Thierry Mandon dénonce une « putréfaction du débat politique » en France
Invité de l’émission « L’épreuve de vérité », Thierry Mandon, secrétaire d’Etat en charge de l’enseignement supérieur et de la Recherche a dénoncé une « putréfaction du débat politique », miné par les affaires.

Thierry Mandon dénonce une « putréfaction du débat politique » en France

Invité de l’émission « L’épreuve de vérité », Thierry Mandon, secrétaire d’Etat en charge de l’enseignement supérieur et de la Recherche a dénoncé une « putréfaction du débat politique », miné par les affaires.
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Thierry Mandon, secrétaire d’Etat en charge de l’enseignement supérieur et de la Recherche, s’est dit très inquiet de l’atmosphère actuelle de cette campagne présidentielle : « [Il y a] une sorte de putréfaction du débat politique aujourd’hui, qui fait que tous les grands enjeux importants pour les Français : l’emploi, la santé et plus généralement le système de la Sécurité sociale, l’éducation…tous ces thèmes-là ne sont plus débattus nulle part. Et qu’entre les affaires d’une part et des campagnes de narcissisme extrême d’autre part - avec des candidatures qui portent on ne sait pas trop quoi, sauf la promotion de soi- le débat politique est vide, absent de cette présidentielle. Et ça c’est très inquiétant pour la République ».

Et quand on parle d’ « affaires », Thierry Mandon trouve qu’il y a parfois deux poids, deux mesures quant à la mise en lumière de certaines : « Marine Le Pen est dans les mêmes affaires que François Fillon et c’est même pire (…) C’est une industrie de transformation d’emplois parlementaires au Parlement européen, en permanents de parti politique, qui travaillent sur tout sauf les dossiers européens (…)

Et d’ajouter : « J’observe une forme de résignation de la société vis-à-vis de Marine Le Pen. Elle peut aller sur n’importe quel plateau de télévision, raconter n’importe quoi, sans que personne ne la reprenne (…) On ne peut pas dire n’importe quoi. Car quand on dit n’importe quoi, ça donne Donald Trump hier et ça peut donner Marine Le Pen demain ici (…) Il y a un danger Le Pen. Et ce danger est d’autant plus grand, qu’on baisse les bras avant même de livrer combat ».

Thierry Mandon :"Marine Le Pen est dans les mêmes affaires que François Fillon"
02:08

Lui qui n’avait pas de candidat lors des primaires de la gauche, soutient aujourd’hui Benoît Hamon et lui conseille de « s’y mettre » et d’ »y aller » car le temps est compté. Pour Thierry Mandon, le candidat du PS doit « prendre appui sur un certain nombre de choix qui ont été faits dans le premier quinquennat ». « Pas tout, puisqu’il a fait des critiques recevables. Mais en même temps, voir comment on change de braquet sur des questions centrales comme le travail, la protection sociale, la démocratie, les institutions… »

En ce qui concerne Emmanuel Macron, Thierry Mandon est catégorique : « Il peut dire ce qu’il veut, faire les propositions qu’il veut (…), il lui manquera toujours la cohérence (…) Il veut s’extraire du débat droite / gauche, il en paye le prix. Il est illisible. Il est insaisissable. La gauche et la droite (…), ça structure l’inconscient collectif. Ce n’est pas une invention, c’est séculaire. Cela fait des siècles que la vie politique française s’ordonne autour de ça (…) En refusant ce clivage-là, il rend illisible ce qu’il propose ».

Ancien maire de Ris-Orangis dans l’Essonne, Thierry Mandon qui y vit encore, estime qu’il n’y a pas « le feu dans les banlieues » : « Il y a des protestations  démocratiques sur lesquelles se greffent des casseurs, dans une partie de la banlieue qui est la Seine-Saint-Denis. Ce n’est pas encore un mouvement des banlieues ».

Pour le secrétaire d’Etat en charge de l’enseignement supérieur et de la Recherche, la solution pour améliorer la situation dans les quartiers est de repenser les politiques publiques. Et il insiste sur le fait qu’il faut voir la banlieue « comme d’abord du potentiel » : « On ne peut pas transformer tous les « banlieusards » en victimes ou en acteurs d’actes délictueux(…) Il y a une sorte d’empathie à avoir. Ce n’est pas de la naïveté, c’est le socle sur lequel on peut reconstruire un dispositif où les gens qui vivent là-bas considèrent qu’ils peuvent avoir un avenir ».

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