Traitement des violences sexistes au sein des partis : « Tous les faits reprochés ne se valent pas », plaide Manuel Bompard
Invité de la matinale de Public Sénat, le député LFI Manuel Bompard appelle les partis de gauche à faire preuve de nuance concernant le traitement en interne des signalements de violences sexistes. L’élu regrette que les faits reprochés, quelle que soit leur nature, conduisent « toujours à la même sanction, qui est le bannissement généralisé ».

Traitement des violences sexistes au sein des partis : « Tous les faits reprochés ne se valent pas », plaide Manuel Bompard

Invité de la matinale de Public Sénat, le député LFI Manuel Bompard appelle les partis de gauche à faire preuve de nuance concernant le traitement en interne des signalements de violences sexistes. L’élu regrette que les faits reprochés, quelle que soit leur nature, conduisent « toujours à la même sanction, qui est le bannissement généralisé ».
Public Sénat

Par Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Le député LFI Manuel Bompard a été accusé de minimiser les violences que son collègue, Adrien Quatennens, a reconnu avoir eues à l’égard de son épouse. Dans un communiqué publié le 18 septembre, le coordinateur de La France insoumise, désormais en retrait de ses fonctions, a expliqué avoir donné « une gifle » à sa compagne. « Une gifle n’est jamais acceptable, mais elle n’est pas égale à un homme qui bat sa femme tous les jours », avait réagi quelques jours plus tard, sur CNews, Manuel Bompard, soulevant aussitôt un véritable tollé. Invité ce mardi de « Bonjour chez vous », la matinale de Public Sénat, le député des Bouches-du-Rhône a continué à défendre le principe d’une réponse graduée face à ce type de violences.

« Je suis favorable au fait que l’on assume l’idée de dire que tous les faits reprochés ne se valent pas, et que tous les faits reprochés ne conduisent pas toujours à la même sanction, qui est le bannissement généralisé », soutient Manuel Bompard. « Sinon, il n’y a plus de justice. L’un des principes de la justice, c’est la proportionnalité. En fonction des faits, il y a des réponses ou des sanctions qui doivent être proportionnelles elles aussi. »

Dans le baromètre politique d’Odoxa, réalisé pour Public Sénat, LCP-Assemblée nationale et la presse quotidienne régionale, Jean-Luc Mélenchon est la personnalité politique dont la cote de popularité a le plus reculé au mois de septembre, un décrochage attribué au soutien apporté par le tribun à Adrien Quatennen. « À intervalle régulier on cherche à instrumentaliser une crise, on me dit que sa cote de popularité baisse, qu’il est fini. Il y a eu ça au moment des perquisitions et il a fait 22 % à la présidentielle », balaye notre invité.

« Il y a eu des instrumentalisations politiciennes »

L’élu se dit notamment favorable à la mise en place d’une cellule d’enquête et de sanctions sur les violences sexuelles et sexistes qui serait commune aux différentes formations de la Nupes. « Si cela permet d’avancer sur des principes communs entre toutes les organisations politiques, pour que ce sujet ne soit plus l’objet d’instrumentalisations politiciennes, cela pourrait être utile », explique-t-il. « Il y a parfois des indignations sincères, je ne le conteste pas. Mais des représentants de LREM essayent de faire un procès à LFI sur la question des violences sexistes et sexuelles alors qu’ils ont eu des parlementaires dans leurs rangs qui pendant cinq ans ont siégé avec ce type de reproches sans que personne n’y trouve rien à redire. Oui, il y a eu des instrumentalisations politiciennes », s’agace-t-il.

» Lire notre article - Affaire Quatennens : « Nous n’échappons pas à ces violences, la différence c’est qu’on en a conscience », plaide Manon Aubry (LFI)

L’Affaire Bayou

Une cellule transpartisane permettrait de mettre fin à d’éventuelles différences de traitement et de réguler les procédures. Une proposition qui intervient alors que Julien Bayou, accusé de violences psychologiques par une ex-compagne, a démissionné lundi de ses postes de secrétaire national d’EELV et de coprésident du groupe écolo à l’Assemblée nationale, tout en estimant n’avoir pas pu se défendre devant les instances de son parti. « Je ne connais pas les faits qui lui sont reprochés. Si j’ai bien compris, il estime ne pas avoir eu la possibilité de se défendre. Je peux comprendre que ça pose un problème », relève Manuel Bompard. « Les dispositifs internes doivent respecter un certain nombre de principes. Le principe du contradictoire, le fait de pouvoir s’expliquer sur les faits reprochés, me paraît être élémentaire. »

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris : Debate on no-confidence motions against the 2026 finance bill at National Assembly
5min

Politique

Prix du Trombinoscope : Sébastien Lecornu, Amélie De Montchalin, Olivier Faure parmi les lauréats

Le jury du Prix du Trombinoscope, dont Public Sénat est partenaire, a dévoilé son palmarès annuel. Plusieurs figures de premier plan ont été distinguées, parmi lesquelles Sébastien Lecornu, Amélie de Montchalin, le duo des sénateurs de la commissions d’enquêtes sur les aides publiques aux entreprises ou Olivier Faure. Des récompenses qui mettent en lumière une année politique marquée par la tension budgétaire, la recherche de compromis et le retour au premier plan du Parlement.

Le

Traitement des violences sexistes au sein des partis : « Tous les faits reprochés ne se valent pas », plaide Manuel Bompard
3min

Politique

La nomination d'Amélie de Montchalin à la tête de la Cour des comptes, une décision « aux antipodes de l'éthique », brocarde le sénateur Jean-Raymond Hugonet

Le sénateur LR Jean-Raymond Hugonet a interpellé le gouvernement sur la nomination d'Amélie de Montchalin, actuelle ministre du Budget, comme présidente de la Cour des comptes. L’élu dénonce un risque de conflit d’intérêts. Maud Bregeon, la porte-parole du gouvernement, accuse les oppositions de cibler la couleur politique d’Amélie de Montchalin.

Le

Paris : Proces Joel Guerriau et Sandrine Josso
2min

Politique

Condamnation de Joel Guerriau : Sandrine Josso reçue par Gérard Larcher, ce mercredi à 18h30

15 jours après la condamnation de l’ex-sénateur Joël Guerriau à quatre ans de prison, dont 18 mois ferme, pour avoir drogué en 2023 la députée Sandrine Josso en vue de la violer, Gérard Larcher va recevoir l’élue, ce mercredi. La députée avait fait part de son regret de ne pas avoir reçu de marque de soutien de la part du président du Sénat.

Le