Photo illustration payement par carte Ticket Restaurant
Photo illustration payement par carte Ticket Restaurant//07ALLILIMAGES_0304.17911/2104171917/Credit:Mourad ALLILI/SIPA/2104171919

Tickets-restaurant : Deux propositions de loi sénatoriales pour pérenniser les achats de produits alimentaires

Alors que le gouvernement et les sénateurs Les Républicains veulent prolonger jusqu’au 31 décembre 2024 la possibilité d’acheter des produits alimentaires du quotidien avec les tickets-restaurant, deux propositions de loi sénatoriales veulent aller plus loin et inscrire le dispositif dans le temps long.
Stephane Duguet

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Les tickets-restaurant ont décidément la côte au Parlement. Alors que la dérogation qui permettait de les utiliser pour aller faire ses courses et acheter des produits à cuisiner comme les pâtes, le riz ou les œufs doit expirer le 31 décembre prochain, deux nouvelles propositions sénatoriales veulent aller plus loin que ce que le gouvernement propose.

A travers la proposition de loi de Guillaume Kasbarian, président de la commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale, signée par l’ensemble des groupes de majorité présidentielle, le gouvernement souhaite prolonger le régime dérogatoire d’un an. Dans le même temps, à la chambre haute, trois sénatrices Les Républicains (LR) ont déposé une proposition de loi similaire : conserver jusqu’au 31 décembre 2024 la possibilité de faire ses courses avec son titre-restaurant.

« Lutter contre la violence de l’inflation »

Un an c’est bien, mais pour Rémi Cardon, sénateur socialiste et Xavier Iacovelli, sénateur Renaissance, ça ne suffit pas. L’un et l’autre ont déposé leur texte respectif pour pérenniser le dispositif. « On ne va pas avoir droit au même cinéma tous les ans », fait valoir le sénateur Renaissance des Hauts-de-Seine. « En plus, ça ne coûte rien à l’Etat », abonde son collègue socialiste de la Somme. Pour Rémi Cardon, légaliser définitivement l’utilisation des tickets-restaurant pour faire ses courses est une manière de « lutter contre la violence de l’inflation » pour les 5 millions de bénéficiaires.

Les restaurateurs sont sceptiques vis-à-vis d’une nouvelle prolongation et préféreraient que les tickets ne soient utilisables que dans leurs établissements. S’il souligne leur « travail formidable », Rémi Cardon ne pense pas que pérenniser la mesure soit une « sanction pour les restaurateurs ». Dans sa proposition de loi, Xavier Iacovelli souhaite faire un geste pour les professionnels de la cuisine : « L’article 2 propose de suspendre, uniquement au restaurant, la limite d’utilisation quotidienne fixée à 25 euros ». Il considère qu’il faut « plus de liberté dans le système » : « Je mets au défi quiconque de trouver pour 8-10 euros une formule entrée, plat, dessert au restaurant, surtout à Paris », lance le macroniste.

Nouveaux tickets-restaurant en 2024

Sa proposition de loi a été déposée sans l’avis du gouvernement. « Comme on ne voulait plus attendre [son] retour, on a déposé le texte », explique Xavier Iacovelli soutenu par son groupe RDPI. Il rappelle que la position gouvernementale penche plutôt en faveur d’une prolongation afin d’éviter le lancement d’une étude d’impact. Si au vu du calendrier législatif, son texte n’a pas beaucoup de chances d’être examinée, elle viendra nourrir ses amendements lors du passage en hémicycle des propositions de lois de l’Assemblée nationale et des sénatrices LR.

Même stratégie chez son collègue socialiste qui indique que même s’il « fait cette proposition de loi pour qu’elle soit votée, ce sera a minima des amendements socialistes dans les deux chambres ». Il pointe également le flou de la position gouvernementale : « D’un côté vous avez Olivia Grégoire (la ministre des Petites et Moyennes entreprises, ndlr) qui est favorable uniquement à la prolongation et de l’autre Bruno Le Maire (le ministre de l’Economie, ndlr) qui propose de réformer les tickets-restaurant en 2024 ». Rémi Cardon, également secrétaire de la commission des affaires économiques du Sénat, participera aux discussions organisées à Bercy à ce sujet. Il indique également qu’un groupe de travail va être créé au Parti socialiste pour « trouver la bonne recette » des nouveaux tickets-restaurant.

D’ici là, les parlementaires vont devoir faire vite pour trouver le temps d’examiner la proposition de loi des députés de la majorité et celle des sénateurs LR puisqu’il faut que la prolongation soit votée avant le 31 décembre minuit pour que les bénéficiaires des tickets-restaurant puissent continuer à acheter des produits non préparés un an de plus.

Partager cet article

Dans la même thématique

PARIS: REF 2026, Rencontre des Entrepreneurs de France 2025 du Medef – Présidentielle 2027 : Premier débat de la campagne entre sept candidats réunis par le Medef
9min

Politique

Dette, retraites, fiscalité… que retenir du premier débat des candidats à l’élection présidentielle ?

Ce jeudi, sept candidats à la présidentielle ont tenu le premier débat de la campagne, aux journées d’été du Medef. Pendant plus de deux heures, Bruno Retailleau (les Républicains), Edouard Philippe (Horizons), Raphaël Glucksmann (Place publique), Jean-Luc Mélenchon (la France Insoumise), Marine Le Pen (Rassemblement national), Gabriel Attal (Renaissance) et Marine Tondelier (les Ecologistes) ont échangé sur le sujet de la dette publique, des retraites ou encore du coût du travail.

Le

Meeting of French centrist Renaissance party
8min

Politique

Présidentielle : Retailleau, Attal, Bertrand, Philippe… Les candidatures se multiplient à droite et au centre, mais l’hypothèse d’une primaire divise toujours autant  

Les appels à une candidature unique de la droite et du centre, pour éviter un duel entre Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen au second tour de la présidentielle, se font de plus en plus pressants. Dernière initiative en date : une tribune signée par 200 élus en faveur d’une primaire ouverte. Mais du côté des partis, les équipes continuent à espérer un rassemblement sans avoir à passer par un tel processus.

Le

Voting session on the assisted dying bill at the National Assembly
10min

Politique

François Hollande, le pari du retour : peut-il redevenir président, 10 ans après ?

Après avoir renoncé à briguer un second mandat en 2017 puis écarté une candidature en 2022, François Hollande prépare méthodiquement son possible retour dans la course à l’Élysée. À huit mois de la présidentielle de 2027, l’ancien chef de l’État sort un livre avec 80 propositions, multiplie les apparitions et mise sur une gauche sociale-démocrate sans candidat naturel. Mais dans une Ve République où les anciens présidents ont rarement réussi leur retour, son pari consiste à transformer une popularité retrouvée en véritable désir de candidature.

Le