Transition écologique: l’Assemblée contre une taxation de l’aérien à ce stade
La contribution supplémentaire de l'aérien à la transition écologique devra attendre: l'Assemblée nationale a rejeté vendredi une...

Transition écologique: l’Assemblée contre une taxation de l’aérien à ce stade

La contribution supplémentaire de l'aérien à la transition écologique devra attendre: l'Assemblée nationale a rejeté vendredi une...
Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

La contribution supplémentaire de l'aérien à la transition écologique devra attendre: l'Assemblée nationale a rejeté vendredi une série d'amendements au projet de loi d'orientation des mobilités (LOM), le gouvernement renvoyant le sujet "à l'échelle européenne".

Des socialistes, communistes, l'ex-ministre de l'Ecologie Delphine Batho (non-inscrite) et également 30 "marcheurs" entendaient, pour les vols nationaux, taxer le kérosène qui bénéficie d'une exonération de TICPE (taxe de consommation sur les produits énergétiques).

Celle-ci est "vécue comme une injustice sociale", alors que les automobilistes sont taxés sur le carburant, a soutenu la "marcheuse" Delphine Bagarry dans la nuit de jeudi à vendredi.

Dominique Potier (PS) a souligné la "très forte attente" qui s'est exprimée "chez les +gilets jaunes+, dans toutes les ONG" et s'est étonné que le sujet ne figure pas dans la LOM, alors que l'aérien est "l'un des modes de transport les plus polluants".

Mais, leur a rétorqué la ministre des Transports Elisabeth Borne, en référence au voeu d'Emmanuel Macron, "il faut qu'on ait cette réflexion sur la taxation du transport aérien à l'échelle européenne". Elle a aussi jugé "possible que le transport aérien puisse aller vers des avions zéro carbone".

Vendredi matin, les députés ont aussi rejeté un amendement PS suggérant l'application sur les billets d'une taxe d'empreinte carbone aérienne, en cas d'alternative ferroviaire comparable à l'avion sur tel ou tel trajet. Son produit aurait été reversé à l'Agence de financement des infrastructures de transport de France (AFITF).

Une taxe"assez complexe à mettre en oeuvre" qui toucherait "très très peu de vols", a objecté la corapporteure Bérangère Abba.

Comme les députés LR, Mme Borne a souhaité "éviter des réponses dont on ne mesure pas les effets" alors que le gouvernement devra remettre un rapport au 1er octobre sur la fiscalité dans l'aérien. Ce rapport permettra "d'éclairer le Parlement qui a l'objectif, comme le gouvernement, de faire contribuer le transport aérien davantage à la réduction des émissions de gaz à effet de serre", a-t-elle affirmé.

Elle a mis en garde contre les "distorsions de concurrence" et les risques de "dumping écologique et social", avec de telles taxes.

Porte-parole LREM sur le projet de loi, Damien Pichereau a assuré que "beaucoup" dans la majorité avaient "évolué" sur le sujet, mais a renvoyé aux discussions sur le projet de budget en fin d'année.

"On sort le joker", a rétorqué Christophe Bouillon (PS), tandis que Jean-Paul Lecoq (PCF) plaidait pour "un signal fort" et que Bertrand Pancher (Libertés et territoires) assurait qu'il ne "lâcher(ait) pas sur cette affaire".

La présidente de la commission du Développement durable Barbara Pompili (LREM, issue des rangs écologistes) a rappelé que les députés ont fait un premier pas. Ils ont introduit en commission une contribution - limitée - du transport aérien, via une réaffectation des surplus de recettes de la taxe de solidarité sur les billets d'avion, dite "taxe Chirac". Elle devrait rapporter 30 millions d'euros la première année, 40 à 50 millions d'euros les années suivantes.

Dans la nuit de vendredi à samedi, l'Insoumise Mathilde Panot a défendu en vain des amendements, proposés par LFI et Mme Batho, visant à interdire les vols intérieurs qui ne font pas économiser plus de deux heures trente par rapport à un même trajet en train ou dont les destinations sont accessibles en moins de cinq heures de train.

De telles mesures seraient "certainement contraire à la liberté d'entreprendre et à la liberté d'aller et venir", a jugé Mme Borne avant que les députés n'achèvent l'examen du texte. Celui-ci fera l'objet d'un vote solennel mardi.

Partager cet article

Dans la même thématique

The back-to-school campus of the Republicans party – Pavillon Baltard, Nogent-sur-Marne, 2026-09-12
4min

Politique

Logement : Bruno Retailleau propose de déduire de l’impôt, les intérêts d'emprunt pour un prêt immobilier, en fonction du nombre d'enfants

Face à la hausse des prix, notamment de l’énergie, et aux appels à la mobilisation contre la vie chère, le thème du pouvoir d’achat s’impose dans cette précampagne présidentielle. Lors d’une conférence de presse, mardi après-midi, Bruno Retailleau a rappelé ses principales mesures pour faire baisser le prix de l’essence, de l’énergie, et faire que le travail paye plus. En ce qui concerne le logement, le sénateur veut relancer le secteur en permettant de déduire de l’impôt, les intérêts d’emprunt pour un prêt immobilier en fonction du nombre d’enfants.

Le

La prochaine élection présidentielle aura lieu les 18 avril et 2 mai 2027 (source au sein de l’exécutif)
7min

Politique

Sondage : Jean-Luc Mélenchon et Édouard Philippe se disputent le second tour face à Marine Le Pen

Le Monde a sorti ce dimanche la troisième vague de son enquête en partenariat avec le Cevipof, Le Monde, la Fondation Jean Jaurès et l’Institut Montaigne sur la présidentielle. Regain d’intérêt pour la campagne et désir de radicalité dessinent une configuration où, pour l’instant, Marine Le Pen est en tête et Jean-Luc Mélenchon et Édouard Philippe se disputent l’accès au second tour.

Le

Bloche
11min

Politique

Violences sexuelles dans le périscolaire : que retenir de l'audition de Patrick Bloche au Sénat ?

L'ancien premier adjoint chargé de l'éducation, de la petite enfance et des familles à la mairie de Paris entre 2017 et 2024 puis premier adjoint, Patrick Bloche, est entendu ce mardi par la commission d'enquête sénatoriale sur le périscolaire en France, après son ancienne maire Anne Hidalgo. L'actuel édile de la capitale, Emmanuel Grégoire, doit à son tour être auditionné mercredi 16 septembre.

Le

Transition écologique: l’Assemblée contre une taxation de l’aérien à ce stade
4min

Politique

Dette : « Nous approchons à grand pas d’un accident financier majeur », alerte Bruno Le Maire

Invité de la matinale de Public Sénat, l’ancien ministre de l’Economie a tiré la sonnette d’alarme sur la situation financière de la France. Bruno Le Maire met sur la table plusieurs mesures d’économies sur les retraités et les fonctionnaires - tout en proposant une réforme institutionnelle profonde de la procédure budgétaire, réduisant notamment le droit d’amendement des parlementaires.

Le