« Trump aux petits pieds » : Christian Estrosi dénonce une campagne municipale « très peu digne » d’Eric Ciotti à Nice

À Nice, l’actuel maire (Horizons) Christian Estrosi et le député (UDR) Éric Ciotti se livrent une bataille acharnée pour emporter le plus de suffrages lors des prochaines élections municipales. Les deux camps n’hésitent pas à s’attaquer via les réseaux sociaux. « Éric Ciotti tronque des vidéos et essaie de faire passer de l’humour pour des attaques », estime Christian Estrosi, après la publication d’un enregistrement volé relayé par son rival.
Théodore Azouze

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Piques répétées, montages vidéos… À Nice, la bataille pour emporter la mairie de la ville fait rage. Éric Ciotti et Christian Estrosi, autrefois alliés, n’hésitent aujourd’hui plus à s’invectiver, en particulier sur les réseaux sociaux, pour défendre leurs candidatures respectives. Dernier épisode en date ? La publication par le député UDR, en début de semaine, d’un enregistrement volé de l’actuel maire niçois sur son compte X. Dans cet extrait, on perçoit Christian Estrosi filmé à son insu, en train de plaisanter en public sur les boulistes et les membres de la chambre de commerce de la métropole. 

Des propos jugés « insultants » et « scandaleux » par Éric Ciotti. Contre-attaque immédiate : ce dernier « tronque des vidéos et essaie de faire passer de l’humour pour des attaques », répond ce mercredi 21 janvier Christian Estrosi, invité de la matinale de Public Sénat. Il estime que son rival mène une campagne « très peu digne ». Pour se différencier, l’édile (Horizons) fait surtout valoir son « expérience », après 17 ans – entrecoupés d’une période d’un peu moins d’un an en 2016-2017 – passés à la tête de la mairie. « Je pense qu’il est temps de revenir un peu sur le fond », juge Christian Estrosi. 

Démission d’une des figures de la liste Ciotti

Sur la côte d’Azur, un autre coup de théâtre a marqué l’actualité électorale cette semaine. Pressenti pour devenir le premier adjoint d’Éric Ciotti, l’homme d’affaires Jean-Pierre Rivère a finalement démissionner de la liste de l’ex-président des Républicains. En cause : un risque d’éventuel conflit d’intérêt, qui pourrait mettre à mal la légalité de la victoire de son camp en cas de succès dans les urnes. Jean-Pierre Rivère a en effet repris fin décembre en urgence la présidence de l’OGC Nice, le club de football professionnel de la ville, mal en point au classement en Ligue 1. 

Pour les partisans de Christian Estrosi, une telle fonction n’était pas compatible, aux yeux de la loi, avec une candidature au scrutin municipal. « Le sentiment que j’ai, [c’est] qu’ils ne connaissent même pas le droit électoral lorsqu’ils avancent tel ou tel nom », tacle le maire ce mercredi. De façon plus générale, il regrette que le camp ciottiste fasse selon lui « des erreurs les unes derrière les autres » depuis le début de la campagne. De quoi afficher sa « sérénité » dans cette nouvelle course à l’hôtel de ville. « Je ne crains rien, j’ai un bilan qui est exceptionnel », poursuit-il. « Nous allons garder notre cap et notre ligne sans nous laisser détourner par quoi que ce soit. »

Éric Ciotti, un « Trump aux petits pieds » pour Christian Estrosi

Enfin, l’ex-ministre sous Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy n’a pas manqué de critiquer son adversaire sur sa vision des relations internationales. Christian Estrosi qualifie ainsi Éric Ciotti de « Trump aux petits pieds », qui « idolâtre » le président américain. Alors que le milliardaire républicain vient de menacer les vins et champagnes français de nouvelles sanctions douanières, il dénonce les positions de son opposant sur la question. Celles-ci reviendraient « quelque part » à « soutenir les politiques américaines, qui pourraient porter atteinte à nos agriculteurs qui aujourd’hui n’en peuvent plus », assure Christian Estrosi.

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