter dans un...

Tensions à Mayotte: le gouvernement nomme un nouveau préfet

Le gouvernement a nommé mercredi un nouveau préfet à Mayotte ainsi qu'une équipe interministérielle qui devront présenter dans un...
Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Le gouvernement a nommé mercredi un nouveau préfet à Mayotte ainsi qu'une équipe interministérielle qui devront présenter dans un délai d'un mois un train de mesures pour favoriser le développement de ce département français d'outre-mer en proie à une grave crise sociale.

Jusqu'alors directeur de cabinet de la ministre des Outre-mer, Annick Girardin, Dominique Sorain a été nommé délégué du gouvernement et préfet de Mayotte, en remplacement de Frédéric Veau.

Il sera accompagné d'une équipe de six personnes qui viendra renforcer les services de l’État sur place, a précisé la ministre devant la presse.

Autour du délégué, "l’équipe interministérielle sera en lien direct avec élus, acteurs du mouvement social, société civile et présentera, dans un délai d’un mois, un train de mesures sociales et économiques en faveur du développement et du redressement de Mayotte", a-t-elle indiqué.

L'île est secouée depuis plus d'un mois par un mouvement de contestation pour dénoncer notamment l'insécurité et l'immigration illégale venant des Comores.

L’État entend mettre en place une "nouvelle méthode" pour rétablir la confiance avec les élus et les différents acteurs sur le territoire. L'équipe nommée mercredi est composée d'experts des différents secteurs en proie à de graves difficultés : action sociale, sécurité, Éducation nationale, santé, environnement...

Un point d'étape sera fait à Paris "dans la semaine du 16 avril en présence du Premier ministre, des membres du gouvernement concernés et des élus du territoire", a indiqué Mme Girardin.

Emmanuel Macron "souhaite engager avec les élus un nouveau modèle de développement", a-t-elle souligné, et le chef de l’État conclura ensuite "avec eux, ce nouveau contrat républicain".

"Mayotte est le 101e département français et le restera", a affirmé la ministre, en réponse à une question sur l'avenir du territoire.

"Tout est urgent à Mayotte", a-t-elle fait valoir, soulignant que le gouvernement a pris dès le début du mouvement de contestation des mesures pour renforcer notamment la sécurité et lutter "de façon implacable" contre l'immigration irrégulière.

Interrogé lors de la séance des questions à l'Assemblée nationale, Édouard Philippe a insisté pour sa part sur le dialogue nécessaire avec l'archipel des Comores voisin, d'où provient l'essentiel de l'immigration illégale.

"Nous ne règlerons pas durablement la situation de Mayotte sans travailler, discuter et convenir d'un certain nombre de choses avec les Comores", a-t-il affirmé, plaidant pour "une discussion ferme et confiante avec les Comores si l'on veut trouver les éléments d'une solution durable à Mayotte".

Le nouveau préfet et la délégation d'experts seront dès vendredi à Mayotte pour entamer les discussions avec les différentes parties. "Nous avons vocation à examiner l'ensemble de ce qui a été fait, de ce qui a été demandé, pour déboucher sur des mesures perceptibles rapidement par les Mahorais", a souligné Dominique Sorain, par ailleurs ancien préfet de La Réunion.

Mayotte, où la situation sanitaire s'aggrave, était toujours paralysée mercredi par des barrages routiers, six semaines après le début du mouvement.

"Les entraves à la circulation, la mise en danger d’autrui, les opérations de justice communautaire et le racket organisé sur certains barrages sont des faits graves passibles de poursuites", a rappelé Annick Girardin, soulignant la fermeté du gouvernement.

Elle a appelé tous les Mahorais à se saisir de l'occasion "d'avancer ensemble". Le territoire a d'abord besoin "d’ingénierie, d'accompagnement technique, pour que les projets sortent de terre", a encore fait valoir la ministre.

Partager cet article

Dans la même thématique

Glucksmann
6min

Politique

Le sénateur Place Publique Bernard Jomier appelle à créer « un intergroupe » rassemblant les pro-Glucksmann au Sénat

« Il va y avoir un travail en commun des sénateurs qui soutiennent Raphaël Glucksmann », soutient le sénateur de Paris, après la victoire écrasante de Raphaël Glucksmann à la primaire de la gauche sociale-démocrate. Il tend notamment « la main » aux sénateurs écologistes, qu’il a rejoints. Mais du côté du groupe PS, l’initiative laisse pour l’heure plus dubitatif.

Le

Bram: Raphael Glucksmann at Les Rencontres de la Gauche
8min

Politique

Présidentielle : de quels moyens va bénéficier Raphaël Glucksmann, désormais candidat du PS, pour faire campagne ?

Officiellement investi pour la campagne présidentielle, Raphaël Glucksmann va pouvoir bénéficier de l’expertise technique et militante du Parti socialiste pour la course à l’Elysée. Du fait de son poids politique, le parti à la rose devrait également être le premier contributeur financier de sa campagne. Le Canard enchaîné évoque un plafond à 2,4 millions d’euros, loin toutefois de ce qui avait été déboursé pour Anne Hidalgo ou Benoît Hamon.

Le

Paris: Weekly session of questions to the government at the Senate
8min

Politique

Modernisation de la radio : la proposition de loi de Laurent Lafon pour assouplir la réglementation et soutenir le secteur

Déposée le 16 juin 2026 à l’initiative du sénateur Laurent Lafon, la proposition de loi relative à la modernisation de la radio sera débattue demain en séance publique. Adoptée largement par la Commission de la culture le 7 octobre 2026 et soutenue par les acteurs de la radio, la proposition de loi vise à assouplir la règlementation et favoriser le développement de la radio numérique terrestre dans un contexte de relatif déclin de la radio française.

Le

Paris Students and Police face to face
6min

Politique

Mobilisation lycéenne : le recours aux gardes à vue est-il justifié ?

Depuis le début du mouvement, 6 877 personnes ont été placées en garde à vue, dont une très grande majorité de mineurs. Une mesure de contrainte injustifiée selon plusieurs avocats, qui y voient plutôt une volonté de la part des forces de l’ordre de sanctionner les manifestants.

Le