TikTok, Instagram, si les politiques ne respectent pas les codes c’est le « gros bashing » assuré.
Instagram, Snapchat, Twitch, TikTok, les nouveaux réseaux sociaux à la mode sont aussi investis par les hommes et les femmes politiques. Cependant, certains semblent mieux jouer avec les codes propres à ces moyens de communication que d’autres. Entre autopromotion, narcissisme et tentatives de trait d’union avec les plus jeunes générations, Hélène Risser et ses invités décryptent les pratiques des politiques cette semaine sur le plateau de Hashtag.

TikTok, Instagram, si les politiques ne respectent pas les codes c’est le « gros bashing » assuré.

Instagram, Snapchat, Twitch, TikTok, les nouveaux réseaux sociaux à la mode sont aussi investis par les hommes et les femmes politiques. Cependant, certains semblent mieux jouer avec les codes propres à ces moyens de communication que d’autres. Entre autopromotion, narcissisme et tentatives de trait d’union avec les plus jeunes générations, Hélène Risser et ses invités décryptent les pratiques des politiques cette semaine sur le plateau de Hashtag.
Public Sénat

Par Nils Buchsbaum

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Pour Véronique Reille-Soult spécialiste en communication et e réputation les réseaux mettent en scène l’intimité. Pour elle, « il n’y a pas de codes établis sur les réseaux sociaux. Au contraire de la traditionnelle intervention au journal télévisé de 20 heures, par exemple, où les politiques qui connaissent l’exercice, savent comment cela se passe et ce que l’on attend d’eux ». Selon elle, la meilleure façon de s’y prendre, sur ces réseaux sociaux, la plus efficace, reste l’authenticité et la sincérité.
Pour savoir ce qui marche ou non, les politiques ne peuvent que « regarder et apprendre, voir quels posts suscitent le plus d’engagement, le plus de commentaires positifs, lesquels sont repartagés et repris par d’autres personnes au-delà de la sphère partisane ».

 

« Si on ne respecte pas les codes, on risque de se prendre une volée de bois vert, un gros bashing ».
 

Olivier Cimelière nuance un peu ces propos. Pour le directeur adjoint d’ESJ Pro, il existe quand même certains codes, qui reposent principalement sur la dérision, l’humour et la spontanéité. Il met alors en garde les politiques : « si on ne les respecte pas, on risque de se prendre une volée de bois vert, un gros bashing ».

Construire un récit à travers les images

Véronique Reille-Soult rappelle que les réseaux sociaux sont aussi utilisés par les hommes et femmes politiques comme un outil de promotion de leurs actions ou pour relayer des interventions faites dans des médias traditionnels. Ils s’en servent pour construire un récit comme Rachida Dati via son compte Instagram. Ses séries de photos sont publiées pour diffuser l’image d’une maire active et déterminée, en campagne électorale pour les dernières municipales à Paris. Ainsi même les comptes Instagram regroupant des photos sans liens apparents « ne sont pas de simples pots-pourris », souligne la communicante, car « ces mosaïques racontent en filigrane l’histoire d’un personnage, ses goûts, ses fréquentations et ses activités ».

Pour Olivier Cimelière, les politiques qui communiquent sur le réseau social TikTok, très utilisé par les plus jeunes générations, cherchent à se rapprocher, se faire connaître et relayer par un public très jeune. Mais « TikTok ne fait pas tout » insiste Cimelière : « Matt Little, sénateur du Minnesota aux Etats-Unis, qui avait fait des chorégraphies très remarquées sur TikTok a finalement perdu aux dernières élections sénatoriales ». Et pour les Français ce n’est pas beaucoup plus probant… Marlène Schiappa et Jean-Luc Mélenchon reprennent les codes de TikTok mais suscitent stupéfaction voire moqueries. Pour Véronique Reille-Soult ces réactions en demi-teinte s’expliquent par le fait qu’ « ils ne sont pas dans leur registre, on les a probablement poussé à le faire. Il faut savoir dans quel réseau on se sent confortable, légitime ».

Les réseaux sociaux, continuité de la presse people ?

Jamil Dakhlia, sociologue des médias, remarque que « ces pratiques s’inscrivent dans la continuité de la presse people traditionnelle. Les réseaux sociaux sont des médias d’expression de soi. Ils obligent à parler de sa sphère personnelle même si c’est une métaphore du politique ».

« Ce genre d’autoportrait est en réalité une opération de communication très structurée.


Le sémiologue Denis Bertrand abonde dans ce sens en prenant l’exemple de Christophe Castaner qui poste sur son compte Instragam des photographies de paysages agrémentés de haïkus, petits poèmes japonais : « Ce genre d’autoportrait est en réalité une opération de communication très structurée. Derrière le mode pacifié, dans le registre des haïkus que présente Castaner, il cherche à montrer le contrepoint de ce qu’il représentait. Avant c’était la répression, la violence, en tant que Ministre de l’intérieur. Maintenant, l’apaisement, la méditation, le calme ».


Ainsi, le sémiologue conclut : « On voit le message politique derrière la mise en scène de la fonction poétique du discours ».

Retrouvez l’intégralité de l’émission Hashtag en replay ici

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