Trafic de migrants: Macron pour l’envoi de forces policières africaines en Libye
Le président français Emmanuel Macron a précisé jeudi son projet de lutte contre les réseaux criminels de passeurs de migrants en...

Trafic de migrants: Macron pour l’envoi de forces policières africaines en Libye

Le président français Emmanuel Macron a précisé jeudi son projet de lutte contre les réseaux criminels de passeurs de migrants en...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Le président français Emmanuel Macron a précisé jeudi son projet de lutte contre les réseaux criminels de passeurs de migrants en Libye, plaidant pour le déploiement de forces policières africaines, l'envoi de troupes française n'étant pas à l'ordre du jour.

"Nous avons des échanges bilatéraux avec des pays africains pour contrôler les trafics, d'une manière structurée dans une +task force+", a déclaré Emmanuel Macron lors d'une conférence de presse à Accra, dernière étape de sa tournée africaine.

"Il appartient aux Etats africains d'opérer sur leur sol et de mener des opérations de police qui relèvent de leur souveraineté mais nous devons intensifier la coopération technique et en matière de renseignement", a-t-il ajouté.

Selon le président français, "la coopération entre Etats africains sur ce sujet n'est pas suffisante, l'Union africaine (UA) a donc proposé de coordonner davantage ce travail entre pays".

L'opération militaire française Barkhane pourra contribuer si nécessaire "sur le sol tchadien, nigérien et malien, à certains opérations car la lutte contre le trafic de personnes est intimement lié à la lutte contre les trafics de drogue et le terrorisme".

"Mais sur le sol libyen, il appartient au gouvernement aujourd'hui d'en décider", a déclaré M. Macron. "Il n'est pas prévu à ce stade l'envoi de forces militaires ou de police de la part de la France".

A propos de la lutte contre les trafiquants, une source proche de l'Elysée a déclaré à l'AFP que l'objectif était d'engager "une action coercitive qui passe par plusieurs actions au niveau du Conseil de sécurité de l'ONU avec les sanctions habituelles: gel des avoirs et interdictions de voyager".

"Mais au-delà, il faut procéder à des arrestations dans certains lieux et mener des actions par la force", comme le Niger l'avait fait pour certain passeurs, accompagnées de programmes de réinsertion, a affirmé cette source sous couvert de l'anonymat.

"Barkhane ne veut pas mener des actions ciblées sur le sol libyen mais on peut responsabiliser les Libyens et on peut viser les têtes de réseaux qui ne sont pas nécessairement en Afrique", a-t-elle ajouté.

L'un des principaux enjeux est aussi de renforcer la coopération entre les pays d'origine des migrants et les pays de transit, comme la Libye, le Tchad et le Niger.

"Le Niger, par exemple, qui est très sérieux dans ses contrôles de zone comme Agadez (nord) accumule beaucoup d'informations sans les transmettre aux pays d'origine", selon cette source.

"Les ministres de l'intérieur de plusieurs pays n'échangent pas et ne coopèrent pas pour démanteler les réseaux", a-t-elle ajouté, citant notamment le cas de la Guinée, du Sénégal et de la Côte d'Ivoire.

Le drame de l'immigration clandestine et ses dérives comme les marchés d'esclaves en Libye a été au coeur des discussions du 5e sommet Europe-Afrique, auquel a participé M. Macron, et qui s'est achevé jeudi à Abidjan.

En marge du sommet, les dirigeants de neuf pays européens et africains, dont la Libye, avaient décidé mercredi soir de mettre en place "une coopération étroite" pour démanteler les réseaux et mener des "opérations d'évacuation d'urgence dans les prochains jours ou semaines" des migrants bloqués en Libye.

Partager cet article

Dans la même thématique

NANTES:Franco-German summit in Nantes
8min

Politique

« Une épouvantable tragédie » : le tandem Chirac-Jospin face au 11 septembre 2001

Vingt-cinq ans après, les images sont restées intactes. Le 11 septembre 2001, alors que les Etats-Unis étaient frappés par les attentats d’Al-Qaida, Jacques Chirac se trouvait à Rennes et Lionel Jospin à Matignon. A sept mois de l’élection présidentielle, et dans un contexte de cohabitation, les deux têtes de l’exécutif français ont dû organiser, dans l’urgence, la réponse d’un pays qui n’était pas directement attaqué mais qui avait déjà été confronté à plusieurs vagues d’attentats sur son propre territoire.

Le

FRA – AN – ASSEMBLEE – COMMISSION AUDITION AURORE BERGE
6min

Politique

« Grand remplacement » : une théorie « raciste », rappellent les historiens à Aurore Bergé

La ministre chargée de la Lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, a suscité la polémique au sein même de son propre camp, en refusant de qualifier de « raciste » la théorie du grand remplacement conceptualisée par l'essayiste d'extrême droite Renaud Camus. La ministre a néanmoins qualifié la théorie de « mensongère », a affirmé qu'elle entendait la combattre, et estimé que le débat sur ce sujet « faisait partie de la liberté d'expression ». Une position intenable pour l'historien de la colonisation Nicolas Bancel, qui rappelle que « la composante raciale » est au cœur de cette théorie.

Le

Paris : Présidentielle 2027 Bruno Retailleau
2min

Politique

Sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône : « Coup de poignard », rien ne va plus entre Bruno Retailleau et ses alliés centristes

En choisissant de soutenir Valérie Boyer (LR), candidate à sa réélection dans les Bouches-du-Rhône, le président des Républicains, Bruno Retailleau, s'est attiré les foudres de ses alliés centristes au Sénat qui lui rappellent que la sénatrice Brigitte Devésa conduit une liste d'union de la droite et du centre dans le département. Le choix de Bruno Retailleau est qualifié de « coup de poignard » par le compte X des sénateurs centristes.

Le

Le Sénat
16min

Politique

Recul des LR, arrivée d’un groupe RN et la gauche qui veut limiter la casse : les enjeux des sénatoriales

Le Sénat ne devrait pas connaître de grand bouleversement après les élections sénatoriales du 27 septembre, avec le maintien d’une majorité de droite et du centre pour Gérard Larcher, où le groupe Union centriste pourrait cependant voir son poids renforcé. Mais les sénateurs se préparent à une petite révolution : l’arrivée possible du premier groupe RN. A gauche, PS et Écologistes espèrent limiter la casse par des accords « gagnant-gagnant ».

Le