Tensions en Guadeloupe : Emmanuel Macron appelle « à ne rien céder au mensonge et à la manipulation »
En marge d’un déplacement à Amiens, le chef de l’Etat s’est exprimé sur le mouvement de protestation contre l’obligation vaccinale et le passe sanitaire qui court en Guadeloupe depuis une semaine. Les élus du territoire sont attendus à Matignon en fin d’après-midi lundi pour chercher les moyens d’apaiser la contestation.

Tensions en Guadeloupe : Emmanuel Macron appelle « à ne rien céder au mensonge et à la manipulation »

En marge d’un déplacement à Amiens, le chef de l’Etat s’est exprimé sur le mouvement de protestation contre l’obligation vaccinale et le passe sanitaire qui court en Guadeloupe depuis une semaine. Les élus du territoire sont attendus à Matignon en fin d’après-midi lundi pour chercher les moyens d’apaiser la contestation.
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Lancé le 15 novembre, l’appel grève générale en Guadeloupe s’est, depuis, accompagné de fortes tensions : blocage des routes et du CHU de Pointe à Pitre, incendies d’immeubles. Une situation en passe de devenir incontrôlable au point de pousser l’exécutif à envoyer 200 policiers et gendarmes en renfort et à rétablir un couvre-feu jusqu’à mardi matin, de 18 heures à 5 heures.

Sur l’île, un collectif d’organisations syndicales et citoyennes s’oppose fermement à l’obligation vaccinale des soignants et au passe sanitaire. La date butoir pour l’application de cette obligation vaccinale avait été décalée d’un mois par rapport à la métropole, soit le 15 novembre, date du début de la grève.

>> Lire notre article: Grève générale en Guadeloupe : « Les tensions vont crescendo. Ça devient très inquiétant » alerte la sénatrice Victoire Jasmin

Emmanuel Macron : « Notre priorité, c’est de continuer à convaincre que la vaccination est la meilleure protection »

Le Premier ministre, Jean Castex, accompagné du ministre des Outre-mer, Sébastien Lecornu et du ministre de la Santé Olivier Véran, va recevoir lundi soir à 18H (heure métropolitaine) des élus de l’île afin de leur permettre « d’exposer leur analyse de la situation sur place ». La réunion doit aussi permettre « un dialogue sur les conséquences de l’obligation de vaccination pour les soignants et les pompiers ».

En attendant, en déplacement à Amiens ce matin, le chef de l’Etat a appelé à « ne rien céder au mensonge et à la manipulation ». « Notre priorité, c’est de continuer à convaincre que la vaccination est la meilleure protection […] Il y a une situation très explosive qui est liée à un contexte très local, à un contexte historique et aussi à certains intérêts qui cherchent à utiliser ce contexte et cette anxiété » « On ne peut pas utiliser la santé des Françaises et des Français pour mener des combats politiques », a-t-il souligné.

WhatsApp et les « fake news à propos du vaccin »

Au Sénat, une mission d’information du Sénat sur les effets du confinement a rappelé les causes historiques de cette défiance d’une partie de la population antillaise vis-à-vis de l’État et de la parole officielle. Elle est liée à « l’occultation prolongée des conséquences de l’usage de la chlordécone (un pesticide ayant contaminé les sols et les populations) ».

Il y a deux semaines, les sénateurs de cette mission étaient en déplacement en Guadeloupe et en Martinique. Avec moins de 50 % de primo vaccinés, les deux îles sont loin derrière le taux de vaccination de la métropole (75 %). En cause notamment, « les fake news à propos du vaccin » avait expliqué, la sénatrice socialiste de Martinique, Catherine Conconne. « Le premier vecteur de communication sur l’Île, c’est WhatsApp. Il suffit de mettre une phrase, une photo, et ça fait le tour de la Martinique en quelques heures », avait-elle relevé.

En Martinique, un appel à la grève générale vient d’être lancé pour ce lundi.

>> Lire notre article: En Martinique, les fractures du covid

Partager cet article

Dans la même thématique

Sophia Chikirou and Jean Luc Melenchon in a meeting for the municipal elections at Mutualite in Paris
6min

Politique

« L'arbitre de la compétition » : aux municipales, LFI veut se rendre indispensable à gauche malgré son isolement

Avec ses centaines de listes indépendantes, La France insoumise (LFI) veut passer un cap à l’échelon local et assume de faire du scrutin des 15 et 22 mars le « premier tour » de l'élection présidentielle. De quoi espérer remporter plusieurs municipalités de banlieue et se mêler à la bataille du second tour dans les grandes villes, où socialistes et écologistes ne pourront se passer des voix insoumises pour l’emporter.

Le

Paris: PY Bournazel reunion publique campagne municipale Paris
7min

Politique

Municipales : faute d’implantation locale, Renaissance contraint de faire profil bas

La formation de Gabriel Attal a fait le choix d’une campagne a minima pour les élections municipales, avec 360 listes menées sur son nom. Faute d’implantation locale, Renaissance a surtout choisi de former des coalitions avec ses partenaires du centre et de droite pour augmenter le nombre de ses conseillers municipaux. Enjamber les municipales pour mieux lancer la campagne présidentielle, c’est le pari de l’ancien Premier ministre.

Le

Marseille: Marine Le Pen and Franck Allisio at the end of their meeting for the municipal elections
9min

Politique

Municipales 2026 : le Rassemblement national joue sa carte présidentielle

Le parti à la flamme va devoir montrer qu'il est bien implanté localement et qu'il n'a pas perdu sa dynamique avant la présidentielle de 2027. Dans ce cadre, les enjeux des élections municipales jouent un rôle décisif, car actuellement peu ancré localement, chaque mairie gagnée devient pour le Rassemblement national un marchepied stratégique pour le national.

Le