Texte engagement et proximité : les sénateurs veulent « remettre le maire au cœur du réacteur »
Alors que l’examen du texte de Sébastien Lecornu débute, la majorité sénatoriale veut aller plus loin que le gouvernement en permettant des transferts de compétences à la carte, entre communes et intercommunalité.

Texte engagement et proximité : les sénateurs veulent « remettre le maire au cœur du réacteur »

Alors que l’examen du texte de Sébastien Lecornu débute, la majorité sénatoriale veut aller plus loin que le gouvernement en permettant des transferts de compétences à la carte, entre communes et intercommunalité.
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Touche pas à mon maire. Alors que le Sénat débute ce mardi 8 octobre l’examen du projet de loi engagement et proximité du ministre Sébastien Lecornu, les sénateurs ont apporté une attention particulière à la commune. Ce texte, qui porte sur le statut de l’élu en général, est globalement consensuel. Sénat et gouvernement partagent les mêmes ambitions. Et pour cause. L’exécutif s’est inspiré en bonne partie des travaux de la Haute assemblée.

Dans l’ensemble, c’est un satisfecit. « Les propositions du gouvernement, qui reprennent beaucoup de nos propositions, vont vraiment dans le bon sens. On remet le maire au cœur du village et au cœur du réacteur », salue ce matin sur Public Sénat la sénatrice UDI Françoise Gatel, co-rapportrice du texte.

« Le texte répond sur beaucoup de points au malaise des maires, notamment sur celui de l’apaisement de la relation entre la commune et l’intercommunalité, qui parfois était conduite à marche forcée par les préfets, construisant des ensembles gigantesques où les maires ne se retrouvent pas » salue la sénatrice d'Ille-et-Vilaine, qui rappelle que l’interco est parfois « vécue comme une tutelle ».

« Aller plus loin dans le sur-mesure »

Mais les sénateurs veulent mettre le curseur plus haut. C’est l’un des points de divergence avec l’exécutif. Ils soutiennent certes la création d’une conférence des maires créant un pacte de gouvernance avec leurs communes membres d’un établissement public de coopération intercommunale (EPCI), c’est-à-dire une intercommunalité. Mais ils veulent « aller plus loin dans le sur-mesure », comme l’a expliqué Françoise Gatel. Les sénateurs ont ici revu la copie du gouvernement.

S’il ne s’agit pas de remettre en cause « la valeur ajoutée » de l’intercommunalité, Françoise Gatel veut que les élus soient « davantage associés à la décision ». Le Sénat, en commission, a ainsi davantage consolidé la place de la commune et des maires au sein des « intercos » et a assoupli la répartition des compétences. Il permet le transfert « à la carte » de compétences communales à l’intercommunalité. Le gouvernement s’y oppose et a déposé un amendement de suppression.

En commission, les sénateurs ont aussi supprimé le transfert obligatoire des compétences « eau » et « assainissement » dans les communautés de communes et d'agglomération.

Le texte du gouvernement permet aux communes classées « stations de tourisme » de reprendre la maîtrise de la compétence « promotion du tourisme, dont la création d'offices de tourisme ». Les sénateurs étendent cette possibilité aux communes classées stations de tourisme qui sont membres de communautés urbaines et de métropole. Les sénateurs veulent aussi assurer la neutralité financière lors de la restitution de compétences d'un EPCI à ses communes membres.

Partager cet article

Dans la même thématique

PARIS: REF 2026, Rencontre des Entrepreneurs de France 2025 du Medef – Présidentielle 2027 : Premier débat de la campagne entre sept candidats réunis par le Medef
9min

Politique

Dette, retraites, fiscalité… que retenir du premier débat des candidats à l’élection présidentielle ?

Ce jeudi, sept candidats à la présidentielle ont tenu le premier débat de la campagne, aux journées d’été du Medef. Pendant plus de deux heures, Bruno Retailleau (les Républicains), Edouard Philippe (Horizons), Raphaël Glucksmann (Place publique), Jean-Luc Mélenchon (la France Insoumise), Marine Le Pen (Rassemblement national), Gabriel Attal (Renaissance) et Marine Tondelier (les Ecologistes) ont échangé sur le sujet de la dette publique, des retraites ou encore du coût du travail.

Le

Meeting of French centrist Renaissance party
8min

Politique

Présidentielle : Retailleau, Attal, Bertrand, Philippe… Les candidatures se multiplient à droite et au centre, mais l’hypothèse d’une primaire divise toujours autant  

Les appels à une candidature unique de la droite et du centre, pour éviter un duel entre Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen au second tour de la présidentielle, se font de plus en plus pressants. Dernière initiative en date : une tribune signée par 200 élus en faveur d’une primaire ouverte. Mais du côté des partis, les équipes continuent à espérer un rassemblement sans avoir à passer par un tel processus.

Le

Voting session on the assisted dying bill at the National Assembly
10min

Politique

François Hollande, le pari du retour : peut-il redevenir président, 10 ans après ?

Après avoir renoncé à briguer un second mandat en 2017 puis écarté une candidature en 2022, François Hollande prépare méthodiquement son possible retour dans la course à l’Élysée. À huit mois de la présidentielle de 2027, l’ancien chef de l’État sort un livre avec 80 propositions, multiplie les apparitions et mise sur une gauche sociale-démocrate sans candidat naturel. Mais dans une Ve République où les anciens présidents ont rarement réussi leur retour, son pari consiste à transformer une popularité retrouvée en véritable désir de candidature.

Le