« Trump aux petits pieds » : Christian Estrosi dénonce une campagne municipale « très peu digne » d’Eric Ciotti à Nice

À Nice, l’actuel maire (Horizons) Christian Estrosi et le député (UDR) Éric Ciotti se livrent une bataille acharnée pour emporter le plus de suffrages lors des prochaines élections municipales. Les deux camps n’hésitent pas à s’attaquer via les réseaux sociaux. « Éric Ciotti tronque des vidéos et essaie de faire passer de l’humour pour des attaques », estime Christian Estrosi, après la publication d’un enregistrement volé relayé par son rival.
Théodore Azouze

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Piques répétées, montages vidéos… À Nice, la bataille pour emporter la mairie de la ville fait rage. Éric Ciotti et Christian Estrosi, autrefois alliés, n’hésitent aujourd’hui plus à s’invectiver, en particulier sur les réseaux sociaux, pour défendre leurs candidatures respectives. Dernier épisode en date ? La publication par le député UDR, en début de semaine, d’un enregistrement volé de l’actuel maire niçois sur son compte X. Dans cet extrait, on perçoit Christian Estrosi filmé à son insu, en train de plaisanter en public sur les boulistes et les membres de la chambre de commerce de la métropole. 

Des propos jugés « insultants » et « scandaleux » par Éric Ciotti. Contre-attaque immédiate : ce dernier « tronque des vidéos et essaie de faire passer de l’humour pour des attaques », répond ce mercredi 21 janvier Christian Estrosi, invité de la matinale de Public Sénat. Il estime que son rival mène une campagne « très peu digne ». Pour se différencier, l’édile (Horizons) fait surtout valoir son « expérience », après 17 ans – entrecoupés d’une période d’un peu moins d’un an en 2016-2017 – passés à la tête de la mairie. « Je pense qu’il est temps de revenir un peu sur le fond », juge Christian Estrosi

Démission d’une des figures de la liste Ciotti

Sur la côte d’Azur, un autre coup de théâtre a marqué l’actualité électorale cette semaine. Pressenti pour devenir le premier adjoint d’Éric Ciotti, l’homme d’affaires Jean-Pierre Rivère a finalement démissionner de la liste de l’ex-président des Républicains. En cause : un risque d’éventuel conflit d’intérêt, qui pourrait mettre à mal la légalité de la victoire de son camp en cas de succès dans les urnes. Jean-Pierre Rivère a en effet repris fin décembre en urgence la présidence de l’OGC Nice, le club de football professionnel de la ville, mal en point au classement en Ligue 1. 

Pour les partisans de Christian Estrosi, une telle fonction n’était pas compatible, aux yeux de la loi, avec une candidature au scrutin municipal. « Le sentiment que j’ai, [c’est] qu’ils ne connaissent même pas le droit électoral lorsqu’ils avancent tel ou tel nom », tacle le maire ce mercredi. De façon plus générale, il regrette que le camp ciottiste fasse selon lui « des erreurs les unes derrière les autres » depuis le début de la campagne. De quoi afficher sa « sérénité » dans cette nouvelle course à l’hôtel de ville. « Je ne crains rien, j’ai un bilan qui est exceptionnel », poursuit-il. « Nous allons garder notre cap et notre ligne sans nous laisser détourner par quoi que ce soit. »

Éric Ciotti, un « Trump aux petits pieds » pour Christian Estrosi

Enfin, l’ex-ministre sous Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy n’a pas manqué de critiquer son adversaire sur sa vision des relations internationales. Christian Estrosi qualifie ainsi Éric Ciotti de « Trump aux petits pieds », qui « idolâtre » le président américain. Alors que le milliardaire républicain vient de menacer les vins et champagnes français de nouvelles sanctions douanières, il dénonce les positions de son opposant sur la question. Celles-ci reviendraient « quelque part » à « soutenir les politiques américaines, qui pourraient porter atteinte à nos agriculteurs qui aujourd’hui n’en peuvent plus », assure Christian Estrosi.

Partager cet article

Dans la même thématique

Tarbes Hautes Pyrenees manifestation contre la reforme des retraites
6min

Politique

SÉRIE D’ÉTÉ - Emmanuel Macron, 10 ans après, quel bilan ? Le serpent de mer de la réforme des retraites

Que reste-t-il des promesses électorales d’Emmanuel Macron ? Alors que le second quinquennat s’achève, Public Sénat profite de la pause estivale pour passer au crible les principaux engagements pris par le chef de l’Etat lors de ses deux campagnes présidentielles, en 2017 et 2022. Au menu de ce deuxième épisode : la réforme des retraites, sorte de serpent de mer des quinquennats Macron - d’abord interrompue, puis reprise dans la douleur, et finalement décalée pour sauver le budget.

Le

« Trump aux petits pieds » : Christian Estrosi dénonce une campagne municipale « très peu digne » d’Eric Ciotti à Nice
4min

Politique

VSS dans le sport : « On est passé de 10 cas à 400 par an » alerte ce sénateur

Mathilde De Kerangat, ex-athlète olympique de voile, révélait en 2022 avoir été victime d’agressions sexuelles de la part de son entraîneur quand elle pratiquait l’athlétisme entre l’âge de 7 et 11 ans. Aujourd’hui, elle s’engage au sein de l’observatoire des violences sexistes et sexuelles dans le sport et s’engage auprès des plus jeunes pour faire de la prévention. Elle témoigne dans l’émission Sport etc. présentée par Caroline Delage.

Le

La sélection de la rédaction

Paris: Meeting E. Gregoire elections municipales Mairie de Paris
5min

Politique

Municipales à Paris : À la Bellevilloise, la gauche se rassemble sous la bannière « Tout sauf Dati »

Pour son premier grand meeting de campagne, mercredi à la Bellevilloise, le candidat socialiste de la gauche unie (hors LFI) a cherché à s’imposer comme le visage du rassemblement progressiste à Paris. Emmanuel Grégoire a attaqué frontalement la droite et l’extrême droite, tout en admettant que la majorité sortante devait « faire mieux » sur la propreté et la sécurité, un aveu destiné à marquer une inflexion, sans renier l’héritage d’Anne Hidalgo. REPORTAGE

Le