Tribune des généraux :	« Il fait de la politique, le général Lecointre ? » s’interroge Nicolas Bay
Le député européen du Rassemblement national n’a pas apprécié les propos du chef d’Etat-major des armées, qui a dénoncé le « risque d’instrumentalisation » autour de la tribune polémique d’anciens officiers. Marine Le Pen leur avait apporté ouvertement son soutien.

Tribune des généraux : « Il fait de la politique, le général Lecointre ? » s’interroge Nicolas Bay

Le député européen du Rassemblement national n’a pas apprécié les propos du chef d’Etat-major des armées, qui a dénoncé le « risque d’instrumentalisation » autour de la tribune polémique d’anciens officiers. Marine Le Pen leur avait apporté ouvertement son soutien.
Public Sénat

Par Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

L’affaire de la tribune contre « le délitement » de la France signée par d’anciens militaires, dont une vingtaine de généraux, dans Valeurs actuelles le 21 avril continue d’enflammer le débat politique. Nicolas Bay, député européen du Rassemblement national, s’en est pris dans la matinale de Public Sénat au chef d’État-major des armées François Lecointre. Ce dernier a évoqué dans Le Parisien la mise à la retraite d’office pour les généraux en deuxième section signataires. « Lui-même s’affranchit dans la même interview de son devoir de réserve – il le fait sans doute sur instruction de l’Elysée. Il critique ouvertement, je cite, les femmes et les hommes politiques qui aujourd’hui instrumentalisent l’armée. Il fait de la politique, M. Lecointre ? »

Le militaire avait déploré la tournure prise par la politisation de l’affaire. « Cela me navre, c’est beaucoup de bruit pour rien. Les femmes et hommes politiques, qui prennent le risque d’instrumentaliser les armées pour en faire un objet de polémique, ne rendent pas service à la République. » « Le général Lecointre ferait mieux d’écouter les militaires, d’écouter les militaires de terrain qui s’inquiètent légitimement de la situation du pays », a ajouté le parlementaire du Rassemblement national.

Nicolas Bay dénonce une « malhonnêteté intellectuelle » du Premier ministre

Le rappel à l’ordre au gouvernement ne passe pas non plus au Rassemblement national. « C’est totalement mensonger, Jean Castex dit n’importe quoi », s’est insurgé le député européen Nicolas Bay (RN), ce 29 avril dans la matinale de Public Sénat. « Il y a une malhonnêteté intellectuelle de la part du Premier ministre et un manque de lucidité totale », a-t-il enchaîné.

Le soutien exprimé par la présidente du Rassemblement nationale Marine Le Pen, qui a invité les signataires de ce texte à la rejoindre, a été fermement condamné au gouvernement. « Ce pourrait donc être une affaire insignifiante s’il n’y avait pas une récupération politique, je le dis, tout à fait inacceptable », a réagi mercredi le Premier ministre, à l’issue du Conseil des ministres. Et d’ajouter : « Comment des gens - et Mme Le Pen en particulier - qui aspirent à exercer les responsabilités de l’État, peuvent-ils cautionner une initiative qui n’exclut pas de se retourner contre l’État républicain ? »

Selon Nicolas Bay, les militaires de la tribune, qui « ont conscience de ce que peut être le chaos dans un pays », « disent simplement que l’armée risque d’être appelée par les pouvoirs publics – c’est de ça dont il s’agit – si jamais on a une situation de désordre total. »

Le groupe d’anciens officiers s’était alarmé du « risque de guerre civile » dans le pays, dénonçant notamment « l’islamisme et les hordes de banlieue » ou encore les violences contre les Gilets Jaunes. « Si rien n’est entrepris, le laxisme continuera à se répandre inexorablement dans la société, provoquant au final une explosion et l’intervention de nos camarades d’active dans une mission périlleuse de protection de nos valeurs civilisationnelles et de sauvegarde de nos compatriotes sur le territoire national », avaient-ils prévenu. Avant d’ajouter : « Sachez que nous sommes disposés à soutenir les politiques qui prendront en considération la sauvegarde de la nation ». Hasard ou pas du calendrier, le texte avait été publié soixante ans, jour pour jour, après la tentative de putsch des généraux qui protestaient contre la politique de de Gaulle en Algérie.

Partager cet article

Dans la même thématique

Capture d’écran du documentaire « Michel Debré et La Réunion, dérives d’une ambition républicaine » d’Alice Cohen
4min

Politique

Les « docus de l’été » : L’histoire oubliée de l’île de La Réunion

C’est un chapitre méconnu de l’histoire de France : la politique menée par Michel Debré à La Réunion entre 1963 et 1988. Pendant vingt-cinq ans, l’ancien Premier ministre du général de Gaulle mettra tout en œuvre pour contenir les velléités autonomistes qui traversent l’île, notamment celles portées par les communistes réunionnais. Traumatisé par l’indépendance de l’Algérie, inquiet de la montée des mouvements anticoloniaux et frappé par la misère qui touche alors une grande partie de la population, il engage une politique volontariste de modernisation fondée sur de grands travaux, des investissements massifs mais aussi des mesures beaucoup plus contestées, comme le transfert de milliers de mineurs vers la métropole. Cette période complexe et controversée de l’histoire réunionnaise est au cœur du documentaire d’Alice Cohen, "Michel Debré et La Réunion", dérives d’une ambition républicaine à voir cet été sur Public Sénat.

Le

Assemblee Nationale – Questions au Gouvernement
4min

Politique

Sénatoriales 2026 : La France insoumise lance ses troupes à l’assaut d’un Sénat qui lui échappe encore

À deux mois des élections sénatoriales du 27 septembre, La France insoumise dévoile ses 90 têtes de liste dans les départements concernés par le renouvellement de la moitié de la Haute Assemblée. Sans aucun sénateur à ce jour, le mouvement de Jean-Luc Mélenchon espère transformer sa percée aux municipales en premiers sièges au Palais du Luxembourg.

Le

L Assemblee adopte l’interdiction des reseaux sociaux aux moins de 15 ans
5min

Politique

Réseaux sociaux : députés et sénateurs s’accordent sur une interdiction totale aux moins de 15 ans

Réunis en commission mixte paritaire ce lundi, les sept députés et sept sénateurs se sont mis d’accord sur l’interdiction de tous les réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Elle s’applique à toutes les plateformes, sans opérer de distinction comme le souhaitait initialement le Sénat. Emmanuel Macron veut appliquer le texte dès la rentrée, mais sa portée pourrait être limitée puisque la Commission européenne cherche à reprendre la main sur le sujet.

Le

Paris: Deputes dans la salle des quatre colonnes
7min

Politique

Sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône : dénonçant sa place sur la liste de Renaud Muselier, Valérie Boyer se lance de son côté

La sénatrice LR sortante, qui avait obtenu l’investiture à la troisième place d’une liste d’union UDI-Renaissance-LR, demandait la première place. Après avoir dénoncé un accord déséquilibré et se sentant « en décalage politique », Valérie Boyer décide de lancer sa liste dissidente. Renaud Muselier « regrette qu’elle ait cassé l’accord ». De quoi amener une dose d’incertitude de plus dans le scrutin.

Le