« Tout le monde aurait voulu le connaître »: les Français rendent hommage à Chirac
"Tout le monde aurait voulu le connaître personnellement": devant l'Elysée où une file s'allongeait samedi pour signer les livres d'or à la...

« Tout le monde aurait voulu le connaître »: les Français rendent hommage à Chirac

"Tout le monde aurait voulu le connaître personnellement": devant l'Elysée où une file s'allongeait samedi pour signer les livres d'or à la...
Public Sénat

Par Claire GALLEN

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

"Tout le monde aurait voulu le connaître personnellement": devant l'Elysée où une file s'allongeait samedi pour signer les livres d'or à la mémoire de Jacques Chirac, l'heure est à l'émotion, deux jours après le décès de l'ancien président.

"C'est une page qui se tourne", soupire Christine, 60 ans, venue rendre hommage à un homme "volontaire", "qui a gravi tous les échelons", avec un "côté humain énorme". A ses côtés, son fils Jean-Baptiste, 29 ans, appuie lui aussi sur le lien affectif: "Il ressemblait un peu à mon papy!"

Au total depuis jeudi soir, près de 5.000 personnes sont venues signer les registres de condoléances, a indiqué l'Elysée. Cela représente quelque 600 feuillets remplis, soit une trentaine de registres.

Jacobson, franco-congolais qui habite Neuilly, s'est habillé avec un soin particulier pour l'occasion: costume trois pièces bleu et blanc, cravate assortie, chapeau de feutre et lunettes de soleil... "les Congolais sont des +sapeurs+ (amoureux des beaux vêtements, NDLR), et Chirac aussi, il était élégant, un politique, un playboy..."

"C'est grâce à lui que je suis devenu français", dit-il, en serrant dans sa main une sacoche contenant toutes les lettres que l'ancien président lui avait envoyées, en réponse à ses cartes de voeux.

Les registres, installés sur une table de verre sous le portrait de l'ancien président, seront ensuite transférés aux Invalides où ils seront disponibles dimanche à partir de 14H00, selon l'Elysée.

- "Une sorte de roi" -

Les Français rendent hommage à l'ex-président Jacques Chirac à l'Elysée, le 27 septembre 2019
Les Français rendent hommage à l'ex-président Jacques Chirac à l'Elysée, le 27 septembre 2019
AFP

Thibaud, 23 ans, essaiera de se rendre aux Invalides dimanche, moment-clé de l'hommage populaire rendu à l'ex-chef de l'Etat, avant la journée de deuil national prévue lundi, avec une cérémonie à Saint Sulpice et une minute de silence dans les écoles et les administrations.

"Quand j'étais petit, c'était une sorte de roi. J'étais fan, et puis il y avait sa marionnette aussi" aux Guignols, se souvient-il avec nostalgie: "Il avait un côté humain que tous n'ont pas en politique aujourd'hui".

"Ce n'était pas quelqu'un de parfait mais c'est pour ça que je l'aime autant", ajoute le jeune homme, étudiant dans l'humanitaire, et qui se définit comme "ni de droite, ni de gauche, ce qui était un peu son cas aussi".

"Il nous a vu grandir", s'exclame Anne, 27 ans, venue avec sa soeur jumelle Hélène, qui tenait à écrire quelque mots dans le registre pour lui "dire merci". Selon elle, "tout le monde aurait voulu le connaître personnellement".

Renato, franco-italien de 39 ans qui garde surtout le souvenir de l'opposition de Jacques Chirac à la guerre en Irak, a tenu à amener sa fille de 9 ans pour "lui faire comprendre ce que c'est que la transmission, l'histoire". "Et je suis contente de voir l'Elysée", glisse la fillette en manteau rose.

Certains, dans la file, se montrent toutefois plus critiques. "Ce n'était pas un transformateur, il n'a pas mené de grandes réformes. Mais c'était un bon communicant", assène François, 56 ans, pour qui Jacques Chirac était "sans doute mieux comme maire (de Paris) que comme président".

Cet ancien chef d'entreprise reconnaît qu'il y a un "paradoxe" à venir signer les registres. Mais, dit-il, "c'est important d'être là car Jacques Chirac est une personnalité qui a laissé une trace".

Partager cet article

Dans la même thématique

The Epstein Files Illustrations
3min

Politique

Affaire Epstein : vers une commission d’enquête au Sénat ?

Dans un courrier adressé au président du Sénat, Gérard Larcher, Le sénateur LR, Henri Leroy et 15 de ses collègues de la droite et du centre appellent solennellement la chambre haute à mettre en place une commission d’enquête « relative aux implications institutionnelles et aux éventuels dysfonctionnements publics liés à l’affaire Epstein ».

Le

candidat à Paris
8min

Politique

Municipales 2026 : à Paris, la campagne se joue-t-elle désormais à coup de likes ? 

À l’approche des élections municipales de 2026, la campagne parisienne se déploie massivement sur les réseaux sociaux. Vidéos courtes, stratégies d’influence et recours à l’intelligence artificielle redéfinissent les codes de la communication politique locale. Mais derrière la course aux vues, des experts interrogent l’impact réel de ces nouveaux outils sur le vote et la démocratie.

Le