Terrorisme: la « vigilance » du gouvernement est « maximale », assure Philippe
Le Premier ministre Édouard Philippe a assuré dans un entretien au Monde, mardi, que "la vigilance" du gouvernement était ...

Terrorisme: la « vigilance » du gouvernement est « maximale », assure Philippe

Le Premier ministre Édouard Philippe a assuré dans un entretien au Monde, mardi, que "la vigilance" du gouvernement était ...
Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Le Premier ministre Édouard Philippe a assuré dans un entretien au Monde, mardi, que "la vigilance" du gouvernement était "maximale" face à une menace terroriste "permanente", réfutant ensuite la pertinence de toute "loi nouvelle".

"Les actes terroristes auxquels nous sommes confrontés sont des actes de personnes très isolées, avec des moyens extrêmement réduits. Chacun sait qu'il est impossible de prévenir tout passage à l'acte partout et à tout moment. Ce qu'il faut, c'est que notre vigilance soit maximale. Elle l'est", a-t-il affirmé, après l'attaque au couteau samedi à Paris perpétrée par un jeune Français d'origine tchétchène fiché S.

Droite et extrême droite sont de nouveau montées au créneau depuis samedi pour demander des "actes" et non plus des "commentaires" au gouvernement, lequel a répliqué sans tarder.

"Le sujet est assez grave pour que je prenne avec agacement toutes les paroles légères sur le sujet. Un homme est mort (samedi, NDLR), plusieurs personnes ont été blessées, et la menace est permanente", a noté Édouard Philippe.

Pour lui, "il faut expliquer aux Français ce qu'est une fiche +S+: c'est un élément de signalement. Ça ne veut pas dire qu'un acte illégal a été ou va être commis. Pour certains, un Français, par le simple fait qu'il soit +fiché S+, devrait se trouver dans une situation de privation de nationalité ou de liberté... Ce n'est pas conforme au droit français, ni à notre conception de la lutte résolue contre le terrorisme", a-t-il tranché.

Interpellé mardi après-midi par le député (LR) des Alpes-Maritimes Éric Ciotti, le Premier ministre a répété que "l'internement" des personnes fichées S "sur la simple base d'un signalement n'a pas de cohérence, n'a pas l'effet recherché".

"Dès lors qu'il n'y a pas d'actes qui ont été commis, jusqu'à quand l'internement?", s'est-il encore interrogé devant l'Assemblée nationale.

"Je ne crois pas que la réponse à un attentat passe par une loi nouvelle, un dispositif nouveau", a ensuite insisté le Premier ministre.

"Qui peut croire une seconde que l'état d'urgence aurait permis en quoi que ce soit d'éviter à un individu isolé d'utiliser un couteau et de passer à l'acte?", a-t-il également lancé.

- "Banalisation" ? -

Le gouvernement engage "plus de moyens et une meilleure organisation des services de renseignement et des forces de l’ordre", a-t-il aussi souligné au Monde, en rappelant les mesures prises depuis l'arrivée au pouvoir d'Emmanuel Macron: adoption d'une loi "qui nous dote des instruments de surveillance et d'intervention", augmentation du budget de la Défense et de l'Intérieur, engagement à "une augmentation considérable" des personnels dans ce domaine.

Les députés Les Républicains "n'ont pas voté" en novembre 2017 la loi "sécurité intérieure et lutte contre le terrorisme", et "ils n'ont pas voté le budget" qui prévoyait des hausses de personnels, a pour sa part souligné le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, sur BFMTV et RMC, qui a par ailleurs fait observer que le patron des Républicains, Laurent Wauquiez, "était aux responsabilités quand le renseignement territorial a été démantelé et quand ont été supprimés 10.000 fonctionnaires de police".

"On n'a pas attendu Laurent Wauquiez pour travailler sur la question du terrorisme", a encore taclé M. Griveaux, alors que le président d'Auvergne-Rhône-Alpes a appelé Emmanuel Macron à recevoir tous les chefs de partis pour évoquer les mesures à prendre.

Interrogé sur une possible "banalisation" des actes terroristes pour expliquer l'attitude du président de la République, resté au fort de Brégançon après l'attaque de samedi soir, Edouard Philippe juge en outre que ce "mot est très malvenu".

"Le président de la République, le ministre de l'Intérieur et moi-même nous organisons pour être systématiquement joignables et en mesure de prendre les décisions qui s'imposent. En l'occurrence, nous nous sommes parlé de manière continue dès que nous avons été alertés samedi soir", fait-il valoir.

Partager cet article

Dans la même thématique

Terrorisme: la « vigilance » du gouvernement est « maximale », assure Philippe
3min

Politique

« La température est montée jusqu’à 50 degrés sur la façade de l’immeuble » rappelle cette jeune mère de famille de Pantin.

Confiné pour cause de canicule dans un appartement du centre de Pantin en Seine-Saint-Denis, épuisé par les vagues de chaleur à répétition, soucieux de l’état de santé d’un jeune bébé, Marion raconte, dans ce nouvel épisode de Dialogue Citoyen, comment elle et sa famille ont décidé de quitter la région parisienne quelques jours pour s’extraire de la fournaise dans laquelle ils vivaient depuis des semaines.

Le

Terrorisme: la « vigilance » du gouvernement est « maximale », assure Philippe
3min

Politique

L’impatience des sinistrés des incendies de l’été « Il faut accélérer les procédures » de reconstruction

L’été caniculaire a été, à bien des égards, particulièrement violent. Cinquante-trois jours de vagues de chaleur ont entraîné sécheresses, incendies et températures insupportables. Florence Van Overmeire a perdu sa maison lors des terribles incendies qui ont frappé la Gironde. Sur le plateau de Dialogue citoyen, face aux sénateurs, cette habitante de la commune du Porge a accepté de revenir sur cette épreuve et appelle à l’accélération des procédures de reconstruction.

Le

France Protests
4min

Politique

Mobilisation du 31 octobre : à quoi faut-il s’attendre ?

Le samedi 31 octobre s’annonce comme une journée sous haute tension en France. Après la mobilisation du 24 octobre qui s’est déroulée relativement dans le calme, la coordination des gilets jaunes et les organisations syndicales des lycéens et des étudiants ont appelé à « un acte III », une nouvelle journée de mobilisation sociale contre la vie chère. Face au risque « très élevé » de débordements, le ministre de l’intérieur Laurent Nuñez prévoit de mobiliser 70 000 forces de l’ordre.

Le

Paris. french socialist parti national council.
15min

Politique

« Je ne veux pas devenir un vieux con » : du mouvement lycéen à Raphaël Glucksmann, David Assouline, l’ancien trotskiste toujours dans les coulisses

Ancienne figure du mouvement étudiant contre la loi Devaquet, en 1986, David Assouline fait aujourd’hui partie de ceux qui œuvrent au succès de la campagne de Raphaël Glucksmann. Formé à l’école trotskiste, cet ancien de la LCR a rejoint le PS dans les années 90, avant de passer 19 ans comme sénateur. « Tacticien et stratège », ce natif d’une famille juive marocaine, naturalisé à l’âge de 13 ans, sait ferrailler dans l’appareil socialiste. Il met aujourd’hui son expérience au profit de Raphaël Glucksmann, prédisant une « recomposition » et « un moment de dépassement » pour le PS.

Le