« La mainmise de l’extrême droite sur la culture, inquiète. Et ça, c’est normal ». La vice-présidente socialiste du Sénat et membre de la commission de la culture, Sylvie Robert est revenue sur la polémique qui fait suite à la menace du patron de Canal +, Maxime Saada de ne plus travailler avec les signataires d’une tribune dénonçant l’influence croissante de Vincent Bolloré sur le cinéma français.
La sénatrice, de retour du festival de Cannes, qualifie la menace de Maxime Saada « d’atteinte à la liberté d’expression ». « La réponse de Maxime Saada n’est pas à la hauteur. Cette liste noire est vraiment révélatrice d’une méthode extrêmement brutale. Ça n’est même pas disproportionné, c’est grave parce que c’est une atteinte à la liberté d’expression », s’est-elle émue.
Sylvie Robert appelle à sortir « par le haut » de ce bras de fer avec une « médiation ». « Pour dire que notre modèle de financement du cinéma français aujourd’hui est exceptionnel. Demain, il va y avoir une renégociation sur la chronologie des médias. A un moment, il faut qu’on puisse, parce que c’est une question de souveraineté, permettre à Canal, à l’audiovisuel public, de continuer à financer le cinéma français et qu’on ne soit pas dépendant des plateformes américaines ».
Le milliardaire conservateur, Vincent Bolloré qui vient de subir une autre fronde dans le monde de l’édition menée par quelque 200 auteurs publiés chez Grasset, laisse penser à Sylvie Robert qu’il ne faut « pas crier au loup. Parce que ce n’est pas un loup, c’est un ogre, M. Bolloré », a-t-elle conclu.