L’Assemblée nationale valide la suspension de la réforme des retraites
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Travail le 1er mai : après son rejet à l’Assemblée, le texte file en commission mixte paritaire où députés et sénateurs devront s’accorder

Les députes macronistes ont fait rejeter vendredi à l’Assemblée une proposition de loi sénatoriale qu’ils soutenaient visant à autoriser les salariés des boulangeries et fleuristes à travailler le 1er mai. Une manière de s’éviter des débats tendus face à une gauche vent debout contre la mesure. Les députés de la majorité espèrent s’accorder avec les sénateurs en commission mixte paritaire dans les prochains jours.
Christian Mouly

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Un coup tactique assumé. Ce vendredi, à l’Assemblée nationale, les députés du groupe macroniste Ensemble pour la République (EPR) présentaient dans leur niche parlementaire un texte d’origine sénatoriale visant à « protéger juridiquement » le travail de certains salariés le 1er mai, en particulier chez les boulangers et les fleuristes. Avec une contrainte : faire adopter la proposition d’ici 17 h 30, limite horaire non négociable des discussions.

Mais plutôt que de se lancer dans une course contre-la-montre rendue délicate par les quelque 200 amendements déposés par la gauche, les députés de la majorité présidentielle ont demandé le rejet préalable de leur texte. Motion de rejet adoptée par 120 voix (contre 105), grâce aux voix des macronistes, de la droite et du Rassemblement national. Une manière d’empêcher « l’obstruction parlementaire » de la gauche et d’envoyer directement le texte en commission mixte paritaire.

« Un détournement de procédure »

L’« obstruction rendait impossible l’examen de ce texte dans un délai raisonnable », s’est justifiée à la tribune la députée Nicole Dubré-Chirat (Renaissance) « On doit faire face à une obstruction comme d’habitude de La France insoumise, qui installe le chaos dans cet hémicycle à chaque texte », a abondé Laurent Wauquiez (droite républicaine) dans la foulée du rejet.

Prévue par le règlement de l’Assemblée nationale, la motion de rejet préalable avait déjà été utilisée de cette manière en 2025 pour la loi Duplomb sur la réintroduction de certains pesticides. À gauche, on y voit un détournement de cet outil, normalement aux mains de l’opposition. « C’est un détournement de procédure », a dénoncé la cheffe de file des écologistes Cyrielle Chatelain, tandis que sa collègue Clémentine Autain évoque un « 49-3 déguisé ».

Réunie devant l’Assemblée avec l’intersyndicale, vent debout contre cette « attaque du 1er mai », la patronne de la CGT a tout de suite dénoncé « un coup de poignard dans le dos des millions de travailleurs et travailleuses ».

Objectif : adoption avant le 1er mai prochain

Si les macronistes enjambent la séance à l’Assemblée, c’est qu’ils veulent accélérer le rythme pour faire adopter le texte d’ici le 1er mai prochain. L’objectif est d’apporter un satisfecit rapide aux boulangers et fleuristes, très remontés l’an passé lorsque certains ont fait l’objet de contrôles pour avoir fait travailler leurs salariés à l’occasion de la Fête des travailleurs, historiquement chômée et payée. Gabriel Attal s’est affiché à leurs côtés dans plusieurs vidéos sur les réseaux sociaux et leur a tous envoyé une lettre dans la semaine.

Lui et ses troupes ont désormais bon espoir de trouver un accord avec les sénateurs lors de la commission mixte paritaire (CPM) à venir. Pour cause : la proposition de loi émane de la chambre haute, qui l’a adoptée en juillet sous l’impulsion de la majorité de la droite et du centre. Cette CMP devrait se tenir « dans les tout prochains jours, pour une adoption définitive du texte dans la foulée », assurent les députés EPR.

Outre les boulangeries et les fleuristes, sont concernés les employés des cinémas et des théâtres. Seuls les salariés volontaires, moyennant un doublement du salaire horaire, seraient autorisés à travailler. 1,4 million de salariés seraient concernés, d’après la CGT qui, à l’unisson de la gauche et des autres syndicats, dénonce un volontariat factice dans le cadre de la relation de subordination entre employeurs et employés. Les organisations patronales sont quant à elle favorables à la mesure.

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