Tracking : y aura-t-il un vote au Sénat ?
Le débat sur le traçage numérique à l’Assemblée nationale le 28 avril sera finalement suivi d’un vote. Au Sénat, le même débat est prévu le lendemain et l’exécutif se dit prêt à accepter le vote, même si pour l’instant rien n’est acté.

Tracking : y aura-t-il un vote au Sénat ?

Le débat sur le traçage numérique à l’Assemblée nationale le 28 avril sera finalement suivi d’un vote. Au Sénat, le même débat est prévu le lendemain et l’exécutif se dit prêt à accepter le vote, même si pour l’instant rien n’est acté.
Public Sénat

Par Tam Tran-Huy

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Tracking : « Le vote n’est pas encore acté mais devrait avoir lieu au Sénat »

Face à la pression des oppositions, le gouvernement a fini par céder à l’Assemblée nationale. Lui qui ne voulait pas de vote à l’issue du débat prévu au Palais Bourbon le 28 avril sur le traçage numérique a finalement changé d’avis. Marc Fesneau l’a annoncé ce mardi matin lors de la conférence des présidents. Une décision qui pourrait avoir un impact sur le débat au Sénat prévu le lendemain : « Ce n’est pas encore acté, mais logiquement par symétrie, cela devrait avoir lieu au Sénat » explique le cabinet de Marc Fesneau. Hypothèse possible : il pourrait y avoir une convocation anticipée de la prochaine conférence des présidents qui était prévue pour le 28, afin de décider de ce débat avec vote.

Patrick Kanner : « Je n’imagine pas un seul instant que le vote soit accepté à l’Assemblée et pas au Sénat »

Patrick Kanner estime en tout cas que sa proposition de résolution, déposée lundi 20 avril et exigeant un vote à l’issue du débat, a permis avec l’ensemble des pressions de l’opposition d’obtenir ce changement de position de l’exécutif. Le président du groupe socialiste au Sénat pense aussi que ce revirement du gouvernement va influer sur le Sénat : « Je n’imagine pas un seul instant que le gouvernement accepte un vote sur le tracking à l’Assemblée et qu’il ne fasse pas de même au Sénat. S’il acceptait le vote à l’Assemblée et pas au Sénat, on sortirait les fourches ! » Mais le sénateur du Nord souligne aussi le risque pris par l’exécutif : même si le vote se fait « sans engager la responsabilité de l’exécutif » comme le précise l’article 50-1 de la Constitution, « le gouvernement prend des risques : il peut y avoir une alliance des parlementaires opposés au tracking dans les différents groupes, notamment LR-LREM et cela affaiblirait le déconfinement en cas de vote négatif ».

Le président du Sénat sera-t-il favorable à un débat avec vote ?

Lundi 20 avril encore, la droite sénatoriale avait des réticences de fond sur le débat avec vote : « Nous ne pouvons pas donner un vote au débat si le dispositif n’est pas connu » jugeait notamment Philippe Bas, président de la commission des lois et du comité de suivi de l’état d’urgence sanitaire. Certains à droite sont aussi partagés sur un vote qui pourrait révéler les positions divergentes au sein des groupes. Dans le groupe LREM enfin, on pense que Gérard Larcher ne veut pas de ce vote. Le président du Sénat a envoyé le même jour « un courrier au Premier ministre demandant le report du débat sur le tracking prévu le 29 pour un débat plus large sur le déconfinement plus tard » raconte enfin une source parlementaire. On ignore encore si sa position a changé après l’annonce du débat avec vote à l’Assemblée.

Lire aussi : « Les sénateurs socialistes veulent un vote sur le tracking, la droite réticente ».

 

Partager cet article

Dans la même thématique

Chanteloup-les-Vignes : inter-ministerial meeting on cities
9min

Politique

Elisabeth Borne prend ses distances avec Gabriel Attal : « Non-événement » ou symptôme « des doutes » chez Renaissance avant 2027 ?

En quittant la présidence du Conseil national de Renaissance, Elisabeth Borne marque son « désaccord avec la ligne » de Gabriel Attal et met à mal la future candidature à la présidentielle du patron du parti. Si les proches du secrétaire général minimisent, quelques voix pointent en interne l’excès de « com’ » et « la tendance aux coups médiatiques ». François Patriat, patron des sénateurs Renaissance, prend aussi ses distances : « Déclarer sa candidature aujourd’hui et figer les choses ne me paraît pas être le bon principe ».

Le

Tracking : y aura-t-il un vote au Sénat ?
7min

Politique

Droits TV du football : la chaîne Ligue 1+ n’est qu’une « solution par défaut », reconnaît Nicolas de Tavernost

Interrogé au Sénat ce mercredi, le patron de la filiale média de la Ligue de football professionnelle (LFP), Nicolas de Tavernost, n’a pas caché les limites de la chaîne Ligue1 +, montée dans l’urgence par la ligue, pour le financement des clubs français. Il a été longuement interrogé sur son départ en fin de saison, perçu par plusieurs sénateurs comme la conséquence des conflits d’intérêts au sommet du football français.

Le

Tracking : y aura-t-il un vote au Sénat ?
3min

Politique

Banquets du Canon français : « Il n’y a pas de risque de trouble à l’ordre public », assure Laurent Nunez qui reste toutefois « vigilant »

Lors des questions d’actualité au gouvernement du Sénat, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez a été interpellé par le sénateur (PS) du Finistère, Jean-Luc Fichet sur la campagne de haine dont a été victime la maire de Quimper pour avoir refusé d’accueillir dans sa ville un banquet du Canon Français, une organisation financée pour partie par le milliardaire d’extrême droite Pierre Edouard Sterin. « Ce qu’il s’est passé à Quimper est absolument ignoble » a dénoncé le ministre.

Le