Tribune transpartisane sur l’immigration : Jean-François Copé dénonce une alliance « désolante »

Des députés Renaissance, Modem, Liot, et Nupes, ainsi que des sénateurs de gauche, publient ce mardi une tribune dans laquelle ils enjoignent le gouvernement à ne pas renoncer à la régularisation des travailleurs sans papiers dans les secteurs en tension, malgré la pression de la droite sur ce sujet. Invité de la matinale de Public Sénat, Jean-François Copé estime que le projet du gouvernement, trop clivant, ne pourra pas trouver de majorité.
Romain David

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L’aile gauche de la macronie n’entend pas se laisser dévorer par les exigences de la droite. Un groupe de 35 parlementaires, rassemblant des élus de la majorité, des sénateurs de gauche et des députés de la Nupes – à l’exception notable des LFI – signe ce mardi dans les colonnes du journal Libération une tribune sur l’immigration. Ils y défendent la régularisation des travailleurs sans papiers dans les secteurs en tension, l’un des piliers du projet porté par le gouvernement, et sur lequel LR et l’extrême droite tirent à boulets rouges depuis des mois.

Invité ce mardi de « Bonjour chez vous », la matinale de Public Sénat, Jean-François Copé, le maire LR de Meaux a dénoncé un attelage « désolant ». « J’ai beaucoup de mal à comprendre le choix des députés de la majorité. Vous imaginez si d’autres l’avaient fait avec l’extrême droite ? Ce serait un scandale national », relève-t-il. Cette tribune, dont la publication est attendue depuis plusieurs jours, est une manière pour une partie du camp présidentiel de faire pression sur l’exécutif qui pourrait être tenté d’élaguer le volet social de sa réforme, alors que LR, qui a servi à plusieurs reprises de force d’appoint à un gouvernement privé de majorité absolue, a fait de la régulation des travailleurs sans papier une ligne rouge.

Une arlésienne

« Ce texte bat de l’aile depuis le début, ce n’est pas la première fois qu’il est annoncé, déposé, puis retiré », rappelle Jean-François Copé. Une première mouture du projet de loi a été adoptée en début d’année en commission par le Sénat, la Chambre haute ayant eu la primeur de l’examen parlementaire. Mais la grogne sociale et la crise politique déclenchées en mars par la réforme des retraites ont poussé le gouvernement a suspendre le parcours législatif de ce texte. À plusieurs reprises, la Première ministre Elisabeth Borne a annoncé sa remise en chantier. Après sa rencontre fin août avec les chefs de partis, Emmanuel Macron s’est finalement engagé à faire de nouvelles propositions sur le sujet dans les prochaines semaines.

« Ce texte n’est pas près d’être voté », prédit Jean-François Copé. « Pour essayer de faire de la politique, on a concilié des choses qui n’ont rien à voir. Les métiers en tension ne sont pas un sujet migratoire mais un sujet économique et social », estime l’ancien ministre du Budget de Jacques Chirac. « Qu’est-ce qui fait qu’aujourd’hui les Français ont un système d’allocations suffisamment confortable pour refuser des postes dans certains secteurs ? C’est un sujet de formation et de motivation. […] », martèle l’élu. « Aller chercher des salariés d’autres pays pour ces métiers est aberrant. »

Tour de vis

Le projet porté par le gouvernement doit également permettre de renforcer le contrôle de l’immigration en France. Un volet sur lequel LR, favorable notamment à la mise en place de quotas, espère également peser. « Tant que l’on ne sera pas capable d’exécuter des obligations de quitter le territoire, tant que l’on ne pourra pas donner des réponses plus rapides aux demandes de visas, on sera incapable de traiter cette situation terrible », conclut Jean-François Copé.

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