Tensions PS/LFI : « François Hollande est là pour en finir avec le NFP », déclare Eric Coquerel

La rupture est-elle consommée entre la France insoumise et le Parti socialiste ? Les déclarations de François Hollande et de Jean-Luc Mélenchon ce week-end ont alimenté les tensions entre les deux formations du Nouveau Front populaire. Invité ce lundi de Public Sénat, le député LFI Eric Coquerel estime que les socialistes « vont peut-être redevenir un des pôles de la majorité macroniste ».
Théodore Azouze

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

La passe d’armes se poursuit. Depuis le choix du Parti socialiste de ne pas voter la censure du gouvernement de François Bayrou, jeudi, socialistes et insoumis se rendent coup pour coup par médias interposés. Invité de Public Sénat ce lundi 20 janvier, Eric Coquerel, député LFI de Seine-Saint-Denis, a insisté à son tour sur les désaccords entre les deux formations, toutes deux réunies au sein du Nouveau Front populaire. Selon lui, le PS a accepté « une reculade » en n’appuyant pas la motion de censure, ce « qui permet à François Bayrou de continuer à appliquer la politique d’Emmanuel Macron ».

Dimanche, le fondateur de la France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, avait déjà taclé la stratégie des socialistes. « Le Parti socialiste n’est plus un partenaire, c’est un allié. Et encore, de circonstance », avait-il ainsi justifié sur RTL/Public Sénat. L’ex-candidat à la présidentielle a également visé lors de cette prise de parole François Hollande, qualifié de « machine à tromper ». Une réaction aux propos, le même jour, de l’ancien chef de l’État dans une interview accordée à La Tribune dimanche. Ce dernier y affirmait que les socialistes, n’ayant pas voté la censure, constituaient dorénavant « le pôle central de l’Assemblée » et détenaient « la clé jusqu’en 2027 ».

Revenir au pouvoir, « l’obsession » de François Hollande, selon Eric Coquerel

Une déclaration critiquée par Eric Coquerel. « Avec François Hollande, ils vont peut-être redevenir un des pôles de la majorité macroniste », déclare le président de la Commission des finances à l’Assemblée nationale. Pour lui, l’ex-président de la République (2012 – 2017) « a fait le choix du NFP par opportunisme » lors des dernières élections législatives et « n’a jamais adhéré au programme de rupture » proposé par l’union de la gauche. « François Hollande est là pour en finir avec le NFP et favoriser une politique qu’il a lui-même suscitée par son quinquennat et qu’il nous a donnée avec Emmanuel Macron », poursuit-il. 

D’après le député de Seine-Saint-Denis, le positionnement de François Hollande ces derniers jours est lié à une anticipation d’un scrutin présidentiel. « Tout le monde sait que François Hollande ne pense qu’à (…) se représenter », pointe Eric Coquerel. « François Hollande, que je sache, n’est même pas majoritaire au Parti socialiste. Mais manifestement, c’est son obsession. Il est prêt pour ça à diviser le NFP et à laisser vivre le macronisme. » En cas d’élection présidentielle anticipée, l’élu insoumis attend de son côté la présence d’« un candidat qui représentera, je l’espère, tout le NFP ». 

Alors que les débats sur le projet de loi de finances se poursuivent au Sénat cette semaine, Eric Coquerel espère que le groupe socialiste s’opposera au gouvernement au retour du texte à l’Assemblée nationale. « Si les socialistes ne votent pas la motion de censure au moment de l’examen du budget, à partir de là, on ne peut plus avoir confiance » car « ils seront repartis dans le hollandisme », développe-t-il. « Ce n’est pas nous qui divisons le NFP et qui choisissons de laisser vivre le macronisme pendant trois ans. » L’élu appelle à une prochaine rencontre entre socialistes et insoumis « pour mettre les points sur les i » sur leurs positions respectives.

Partager cet article

Dans la même thématique

Tensions PS/LFI : « François Hollande est là pour en finir avec le NFP », déclare Eric Coquerel
3min

Politique

Saluts nazis pendant l’hommage à Quentin Deranque : Marion Maréchal juge « résiduels » les débordements

Invitée de la matinale de Public Sénat, la présidente du parti Identité-Libertés, Marion Maréchal a évoqué la « complicité morale » de LFI dans la mort de Quentin Deranque. L’eurodéputée juge que les débordements ayant eu lieu lors de l’hommage à Quentin Deranque sont « résiduels » alors que la préfecture a rapporté avoir reçu des signalements évoquant des saluts nazis.

