Tribune anti-Bolloré : les propos de Maxime Saada « rappellent les heures sombres du maccarthysme », dénonce le sénateur écologiste, Ronan Dantec

Lors des questions d’actualité au gouvernement du Sénat, le sénateur écologiste, Ronan Dantec a interpellé la ministre de la Culture, Catherine Pégard sur la menace du patron de Canal + d’écarter les signataires d’une tribune contre l’influence de Vincent Bolloré. « Ça rappelle les heures sombres du maccarthysme s’attaquant à Hollywood », a-t-il fustigé.
Rédaction Public Sénat

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La réponse de la ministre de la Culture, Catherine Pégard, interrogée mardi par les députés, sur les propos de Maxime Saada, président du directoire de Canal + n’a pas satisfait le sénateur écologiste, Ronan Dantec. Le patron du directoire de Canal + a affirmé qu’il ne souhaitait plus collaborer avec les signataires d’un texte dénonçant l’influence croissante de Vincent Bolloré sur le cinéma français. La ministre de la Culture, Catherine Pégard, a jugé cette réaction « disproportionnée ».

« Votre terme est ambiguë et inquiétant, ce n’est pas une question de proportion, c’est une question de principe démocratique intangible […] Maxime Saada « menace d’établir une liste noire de professionnels, d’acteurs et de réalisateurs devenus indésirables. Ce qui ne peut que rappeler les heures sombres du maccarthysme s’attaquant à Hollywood », a regretté Ronan Dantec.

Le sénateur a rappelé les obligations contractuelles de Canal + de « soutenir au cinéma français dans sa diversité » avant de demander à la ministre si l’Etat français était prêt à s’opposer à la prise de contrôle des UGC par Canal Plus et Vincent Bolloré. Les auteurs de la tribune s’inquiètent, en effet, de la montée en puissance de Vincent Bolloré dans la filière, alors que Canal + dont le groupe Bolloré détient environ 30 % du capital, a récemment pris 34 % d’UGC, avec une possible prise de contrôle à partir de 2028.

Catherine Pégard a, une nouvelle fois, dit souhaiter « que Canal +, continue à jouer ce rôle fondamental pour accompagner le cinéma, tout le cinéma ». « Plusieurs organisations professionnelles se sont exprimées en ce sens et je veux saluer leur esprit de responsabilité car ce qu’il faut retrouver, c’est le chemin du dialogue et de l’écoute dans l’intérêt de cette filière », a-t-elle ajouté.

Une réponse qui n’a toujours pas satisfait le sénateur qui a répondu : « Chaque tolérance face aux lignes rouges franchies prépare la capitulation. Les forces de l’argent ne doivent pas fixer les règles, surtout en matière de liberté d’expression. Il est plus que temps de livrer la bataille et de la gagner ».

 

 

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