Traité Ceta : des candidats à la présidentielle majoritairement contre
Parmi les candidats à l'élection présidentielle, seul Emmanuel Macron se dit ouvertement favorable au traité de libre-échange Ceta entre le Canada et l'Union européenne.

Traité Ceta : des candidats à la présidentielle majoritairement contre

Parmi les candidats à l'élection présidentielle, seul Emmanuel Macron se dit ouvertement favorable au traité de libre-échange Ceta entre le Canada et l'Union européenne.
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L'accord de libre-échange a été largement adopté par les eurodéputés ce mercredi, à plus de 60% des voix. Mais en France, dans la course présidentielle, de nombreux candidats affichent leur opposition frontale au texte.

Sa position est presque isolée chez les prétendants à l'Élysée. Emmanuel Macron, lors d’un débat à Bruxelles en octobre 2016, s’était prononcé en faveur du Ceta, un traité qui « améliore nos relations avec le Canada ». Selon lui, « beaucoup d’Etats-membres ont reconnu que l’équilibre trouvé sur la relation État-investisseur était un bon équilibre dans ce traité ».

À droite, François Fillon s’est peu exprimé sur la question du traité entre l’UE et le Canada. Sa position reste floue. Lors de son voyage à Berlin le 23 janvier, il a appelé à refuser les « accords de libre-échange » qui ne seraient « pas dans l’intérêt de nos économies et de nos emplois ». Qualifiant le traité commercial avec les États-Unis (Tafta) de « déséquilibré », il a revanche estimé que le Ceta prévoyait des « clauses de sauvegarde, notamment pour les produits sensibles ». Quelques jours avant le premier tour de la primaire, dans une interview donnée à Terre-Net.fr, il s’était montré bien plus réservé : « le Ceta est un bon accord si les règles du jeu sont identiques, et respectées par tous. Malheureusement ce n’est pas le cas, et certainement pas pour l’agriculture ».

« Mauvais accord pour l’Europe »

Les socialistes se montrent divisés sur la question du Ceta. Benoît Hamon considère, lui, qu’il s’agit d’un « mauvais accord pour l’Europe », qui « met en danger nos préférences collectives en matière sociale et environnementale » et qui favoriserait une « augmentation du niveau d’émissions de gaz à effet de serre ». Le candidat socialiste s’inquiète également des tribunaux d’arbitrage privés qui « pourraient donner raison aux multinationales contre le droit à légiférer des États membres de l’Union ». Dans son programme, le vainqueur de la primaire de la Belle alliance populaire prévoit de « suspendre immédiatement l’application du Ceta ».

Chez les opposants historiques, on compte trois eurodéputés français : Marine le Pen, Jean-Luc Mélenchon et Yannick Jadot. Les deux derniers se sont même retrouvés ensemble ce lundi (lire notre article) dans une conférence organisée par plusieurs ONG opposées au traité. Benoît Hamon était représenté à cette réunion par le député européen socialiste Emmanuel Maurel, qui pointe des « incertitudes, des risques et des insuffisances » dans le traité.

Dans son programme, Jean-Luc Mélenchon promet de « refuser les traités de libre-échange », dont le Ceta. Le candidat de la France insoumise, qui se pose en farouche opposant au Ceta depuis 2013, alerte sur les dangers de destructions d’emplois et sur la dimension « anti-écologique » du traité, reprochant que les bénéfices se réduisent à « une trace au-delà de la virgule après le zéro en termes de croissance. »

« Le projet européen sacrifié au nom du big business »

À l’issue du vote, l’écologiste Yannick Jadot a critiqué « la droite européenne et une partie des socialistes », les accusant de « sacrifier le projet européen au nom du big business ». Dans une intervention vibrante dans l’hémicycle de Strasbourg, le candidat d’Europe Écologie-Les Verts a rappelé que le texte avait été négocié par « M. Harper, climato-sceptique qui conseille aujourd’hui les multinationales » et « M. Barroso, ancien président de la Commission européenne, qui conseille aujourd’hui Goldman Sachs ». « Stopper la ratification du Ceta » est la 68e mesure de son projet.

« Oui, nous voulons un accord,  mais sur le climat, sur les droits sociaux, sur la lutte contre les paradis fiscaux, sur la lutte contre les paradis fiscaux, sur la supervision bancaire. De tout cela, il n'y a rien dans ces accords. »

Yannick Jadot à la commissaire européenne au Commerce, Cecilia Malmström, le 15 février 2017

Pour Marine le Pen, qui s’engage à refuser le traité (engagement n° 127), le Ceta « profiterait sûrement à quelques multinationales richissimes mais pas à l’immense majorité des citoyens ». En séance plénière ce mercredi, l’eurodéputée a accusé les partisans du Ceta de vouloir « détruire » l’agriculture et l’élevage, « déjà laminés par tous les traités de libre-échange », et qui « continueront leur descente aux enfers ». « Vous bradez notre droit de réglementer », a-t-elle attaqué, avant de dénoncer la création d’une « justice d’exception pour permettre aux multinationales d’attaquer les États ». « Le peuple français aura une possibilité pour revenir sur ce traité : l’élection présidentielle de mai 2017 », a-t-elle annoncé.

Fin octobre, le candidat de Debout la France, Nicolas Dupont-Aignan avait lui aussi dénoncé un traité qui « menace de bouleverser notre société et de rompre avec notre mode de vie actuel avec l'abaissement des normes sociales et écologiques, l’ouverture de notre marché agricole et la toute-puissance des multinationales qui pourront traduire les Etats devant des tribunaux ».

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