Tollé politique après le clip d’un rappeur appelant à « pendre les Blancs »
Le clip d'un rappeur méconnu appelant à "pendre les Blancs" a provoqué mercredi un tollé au sein du gouvernement et conduit à l...

Tollé politique après le clip d’un rappeur appelant à « pendre les Blancs »

Le clip d'un rappeur méconnu appelant à "pendre les Blancs" a provoqué mercredi un tollé au sein du gouvernement et conduit à l...
Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Le clip d'un rappeur méconnu appelant à "pendre les Blancs" a provoqué mercredi un tollé au sein du gouvernement et conduit à l'ouverture d'une enquête du parquet de Paris alors que son auteur assure avoir voulu envoyer "un message d'amour".

Le clip de plus de 9 minutes tourné à Noisy-Le-Grand, en Seine-Saint-Denis, s'ouvre sur une scène où le rappeur Nick Conrad allume un cigare en toute décontraction. En arrière-plan, un Blanc pendu se balance au bout d'une corde, puis la chanson "PLB" démarre. Dans une des séquences suivantes, Nick Conrad enfonce un revolver dans la bouche d'un Blanc séquestré dans un coffre de voiture, avant de lui tirer dessus.

Dans son texte, Conrad appelle notamment à tuer "des bébés blancs". "Attrapez-les vite et pendez leurs parents, écartelez-les pour passer le temps, divertir les enfants noirs de tout âge petits et grands", poursuit-il.

YouTube a annoncé avoir retiré la vidéo mais elle restait encore visible sur la plateforme en fin de journée, a constaté l'AFP.

Contacté par l'AFP, le service de streaming musical Deezer a dit avoir retiré le titre de son offre.

La violence des propos et des images a suscité de nombreuses condamnations au gouvernement et dans la classe politique.

"C'est totalement inadmissible des paroles comme cela. En plus lorsqu'on est rappeur on a des jeunes parmi ses auditeurs et donc, petit à petit, cela imprime les esprits et donc c'est comme cela qu'on aboutit ensuite aux pires perversions de notre société", a estimé le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb, lors d'un déplacement à Tourcoing (Nord).

Sur Twitter, le ministre avait déjà dénoncé des "propos abjects" et des "attaques ignominieuses".

-"Appel au meurtre et à la haine raciale"-

"Le gouvernement condamne avec la plus extrême fermeté les paroles haineuses et écœurantes de @jazzconrad. Ceux qui les diffusent portent une lourde responsabilité et doivent réagir au plus vite", a tweeté le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux.

Le clip a également été dénoncé par Bruno Retailleau, chef de file des sénateurs Les Républicains (LR), ou encore par la présidente du RN Marine Le Pen.

Brigitte Marsigny, maire LR de Noisy-Le-Grand, a annoncé qu'elle portait plainte, s'emportant contre ce clip qu'elle assimile à un "appel au meurtre et à la haine raciale".

Dans l'après-midi, Nick Conrad s'est toutefois défendu d'appeler à la haine et de vouloir faire "le buzz". "J'ai décidé d'inverser le système de manière à ce que tout le monde, Blancs et Noirs, se rende compte de la situation qui nous marque tous", a-t-il dit à RTL. "C'est un message d'amour en profondeur, plus qu'un message de haine".

La Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la haine anti-LGBT (Dilcrah, rattachée au Premier ministre) a affirmé avoir saisi le procureur de Paris pour "incitation à la haine raciale".

"L’appel au meurtre raciste du clip de Nick Conrad est abject et d’une violence inouïe. La liberté de création, ce n’est pas la liberté d’appeler à pendre des Blancs en raison de la couleur de leur peau", a de son côté réagi la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (Licra), qui dit elle aussi avoir "saisi la justice".

Les investigations lancées par le parquet ont été confiées à la Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP). Selon l'article 24 de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse, les faits sont passibles d'une peine maximale de 5 ans de prison et de 45.000 euros d'amende.

bl-kp-zl-gde/spe/cam

Partager cet article

Dans la même thématique

Tollé politique après le clip d’un rappeur appelant à « pendre les Blancs »
2min

Politique

PMA : « pour un projet on ne peut plus intime on ne devrait pas avoir à traverser des frontières », déplore cette lyonnaise après neuf tentatives

C’est historique. Pour la première fois depuis la seconde guerre mondiale, le nombre de décès en France a dépassé celui des naissances en 2025. Mais à rebours de cette tendance démographique, certains couples se battent pour avoir des enfants. C’est le cas d’Eugénie, originaire de Lyon, qui a été contrainte de partir à l’étranger pour bénéficier d’un parcours de PMA plus rapide. Interrogée par Quentin Calmet, elle témoignage de ses obstacles et difficultés dans l’émission Dialogue Citoyen.

Le

Paris : Vote on the 2026 budget bill at the Senate
8min

Politique

[Série 4/4] Macron et le Sénat, 10 ans de relations : du « Sénat bashing » à « une forme d’aura » retrouvée

Le Sénat et Emmanuel Macron. Bientôt 10 ans d’une relation tumultueuse, faite de moments électriques, de réchauffement, de pragmatisme et d’attaques. Une décennie de vie politique et parlementaire, sur laquelle publicsenat.fr revient cet été. Dix ans de macronisme auront finalement permis au Sénat, souvent critiqué, de redorer son blason. Rôle de contre-pouvoir renforcé avec les commissions d’enquête, travail législatif mis en lumière, hémicycle apaisé et constructif par rapport à l’Assemblée : c’est la recette qui a permis à la Haute assemblée de réaffirmer son rôle institutionnel.

Le

Tollé politique après le clip d’un rappeur appelant à « pendre les Blancs »
3min

Politique

« Il peut y avoir des moments festifs sans pour autant être obligé de boire » juge la sénatrice communiste Cathy Apourceau-Poly

En ce début d’année, un million de Français ont choisi de ranger leurs verres pour relever le défi du « dry january » ou « janvier sobre ». Une pause bienvenue dans un pays où l’alcool est omniprésent dans la vie sociale et reste responsable de milliers de morts chaque année. Souvent taboue et parfois accentuée par la pression sociale, l’addiction à l’alcool constitue un enjeu de santé publique majeur. Comment réduire les risques ? l’addictologue Delphine Moisan et la sénatrice communiste Cathy Apourceau-Poly sont les invitées de l’émission Et la santé ça va ? pour en débattre.

Le

francois-patriat-en-septembre-dernier-photo-sipa-jeanne-accorsini-1680805422
6min

Politique

« Adieu Fanfan » : le sénateur François Patriat, ancien socialiste, fidèle d'Emmanuel Macron est mort à l'âge de 83 ans 

Le sénateur de Côte-d’Or est décédé à l’âge de 83 ans. En 2016, François Patriat avait été parmi les premiers soutiens d’Emmanuel Macron, au moment où il se lançait dans la campagne présidentielle. Jusqu’en 2026, le Bourguignon restera l’un des plus proches soutiens du président de la République. Le dernier acte d’une très longue carrière de parlementaire entamée dans les années 80.

Le