Le

Tensions PS/LFI : « François Hollande est là pour en finir avec le NFP », déclare Eric Coquerel
3min

Politique

Municipales 2026 : à Grenoble, une gauche désunie pour garder la mairie

Première grande ville conquise par les Verts en 2014, Grenoble est l’un des bastions historiques de la gauche. Si une alliance écologiste-PS tente d’exister pour succéder à Eric Piolle, le candidat de La France insoumise préfère faire cavalier seul. Une division qui pourrait faire le jeu des Républicains, 30 ans après avoir quitté l’hôtel de ville. Reportage.

Le

Tensions PS/LFI : « François Hollande est là pour en finir avec le NFP », déclare Eric Coquerel
3min

Politique

Evelyne Bouix : « Il y a encore beaucoup plus de rôles d’hommes que de femmes, c’est une évidence »

Après avoir joué « Fallait pas le dire ! » avec son mari Pierre Arditi, Evelyne Bouix remonte sur scène mais cette fois sans son partenaire de cœur pour la pièce « On ne se mentira jamais » au théâtre de Paris. L’actrice, décidément adepte des comédies autour du mensonge, est aussi un visage bien connu du cinéma français avec une filmographie qui donne le vertige. Humilité, discrétion et audace, voilà le secret d’une carrière plus que réussie. Invitée de Rebecca Fitoussi dans l’émission Un monde, un regard, elle revient sur son parcours artistique et sur sa vie personnelle intimement liée au 7ème art.

Le

La sélection de la rédaction

Tensions PS/LFI : « François Hollande est là pour en finir avec le NFP », déclare Eric Coquerel
2min

Politique

Pour Jean-Luc Mélenchon, le Parti socialiste « n’est plus un partenaire »

Invité ce dimanche 19 janvier du Grand Jury RTL - Le Figaro - Public Sénat – M6, Jean-Luc Mélenchon, le fondateur de La France insoumise, a estimé que le PS ne faisait plus partie du Nouveau Front populaire. Le tribun assure qu’en cas de législatives anticipées, des « candidats de la gauche de rupture » seront présents dans toutes les circonscriptions.

Le

Tensions PS/LFI : « François Hollande est là pour en finir avec le NFP », déclare Eric Coquerel
2min

Politique

« Tous ceux qui prennent Monsieur Bayrou pour une chiffe molle inconsistante se trompent », avertit Jean-Luc Mélenchon

Jean-Luc Mélenchon invite les socialistes à se méfier du Premier ministre François Bayrou. « Meurtri » par l’attitude des députés PS, qui ont refusé de voter la motion de censure portée par LFI cette semaine contre le nouveau gouvernement, l’ancien député des Bouches-du-Rhône a estimé que le Premier secrétaire Olivier Faure avait négocié « une combine pourrie » avec le locataire de Matignon, qui a accepté de rouvrir une négociation sur la réforme des retraites. « Tous ceux qui prennent Monsieur Bayrou pour une chiffe molle inconsistante se trompent, c’est un homme extrêmement résolu », a expliqué Jean-Luc Mélenchon au micro du Grand Jury RTL – Le Figaro – Public Sénat – M6 ce dimanche 19 janvier. « Et s’il peut lui arriver d’avoir des faiblesses physiques, sa manière de conduire sa politique est celle d’un guerrier », a-t-il souligné à propos du Palois qu’il connaît depuis de longues années et avec qui il partage le même âge. « Monsieur Bayrou est un homme habile, il est candidat à la prochaine élection présidentielle et il est en concurrence avec Monsieur Hollande », a encore estimé Jean-Luc Mélenchon. A propos du dossier des retraites, Jean-Luc Mélenchon parle « d’une négociation bidon ». « Jamais le Medef n’acceptera que l’on revienne sur la retraite à 64 ans, tout cela est une comédie », assure le triple candidat à la présidentielle, qui regrette l’absence de certains partenaires sociaux autour de la table des discussions.

Le