Une tuerie préméditée, perpétrée par un homme à la "vision radicale de l'islam" et en contact avec la mouvance "salafiste": le procureur...
Tuerie à la préfecture de police: l’auteur lié à l’islam « radical »
Une tuerie préméditée, perpétrée par un homme à la "vision radicale de l'islam" et en contact avec la mouvance "salafiste": le procureur...
Par Eléonore DERMY et Grégory DANEL
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Une tuerie préméditée, perpétrée par un homme à la "vision radicale de l'islam" et en contact avec la mouvance "salafiste": le procureur national antiterroriste a confirmé samedi le scénario jihadiste de l'attaque de la préfecture de police de Paris.
Ces nouveaux éléments sur le drame, survenu jeudi au cœur d'un prestigieux service de renseignement, ont donné une tournure politique à l'affaire, droite et extrême-droite dénonçant les failles du système et pointant la responsabilité du ministre de l'Intérieur.
Deux jours après les faits, Jean-François Ricard, procureur au parquet national antiterroriste (PNAT) a esquissé un premier portrait du tueur et donné de nombreux détails sur son périple meurtrier, lors d'une conférence de presse.
L'assaillant, informaticien de 45 ans affecté au service technique de la Direction du renseignement de la préfecture de police (DRPP) depuis 2003, "aurait adhéré à une vision radicale de l'islam".
Converti à l'islam il y a une "dizaine d'années", Mickaël Harpon était en contact "avec plusieurs individus susceptibles d'appartenir à la mouvance islamiste salafiste", a-t-il ajouté.
Les premières investigations ont relevé son "approbation de certaines exactions commises au nom de cette religion", "son souhait de ne plus avoir certains contacts avec des femmes", "sa justification" des attentats de Charlie Hebdo en 2015, "son changement d'habitude vestimentaire depuis quelques mois", a ajouté le procureur, avant de détailler le périple meurtrier de "sept minutes" d'une "violence inouïe" de l'auteur, atteint de surdité.
Périmètre de sécurité autour de la Préfecture de police de Paris le 3 octobre 2019
AFP
Cet homme au casier judiciaire vierge mais qui avait fait l'objet d'une procédure pour violences conjugales en 2009, abandonnait en effet "toute tenue occidentale au profit d'une tenue traditionnelle pour se rendre à la mosquée", a-t-il expliqué.
Par ailleurs, l'étude de la téléphonie accrédite aussi la piste de la préparation d'un acte violent. Il s'agirait notamment d'échanges de "33 SMS" le matin du drame avec son épouse, dont la garde à vue a été prolongée samedi pour 48 heures.
"Au cours de cette conversation, l'auteur des faits a tenu des propos à connotation exclusivement religieuse qui se sont terminés par ces deux expressions: +Allah akbar+ puis +suis notre prophète bien aimé, Muhammad, et médite le Coran", a relaté le procureur.
Il aurait, selon les témoignages dans son entourage, tenu "des propos similaires dans la nuit", a-t-il aussi indiqué.
- "Dysfonctionnements" -
Le matin même de l'attaque, l'assaillant a acheté deux couteaux, un "couteau de cuisine métallique" de 33 centimètres, et "un couteau à huîtres", qu'il a dissimulés sur lui. C'est à l'aide de ces couteaux qu'il a blessé mortellement, entre 12H53 et 13H00, deux policiers et un agent administratif de son service.
Localisation de la préfecture de police de Paris, lieu de l'agression meurtrière perpétrée par un agent de la préfecture jeudi, qui a tué 4 de ses collègues
AFP
Il a ensuite tué une policière et blessé une employée des ressources humaines ainsi qu'un autre fonctionnaire, avant d'être abattu par un policier stagiaire dans la cour de la préfecture, située au cœur historique de la capitale.
Après 24 heures d'enquête, le PNAT s'est saisi vendredi de l'enquête, sous les qualifications d'"assassinat et tentative d'assassinat sur personne dépositaire de l'autorité publique en relation avec une entreprise terroriste", ainsi que pour "association de malfaiteurs terroriste criminelle".
Depuis, ce drame a pris une tournure politique, droite et l'extrême-droite réclamant la mise en place d'une commission d'enquête à l'Assemblée pour "faire la lumière" sur des "dysfonctionnements" et demandant la démission du ministre de l'Intérieur.
"L'affaire est très grave". Il faut la prendre "très au sérieux parce qu'elle engage la sécurité, l'efficacité de nos services de renseignement", a déclaré à l'AFP le patron des députés Les Républicains Christian Jacob.
Peu après l'attaque jeudi, le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner avait indiqué que cet employé "n'avait jamais présenté de difficultés comportementales", ni "le moindre signe d'alerte". Ce dernier s'exprimera de nouveau dimanche sur TF1.
Néanmoins, le Premier ministre Edouard Philippe a affirmé samedi soir dans une interview au JDD avoir "toute confiance en Christophe Castaner", mais a annoncé le lancement de deux missions d'évaluation des agents de la lutte antiterroriste.
De son côté, l'Elysée a annoncé qu'une cérémonie en hommage aux victimes se tiendrait mardi à 11H00 à la PP en présence d'Emmanuel Macron.
La puissante préfecture de police qui fait face depuis des mois de puissants vents contraires - affaire Benalla, crise des "gilets jaunes" et critiques sur la gestion du maintien de l'ordre dans la capitale - est de nouveau en pleine tourmente avec ce drame.
"Il est difficilement explicable qu'il soit passé sous les radars de la DRPP", un service dont l'une des missions est justement la lutte contre le terrorisme, explique une source policière qui pronostique "un séisme" à venir.
"Cette tragédie est d'autant plus terrible (...) qu'elle a été portée par l'un d'entre nous", a reconnu le préfet Didier Lallement, qui a tenté de prévenir toute polémique sur les procédures de contrôle à la PP. Selon lui, les conditions de sécurité à l'intérieur de la préfecture "sont absolues" et "ne sont pas en cause".
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