TousAntiCovid : les sénateurs centristes demandent au gouvernement de la « transparence »
Dans un courrier envoyé à Jean Castex, une quarantaine de sénateurs centristes interrogent le Premier ministre sur le coût réel de l’application TousAntiCovid et demandent de la transparence sur le « choix du responsable » de la plateforme des données de santé, Health Data Hub.

TousAntiCovid : les sénateurs centristes demandent au gouvernement de la « transparence »

Dans un courrier envoyé à Jean Castex, une quarantaine de sénateurs centristes interrogent le Premier ministre sur le coût réel de l’application TousAntiCovid et demandent de la transparence sur le « choix du responsable » de la plateforme des données de santé, Health Data Hub.
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Au lendemain de la présentation de la nouvelle version de StopCovid par Cédric O, secrétaire d’État à la Transition numérique, les sénateurs du groupe centriste demandent des précisions au Premier ministre. Dans un courrier adressé à Jean Castex, 40 parlementaires centristes veulent tout d’abord connaître veulent connaître « la réalité des chiffres de l’application StopCovid qui ne devait rien coûter ».

En effet, auditionné par la commission d’enquête du Sénat sur la gestion de l’épidémie de Covid-19, le 8 octobre, Cédric O reconnu que le prix de l’application allait grimper en flèche d’ici la fin du mois. Jusqu’à fin octobre, Capgemini qui est le maître d’œuvre du projet, travaille gratuitement. « À partir de fin octobre, nous allons lancer un appel d’offres qui permettra de faire en sorte de désigner, selon des règles de marchés publics, un nouveau chef de projet » avait-il indiqué tout en précisant que ce changement de chef de projet doublerait les coûts de fonctionnement de l’application, de 100.000 euros aujourd'hui à « probablement autour de 200.000 euros ».

Les parlementaires ont aussi rappelé les conditions opaques dans lesquelles se sont conclus les contrats de StopCovid et du Health Data Hub (la plateforme des données de santé, mise en place en 2019) dont l’hébergement des données a été confié à Microsoft. « Un drame pour notre souveraineté numérique » avait pointé la présidente du groupe centriste, Catherine Morin-Desailly, lors des questions d’actualité au gouvernement du 16 juillet dernier, jour de l'annulation par La Cour de justice de l'UE (CJUE) d’un accord de 2016 autorisant les transferts de données entre l'Union européenne et les États-Unis, appelé « Privacy Shield ».

« Nous travaillons avec (le ministre de la Santé) Olivier Véran, après le coup de tonnerre de l'annulation du Privacy Shield, au transfert du Health Data Hub sur des plates-formes françaises ou européennes », a déclaré Cédric O, auditionné par des sénateurs. « Nous aurons sur ce sujet des discussions avec nos partenaires allemands », avait simplement précisé Cédric O, lors de son audition.

Les sénateurs centristes invitent donc le Premier ministre à la transparence sur le « choix du responsable de traitement des données issues du Health Data Hub ainsi que les conditions d’attribution du nouveau marché public pour la mise en service de l’application TousAntiCovid ».

Enfin, les sénateurs n’ont pas manqué de rappeler « leurs inquiétudes face aux atteintes potentielles aux libertés individuelles, à notre souveraineté et à la protection des données personnelles de leurs concitoyens » alors que l’état d’urgence sanitaire est de nouveau en vigueur ».

« J’aurai l’occasion d’interpeller le gouvernement à ce sujet mercredi et jeudi lors de l’examen du projet de loi autorisant la prorogation de l’état d’urgence sanitaire » a déjà promis Loïc Hervé, sénateur centriste, en attente d’être reconduit en tant que membre de la CNIL depuis sa réélection à la Haute assemblée.

 

 

Partager cet article

Dans la même thématique

Heat Wave in the North
5min

Politique

La justice ordonne le démantèlement de « mégabassines » en Charente-Maritime : les agriculteurs condamnés invoquent la loi d’urgence agricole et font appel

Neuf agriculteurs ont été condamnés par la justice, jeudi 23 juillet, à démanteler quatre retenues d’eau qu’ils utilisent illégalement depuis dix-sept ans. Ils ont annoncé faire appel et se fondent sur le prétendu « décalage » entre cette décision et la loi d’urgence agricole tout juste adoptée, très favorable au développement de ces « bassines ».

Le

PARIS, Conseil constitutionnel, Constitutional Council, Palais Royal
7min

Politique

Le Conseil constitutionnel est-il devenu un arbitre sursollicité ?

Longtemps perçu comme le gardien discret de la Constitution, le Conseil constitutionnel s’impose aujourd’hui comme l’un des acteurs incontournables de la vie politique. Jamais autant saisi sur les lois votées par le Parlement depuis une quinzaine d’années, il est devenu le passage obligé des textes les plus sensibles. Loin d'un dysfonctionnement, cette hyper-activité traduit les nouvelles dynamiques du pouvoir sous l'ère de la « majorité relative ».

Le

France Wildfires
2min

Politique

La France a demandé l’activation du mécanisme de protection civile de l’UE : en quoi consiste ce dispositif ?

Face à la multiplication des feux en France, en particulier en Gironde et dans les Landes, le président de la République Emmanuel Macron a demandé l’activation du mécanisme de protection civile européen hier soir. Déjà utilisé par le passé à Mayotte ou en Ukraine, ce dispositif permet « de proposer une réponse d’urgence » face aux incendies sur le sol européen.

Le

France Extreme Weather Heat
3min

Politique

Incendie au Cap-Ferret : 10 000 hectares parcourus, 80 maisons brûlées et 40 000 personnes évacuées, « le feu continue de progresser », annonce Laurent Nuñez

Le ministre de l’Intérieur a fait un point de situation, ce vendredi matin, sur « le plus feu gros de la saison » qui menace dangereusement le Cap-Ferret, en Gironde. « Le feu n’est pas maitrisé et continue de progresser », alerte Laurent Nuñez. Au total, 50 000 hectares ont brûlé depuis le début de l’année, « quasiment trois fois » plus que l’an dernier.

Le