Mouvement des gilets jaunes, Belfort, 19 Jan 2019
Manifestation du mouvement des gilets jaunes, à Belfort, le 19 janvier 2019.

Transports, services publics, éducation : qui s’est mobilisé pour l’appel à la grève de ce 31 janvier ?

Douze jours après le « jeudi noir » ayant attiré entre 1 et 2 millions de personnes dans les rues, une deuxième journée de grève nationale se tient ce mardi 31 janvier. La CGT revendique 500 000 manifestants à Paris cet après-midi. Qui sont les secteurs en grève ?
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Par Romain Ferrier (avec AFP)

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Transports : Très fortement perturbé

La mention « Très fortement perturbé » pour désigner le trafic apparaît à de nombreuses reprises sur le site de la SNCF. Ainsi, les RER A et B, ainsi que les lignes H et U ne verront qu’un tiers des trains circuler, un chiffre s’élevant à un train sur 10 pour les RER C, D et E. Les TER seront absents en moyenne à 80 % sur tout le territoire, et entre 40 % et 75 % pour les TGV. Au total, le taux de grévistes à la SNCF atteint 36,5 % pour cette deuxième journée de mobilisation contre la réforme des retraites, contre 46,3 % lors de la première, le 19 janvier, a appris l’AFP de source syndicale. Cependant, la direction de la SNCF n’a pas souhaité confirmer ces chiffres, présentés comme provisoires et qui ne comportent pas de ventilation par métiers. La journée se déroule conformément aux prévisions de la direction. Pour la RATP, seules les lignes 1 et 14 circuleront normalement, ces deux lignes étant automatiques. En dehors des heures de pointe, les stations Reuilly-Diderot, Bastille et Champs Elysées - Clemenceau seront tout de même fermées sur la ligne 1. Sur les autres lignes de métro, entre 25 % et 50 % du trafic est assuré par les conducteurs, le détail pouvant être retrouvé sur le site de la RATP. Pour les transports aériens, les perturbations seront principalement engendrées par la grève des contrôleurs. A Paris-Orly, 80 % des vols seront assurés, tandis que l’aéroport de Roissy devrait pouvoir maintenir l’ensemble de ses vols. Toutefois, l’ampleur des perturbations pourrait être revue à la hausse, puisque des arrêts de travail de dernières minutes sont possibles dans les compagnies aériennes.

Dans l’enseignement, les professeurs mobilisés

Selon le Snuipp-FSU, premier syndicat des écoles primaires, 50 % des enseignants sont en grève ce 31 janvier. Le ministère de l’Education a de son côté revu ces chiffres à la baisse, en estimant que le taux d’enseignants grévistes était de 25,92 %, dont 26,65 % dans le primaire, soit bien en-deçà des chiffres des syndicats. Dans les collèges et les lycées, le Snes-FSU, premier syndicat du secondaire, prévoit « plus de 50 % de professeurs grévistes ». « La grève contre la réforme des retraites s’enracine dans les collèges et lycées », a d’ailleurs affirmé le syndicat dans un communiqué. Quant à lui, le ministère affirme qu’ils ne sont que 25,22 % pour le secondaire. Pour rappel, selon le syndicat, ils étaient 65 % durant le « jeudi noir », tandis que le ministère de l’Education annonce qu’ils étaient 38,5 % en moyenne, dont 42,35 % dans les écoles maternelles et élémentaires, et 34,66 % dans les collèges et lycées. « Pour la deuxième fois en dix jours, la grève est majoritaire dans le second degré. Preuve de la force de la mobilisation, une nouvelle fois des collèges sont fermés et, élément nouveau, des vies scolaires sont également fermées car totalement en grève », écrit le Snes-FSU dans un communiqué.

Un appel aux « mairies solidaires »

Des mairies, comme celle de Paris, Villejuif ou Montreuil, ont répondu à l’appel de certains syndicats et hommes politiques, les incitant à ne pas ouvrir. La maire socialiste de Paris, Anne Hidalgo, avait ainsi répondu au président du parti communiste Fabien Roussel, en affirmant sur France 2 que « l’hôtel de ville de Paris sera mairie solidaire le 31 en solidarité avec le mouvement social » et que « la situation est beaucoup trop grave ». Les crèches municipales de Montreuil fermeront aussi ce mardi à midi.

Dans le secteur de l’énergie, raffineurs, électriciens et gaziers très présents

Après 2 jours d’arrêt de travail, le 19 et 26 janvier, les raffineries se mobilisent aussi en masse. Selon la CGT, TotalEnergies comptera 75 % à 100 % de grévistes dans ses principales raffineries et ses dépôts de carburants. La multinationale a tout de même fait savoir que les approvisionnements de ses stations-service continueront, et qu’aucun manque de carburants n’est à prévoir. Chez EDF, la direction a annoncé 40,3 % de grévistes, contre 44,5 % le 19 janvier. Cela se remarque notamment à Martigues, où la CGT a fait savoir sur Twitter que « l’équipe de nuit est 100 % gréviste ». A la centrale de Cattenom, le taux de grévistes devrait être entre 75 % et 100 %, toujours pour le service de nuit. Parmi les actions organisées par la CGT, des coupures ciblées pourraient être organisées, à l’image du jeudi 19 janvier. Elles visent principalement les élus favorables à la réforme des retraites, mais aussi les milliardaires, afin de « faire vivre quelques heures la situation que vivent des millions de foyers » selon Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, ou Fabien Roussel le patron du PCF sur notre antenne. Des coupures d’électricité ont déjà eu lieu mercredi à Montluçon, sur les parcs éoliens et solaires. Comme pour les précédentes coupures, Enedis devrait porter plainte.

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