Deux suspects étaient recherchés dimanche au lendemain de la vandalisation de la tombe du général de Gaulle à Colombey-les-deux-Eglises, un acte...
Tombe de De Gaulle vandalisée: deux personnes recherchées
Deux suspects étaient recherchés dimanche au lendemain de la vandalisation de la tombe du général de Gaulle à Colombey-les-deux-Eglises, un acte...
Par David COURBET
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Deux suspects étaient recherchés dimanche au lendemain de la vandalisation de la tombe du général de Gaulle à Colombey-les-deux-Eglises, un acte a priori sans motivation politique qui a suscité émotion et indignation.
Les enquêteurs sont sur les traces d'un homme d'une trentaine d'années. Samedi après-midi en moins d'une minute, il est monté sur la tombe où repose la dépouille du général de Gaulle depuis son décès en 1970 dans ce village où l'ancien chef de l'Etat possédait une propriété; il a craché dessus et a brisé la croix religieuse qui la surplombait.
La tombe étant filmée en continu par une caméra, la scène a pu être facilement exploitée par les enquêteurs.
Le suspect, "en short et t-shirt", a ensuite quitté le cimetière sans commettre d'autre dégradation pour rejoindre sa voiture à l'extérieur, qui n'est "pas immatriculée dans un département de la grande région Est" (dont fait partie la Haute-Marne, ndlr). Là, selon plusieurs témoins, l'attendait une femme qui est également recherchée, a précisé dimanche le procureur de la République de Chaumont, Frédéric Nahon, lors d'une conférence de presse.
Des passants devant la tombe du général Charles de Gaulle (1890-1970), le 28 mai 2017 à Colombey-les-deux-Eglises
AFP
Les enquêteurs ne privilégient aucune piste, mais l'acte politique est "peu probable étant donné qu'aucune revendication n'a été faite", a-t-il rappelé.
Cet incident s'est cependant produit un 27 mai, Journée nationale de la Résistance, dont De Gaulle a été le principal acteur et le héros, instaurée en 2014 par l'Assemblée nationale.
D'après M. Nahon, quelques minutes avant son méfait, l'individu avait tenté de voler "quelques bonbons et un drapeau français" dans un magasin proche du cimetière. Mais il avait dû tout reposer parce que la gérante l'avait remarqué.
Recherché pour "dégradation aggravée", "violation de sépulture" et "tentative de vol", l'homme encourt jusqu'à 5 ans de prison.
La tombe du général de Gaulle, le 9 novembre 2015 à Colombey-les-deux-Eglises (Haute-Marne),
AFP/Archives
"L'affaire est grave mais pas dramatique. On pense qu'il s'agit avant tout d'un individu dérangé". Mais les habitants sont "choqués vu que c'est la première fois que cela arrive ici", a déclaré à l'AFP Pascal Babouot, maire de cette commune de moins de 700 habitants.
La municipalité préfère ne pas exploiter l'événement: aucune manifestation n'est prévue. Car autant les habitants que la famille de Gaulle, qui s'est dite "surprise et choquée", souhaitent "par respect, rester discrets".
La croix sera réinstallée très rapidement, "avant la fin de semaine prochaine".
- "Insulte à la France" -
En attendant, le cimetière a rouvert dimanche matin et des visiteurs ont fait part de leur émotion aux abords de la sépulture du général de Gaulle, qui repose aux côtés de son épouse Yvonne et de sa fille Anne. Il y avait été enterré le 12 novembre 1970, comme il l'avait souhaité, "sans fleurs ni couronnes", ni discours, mais avec les Compagnons de la Libération venus des quatre coins de la planète.
"J'ai envie de pleurer. Je suis très attaché au général que je suis depuis son appel du 18 juin, c'est vous dire!", déclare Maurice, un Belge de 87 ans qui se rend régulièrement sur cette tombe attirant plus de 100.000 visiteurs par an, selon le maire.
"C'est pas normal de saccager une tombe, encore moins celle du général de Gaulle qui a sauvé la France face à Pétain", affirme aussi Laurent, originaire de Compiègne.
Cet événement a été vivement condamné par la classe politique.
Samedi soir, le président Emmanuel Macron avait fait part de son "émotion" après cet "acte de vandalisme" et adressé à la famille "ses sincères pensées".
"Un acte de vandalisme commis sur la tombe du général de Gaulle, c'est un acte contre la France", a réagi le Premier ministre Edouard Philippe.
"Profaner une tombe est déjà un acte odieux,abject; profaner celle du général de Gaulle est une insulte à la France et à ses valeurs", a estimé sur Twitter l'ancien Premier ministre Manuel Valls.
Le général de Gaulle, "c'est un emblème, un symbole fort de notre République, de sa capacité à résister (...). C'est choquant, incompréhensible, invraisemblable", a déclaré le chef de file des députés LR, Christian Jacob, dimanche sur Europe1/CNews/Les Echos.
Pour Marine Le Pen, vandaliser la tombe du général de Gaulle est un acte "totalement méprisable".
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