Tuerie à la préfecture: Castaner reconnaît des « failles » et exclut de démissionner
Le ministre de l’Intérieur a admis dimanche que la tuerie de la préfecture de police a mis en évidence des "failles" dans le suivi de Mickaël...

Tuerie à la préfecture: Castaner reconnaît des « failles » et exclut de démissionner

Le ministre de l’Intérieur a admis dimanche que la tuerie de la préfecture de police a mis en évidence des "failles" dans le suivi de Mickaël...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Le ministre de l’Intérieur a admis dimanche que la tuerie de la préfecture de police a mis en évidence des "failles" dans le suivi de Mickaël Harpon, l'assaillant proche de l'islam radical qui a tué quatre de ses collègues, mais a exclu de présenter sa démission, réclamée à droite et à l'extrême droite.

"Évidemment, il y a eu des failles (...). Évidemment, il y a eu du dysfonctionnement", a estimé Christophe Castaner sur TF1, trois jours après l'attaque meurtrière perpétrée par cet informaticien de 45 ans, en poste dans une unité de renseignement de la préfecture de police.

Le ministre a notamment déploré qu'aucun "signalement" ne soit remonté aux autorités de la préfecture après que Mickaël Harpon a justifié dès juillet 2015 devant des collègues l'attentat contre Charlie Hebdo, qui avait eu lieu quelques mois auparavant.

Photo non datée de Mickael Harpon, l'informaticien qui a assassiné 4 personnes au sein de la préfecture de police de Paris le 3 octobre 2019 avant d'être tué
Photo non datée de Mickael Harpon, l'informaticien qui a assassiné 4 personnes au sein de la préfecture de police de Paris le 3 octobre 2019 avant d'être tué
AFP

Selon M. Castaner, un policier en charge de la radicalisation avait alors rencontré les collègues de M. Harpon et leur avait demandé "expressément s'ils voulaient faire un signalement administratif". "Ils auraient décidé de ne pas faire de signalement", a affirmé le ministre de l'Intérieur, estimant que "le dysfonctionnement se fait à ce moment-là".

Critiqué pour avoir affirmé jeudi, quelques heures après l'attaque, que l'assaillant n'avait "jamais présenté de difficultés comportementales" ni le "moindre signe d'alerte", le ministre a tenté de se justifier dimanche.

"Je suis affirmatif dans le fait qu'aucun signe n'était apparu dans le dossier administratif de l'individu qui laissent penser qu'il puisse être radicalisé. Je vous le redis et je le dis hélas car si un signe était apparu, peut-être aurions nous pu éviter cela", a déclaré le ministre, dénonçant le "procès politique" instruit par ceux qui réclament sa démission ou dénoncent son incompétence.

véhicule de police et pompiers autour de la préfecture de police de Paris où 4 personnes ont été tuée, le 3 octobre 2019
véhicule de police et pompiers autour de la préfecture de police de Paris où 4 personnes ont été tuée, le 3 octobre 2019
AFP/Archives

"La question (de la démission) se pose-t-elle? Non", a ainsi affirmé M. Castaner, qui a déjà reçu le soutien du Premier ministre. Dans les colonnes du JDD, Edouard Philippe a ainsi dit avoir "toute confiance" en son ministre, déjà mis sous pression à plusieurs reprises depuis son arrivée à Beauvau à l'automne 2018.

Partager cet article

Dans la même thématique

First Debate of the French Socialist Party Primary – Paris EB
6min

Politique

« Maintenant, il doit rassembler tout le monde » : les sénateurs PS attendent « des signes » d’unité de Raphaël Glucksmann

Après sa victoire écrasante à la primaire, les sénateurs PS seront « au service » de la campagne de Raphaël Glucksmann, assure leur président de groupe, Patrick Kanner, qui compte « inviter » le candidat devant le groupe. Mais plusieurs attendent qu’il montre par les actes sa volonté d’union. « Nous travaillons à un organigramme de rassemblement », assure le sénateur Alexandre Ouizille, directeur de la communication dans l'équipe de Raphaël Glucksmann.

Le

Patrick Kanner
2min

Politique

Les groupes PS, PCF et écologiste du Sénat appellent à un « cordon sanitaire » et à « ne rien céder » face au nouveau groupe RN

« Il ne peut y avoir ni ambiguïté, ni accommodement, ni complaisance : le cordon sanitaire doit se traduire par des actes », soutiennent dans un communiqué commun les groupes PS, communiste et écologiste du Sénat, face à la création du premier groupe RN/UDR de la Haute assemblée. Ils appellent à ne rien voter qui émanerait de l’extrême droite.

Le

Illustrations – SUPERMARCHE – CARREFOUR EXPRESS
4min

Politique

Cyberattaque contre des frigos connectés de supermarchés : « Des systèmes de réfrigération exposés sur Internet », alertent des experts en cybersécurité

300 magasins Intermarché/Netto, plusieurs du groupement E. Leclerc, 80 supermarchés Carrefour, 80 magasins U et une trentaine de Monoprix ont été touchés par une cyberattaque d’ampleur. Les hackers ont ciblé les systèmes de régulation frigorifique à distance du fabricant danois Danfoss. La vulnérabilité du logiciel avait pourtant déjà été repérée il y a quelques années par des experts en cybersécurité lors de différents audits.

Le

Tuerie à la préfecture: Castaner reconnaît des « failles » et exclut de démissionner
7min

Politique

Gel des retraites au-delà de 1280 euros : « Un effort nécessaire, pour ne pas créer de fracture générationnelle », justifie le ministre David Amiel

Le ministre des Comptes publics assure que le gouvernement n’est pas dans l’affrontement des générations, avec son projet de désindexation partielle des pensions de retraite. Il souligne qu’il laissera le choix du curseur aux parlementaires, et la possibilité d’être plus souple, le cas échéant, avec l’évolution de l’abattement fiscal dont bénéficient les retraités.

Le