Transports, logement, ville, numérique… ces ministères qui ont disparu du nouveau gouvernement
La composition du premier gouvernement d’Élisabeth Borne a-t-elle oublié certains ministères clefs ? Plusieurs portefeuilles, qui avaient leur propre titulaire sous Jean Castex, sont désormais rassemblés sous une même autorité. D’autres pourraient être redistribués à l’issue des élections législatives.

Transports, logement, ville, numérique… ces ministères qui ont disparu du nouveau gouvernement

La composition du premier gouvernement d’Élisabeth Borne a-t-elle oublié certains ministères clefs ? Plusieurs portefeuilles, qui avaient leur propre titulaire sous Jean Castex, sont désormais rassemblés sous une même autorité. D’autres pourraient être redistribués à l’issue des élections législatives.
Romain David

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La rumeur disait qu’Emmanuel Macron souhaitait un gouvernement resserré avant les législatives. Avec 24 ministres et quatre secrétaires d’Etat, le président de la République entame son second mandat avec une équipe un peu plus étoffée qu’en 2017, quand il avait nommé, après son arrivée à l’Elysée, 18 ministres et quatre secrétaires d’Etat. Le gouvernement Borne 1 reste toutefois plus petit que celui de son prédécesseur – 29 ministres et 12 secrétaires d’Etat sous Jean Castex. Conséquence : plusieurs portefeuilles sont passés à la trappe, ou ont été réattribués à des ministres aux compétences élargies, ce qui n’a pas manqué d’agacer certains membres de l’opposition ou des représentants des secteurs concernés.

Le superministère d’Amélie de Montchalin

Sept. C’est le nombre d’émoji « visage boudeur » qui accompagne le tweet de Karima Delli - « Pas de ministère des Transports ! » -, ce qui en dit suffisamment long sur l’agacement de l’eurodéputée écolo, présidente de la commission transports et tourisme à Strasbourg, après la présentation du nouveau gouvernement par Alexis Kohler, le secrétaire général de l’Élysée. L’ancien titulaire, Jean-Baptiste Djebbari, s’est retiré de la vie politique sans passer le flambeau. Ironie du sort : c’est comme ministre des Transports que la nouvelle Première ministre est entrée au gouvernement en 2017.

À Matignon, Élisabeth Borne aura également en charge l’épais dossier de la planification écologique, conformément à un engagement de campagne d’Emmanuel Macron. Un chantier d’envergure, sur lequel elle sera épaulée par deux ministres aux profils plutôt technos : Agnès Pannier-Runacher, nommée à la Transition énergétique, et Amélie de Montchalin, qui récupère la Transition écologique et la Cohésion des territoires, un portefeuille qui englobe aussi… les transports, comme l’a précisé cette dernière sur France Inter mardi matin. « Vous avez une ministre, elle est devant vous. Je suis ministre de plein exercice et je m’occupe de logement, de transport, de biodiversité », a déclaré Amélie de Montchalin. Une précision qui répond au passage à une seconde interrogation, sur le devenir du ministère du Logement, occupé jusqu’à la semaine dernière par Emmanuelle Wargon.

Mais cette situation ne semble guère satisfaire les syndicats, alors que les machinistes de la RATP entament ce mardi leur deuxième journée de grève. Le 17 mai, l’Union des transports publics et ferroviaires (UTP) appelait dans un communiqué le futur gouvernement à faire du « développement des transports publics et ferroviaires une priorité nationale du prochain quinquennat ». Plutôt diplomate, l’organisation syndicale a félicité sur Twitter Amélie de Montchalin pour sa nomination, mais précise « attendre désormais la nomination du ministre en charge des Transports. » À bon entendeur.

« Une bêtise administrative »

L’agacement est tout aussi palpable du côté du Logement. « On avait martelé beaucoup de messages. L’ensemble des acteurs du logement se sont accordés ces derniers mois pour réclamer ce ministère de plein exercice. Il y a pourtant de grands enjeux dans les mois et années à venir », s’est agacé Pascal Boulanger, président de la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI) dans les colonnes du Parisien. Amélie de Montchalin devrait également superviser le ministère de la Ville, occupée jusqu’à présent par Nadia Hai. « C’est, au choix, un véritable pied de nez aux Français les plus en difficulté, une bêtise administrative ou du petit calcul politique », a dénoncé auprès du journal Le Monde le sénateur Patrick Kanner, qui avait occupé cette fonction sous François Hollande.

Un Big Bang gouvernemental après les législatives ?

Mercredi, lors de sa première intervention en tant que porte-parole du gouvernement, Olivia Grégoire a tenu à déminer le terrain, précisant au sortir du Conseil des ministres : « Il y aura très certainement de nouvelles personnalités au sein du gouvernement spécifiquement dédiées par exemple aux transports, au logement, sous la supervision de la ministre Amélie de Montchalin directement placée sous la Première ministre ». En clair, les périmètres d’action des uns et des autres pourront être redéfinis à l’issue des législatives. D’autant que les ministres candidats seront priés de remettre leur démission en cas de défaite.

Il y a cinq ans, l’élection des députés avait été suivie d’un remaniement d’envergure : quatre départs pour onze arrivées. Certains portefeuilles laissés vacants avaient trouvé preneur à cette occasion, comme celui des Anciens combattants confié à Geneviève Darrieussecq. Il pourrait en être de même cette année, également pour le Commerce, l’Artisanat, et le Tourisme, trois secteurs qui viennent de passer deux années sous cloche en raison de la pandémie de covid-19. Ou encore le Numérique qui figure pour le moment dans les attributions de Bruno Le Maire, qui a conservé son siège à Bercy.

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