TF1 et France 2 se sont lancées mardi dans la course pour devenir la chaîne principale de l'élection présidentielle 2017 en annonçant chacune leur propre émission, faute d'avoir trouvé un accord pour en organiser une ensemble.
La chaîne du groupe Bouygues TF1 a créé la surprise en prévoyant un débat inédit opposant François Fillon, Benoît Hamon, Marine Le Pen, Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon le 20 mars en direct à 21H00.
France 2 a répliqué avec une émission programmée le 20 avril (trois jours avant le premier tour) avec "tous les candidats retenus par le Conseil constitutionnel", une première dans une campagne présidentielle.
Le service public avait proposé à TF1 de coorganiser le débat mais la Une a refusé.
France 2 a également émis le souhait d'organiser un autre débat d'ici fin mars, avec plus de candidats que celui de TF1. "Il permettra de confronter les différents programmes des candidats ayant recueilli le nombre de parrainages requis", a expliqué une porte-parole du groupe.
François Hollande face à Nicolas Sarkozy lors du débat de l'entre-deux tours le 2 mai 2012 sur France 2
France 2/AFP/Archives
Lors de la campagne 2012, TF1 avait été régulièrement battue par France 2 sur le terrain des émissions politiques et des soirées électorales. Le 2 mai, le dernier débat opposant les candidats François Hollande et Nicolas Sarkozy avait attiré près de 9 millions de personnes sur France 2, contre un peu plus de 8 millions sur TF1.
En 2017, après avoir partagé de bonnes audiences avec France 2 en codiffusant les débats des primaires de droite et de gauche, TF1 cherche à prendre sa revanche.
La chaîne du groupe Bouygues a proposé un nouveau magazine dominical, "Vie politique", qui mêle information et divertissement. Sa chaîne d'info LCI, passée en gratuit, est aussi plus axée sur la politique que ses concurrentes, selon des chiffres du CSA. France 2 a enregistré de son côté de bons scores avec son "Emission politique" du jeudi, fluctuants en fonction de l'invité.
-5 candidats, c'est tout-
A l'annonce de l'émission de TF1, le CSA s'est demandé si ce débat à cinq correspondrait à "une expression pluraliste de l'opinion", selon une porte-parole du Conseil.
Les règles du temps de parole pour la présidentielle
AFP
La liste des candidats officiels devant être publiée le 20 ou le 21 mars, la période d'"équité" du temps de parole pourrait prendre fin dès le lendemain de l'émission de TF1. Ce débat en prime time pourrait avantager les grands candidats et la chaîne serait alors dans l'impossibilité de rattraper ce déséquilibre.
Interrogée en début de soirée, la direction de TF1 n'a pas souhaité préciser son projet. Le CSA devrait se pencher sur la question dans les prochains jours.
Plusieurs candidats à la présidentielle se sont aussi montrés réticents face à la formule arrêtée par la Une.
"Il serait souhaitable que tous les candidats ayant obtenu leurs parrainages soient invités aux débats télévisés du 1er tour", a tweeté Marine Le Pen, invitée au débat de TF1.
Nicolas Dupont-Aignan, le 21 février 2017 à Paris
AFP
"Ce sont les chaînes de télévision qui vont choisir qui a le droit de parler aux Français?", s'est insurgé Nicolas Dupont-Aignan sur BFMTV, parlant de "viol démocratique". Le candidat Debout La France, crédité de 4% d'intentions de vote dans un sondage Opinionway publié mardi, a ensuite lancé un appel au boycott de TF1.
La chaîne a expliqué qu'elle avait choisi ces cinq candidats en fonction de leur capacité à réunir 500 signatures d'élus, nécessaires pour s'inscrire à l'élection, et de leur score actuel dans les sondages.
"Il y a cinq candidats nettement au-dessus de 10% (...). Si Dupont-Aignan ou Bayrou ne sont manifestement pas loin de 10% dans les sondages, bien sûr qu'on les invitera", a précisé sur RMC Christophe Jakubyszyn, le chef du service politique de TF1, soulignant que tous les candidats officiels seraient reçus par ailleurs dans d'autres émissions.
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