Twitter : « Si certains propriétaires de réseaux sociaux font de l’idéologie à tout prix, et bien on ferme ! », menace Geoffroy Didier
Depuis le rachat en avril 2022 de Twitter par l’intriguant ou inquiétant Elon Musk, c’est selon, l’Europe est en alerte. En quelques mois, le milliardaire américain a restauré des dizaines de milliers de comptes auparavant suspendus pour désinformation et en a fait fermer d’autres de manière autoritaire. Mais les 27 haussent le ton et compte sur la nouvelle législation européenne pour contrer les dérives des réseaux sociaux.

Twitter : « Si certains propriétaires de réseaux sociaux font de l’idéologie à tout prix, et bien on ferme ! », menace Geoffroy Didier

Depuis le rachat en avril 2022 de Twitter par l’intriguant ou inquiétant Elon Musk, c’est selon, l’Europe est en alerte. En quelques mois, le milliardaire américain a restauré des dizaines de milliers de comptes auparavant suspendus pour désinformation et en a fait fermer d’autres de manière autoritaire. Mais les 27 haussent le ton et compte sur la nouvelle législation européenne pour contrer les dérives des réseaux sociaux.
Public Sénat

Par Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

« En Europe, l’oiseau volera selon nos règles européennes ». Quelques mots résumés en un tweet. Voilà la mise en garde du commissaire européen chargé du marché européen Thierry Breton à l’endroit d’Elon Musk en octobre 2022, juste après son rachat du géant américain Twitter. En quelques mois, le milliardaire américain a transformé la culture de l’entreprise à marche forcée en rétablissant notamment des dizaines de milliers de comptes appartenant à des complotistes ou des opposants à la vaccination, faisant craindre le grand retour de la désinformation et des fake news tous azimuts sur Twitter. Dans le même temps, les comptes de plusieurs journalistes ont été suspendus, mettant à mal la liberté d’expression sur le réseau social.

Une amende pouvant aller jusqu’à 6 % du chiffre d’affaires mondial

Face aux excès d’Elon Musk, l’Union européenne dispose de nouveaux garde-fous avec le DSA (Digital Services Act). Une réglementation adoptée à la fin de l’année 2022, censée agir contre la désinformation, le piratage en ligne et les discours de haine. Un réel progrès, inédit, en la matière pour l’eurodéputé français (PPE) Geoffroy Didier. Avec le DSA si les plateformes ne retirent pas les contenus illégaux, « on pourra obtenir une condamnation avec pour la première fois des sanctions financières, qui pourront aller jusqu’à 6 % de leur chiffre d’affaires mondial. Ce qui va faire plier Elon Musk c’est quand il va se rendre compte qu’à force de ne pas respecter la loi, si telle est sa volonté, il va finir par perdre de l’argent. » Le DSA ne peut pas encore s’appliquer puisqu’il n’entrera en vigueur qu’à l’automne 2023. Mais déjà l’élu français envisage d’aller plus loin dans le duel qui oppose l’UE aux toutes puissantes plateformes numériques. « Je suis effectivement favorable à ce que les amendes soient de plus en plus dissuasives, si on se rend compte qu’elles ne sont pas respectées. Et si malgré cela, il y a certains propriétaires de réseaux sociaux qui font de l’idéologie à tout prix et qui sont prêts à tout et à ne pas respecter les règles les plus élémentaires qui soient et bien on ferme ! », assume Geoffroy Didier.

« On n’a pas osé s’attaquer au modèle économique »

Fermer Twitter ? Patrick Breyer, eurodéputé allemand du parti libertaire des pirates n’en rêve pas. Mais il aurait souhaité que l’Union européenne aille plus beaucoup plus loin dans sa régulation des géants du numérique. « Les algorithmes des plateformes de capitalisme de surveillance, encouragent et amplifient les contenus controversés, les plus extrêmes. Parce que ce sont les contenus que les utilisateurs regardent et qui restent en ligne. Il aurait fallu s’attaquer au modèle économique pour vraiment s’attaquer aux contenus illicites mais on n’a pas osé faire ça. » Un rendez-vous manqué, et pour longtemps, regrette l’élu allemand.

Revoir l’intégralité de l’émission en replay

Partager cet article

Dans la même thématique

Screenshot
5min

Politique

Au Cirque d’Hiver, Pierre-Yves Bournazel s’offre Edouard Philippe et Gabriel Attal pour relancer sa campagne

À un peu plus d’un mois du premier tour des municipales parisiennes, Pierre-Yves Bournazel a sorti l’artillerie lourde. En réunissant Édouard Philippe et Gabriel Attal sur la même scène du Cirque d’Hiver, le candidat centriste tente de redonner de l’élan à une campagne en difficulté, marquée par des sondages poussifs, un déficit de notoriété et le récent départ de son directeur de campagne. Reportage – Paris XIe

Le

Twitter : « Si certains propriétaires de réseaux sociaux font de l’idéologie à tout prix, et bien on ferme ! », menace Geoffroy Didier
8min

Politique

OnlyFans, Mym : dans un climat parfois tendu, le Sénat vote un texte contre l’exploitation sexuelle en ligne

Le Sénat a adopté une proposition de loi de la sénatrice LR Marie Mercier, qui vise à lutter contre les « proxénètes 2.0 », qui sévissent sur les plateformes proposant des services sexuels personnalisés. Le texte a été largement modifié, avec la création d’« une nouvelle infraction inspirée de la traite des êtres humains ». Mais cette définition sera inefficace, selon la sénatrice PS Laurence Rossignol, dont les échanges avec la rapporteure Lauriane Josende ont été particulièrement tendus.

Le

Rachida Dati, copyright : Romain David pour Public Sénat
8min

Politique

Police municipale, désendettement, métro… Rachida Dati détaille son programme pour Paris et appelle Pierre-Yves Bournazel au rassemblement

Sommée de quitter le gouvernement d'ici la fin de la semaine, Rachida Dati accélère sa campagne parisienne. Elle a dévoilé mardi 10 février un programme de rupture pour la capitale, marqué notamment par des mesures sur la propreté, la sécurité et la réduction de la dette de la ville. Derrière le socialiste Emmanuel Grégoire dans les sondages, elle exhorte Pierre-Yves Bournazel, candidat de centre-droit, à l'unité pour mettre fin à l'hégémonie de la gauche dans la capitale.

Le

Paris: Questions au gouvernement Assemblee nationale
6min

Politique

La nomination d’Amélie de Montchalin à la Cour des comptes : « Un choix politique en forme de provocation », pour Jean-François Husson

Emmanuel Macron s’apprête à nommer la ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin à la tête de la Cour des comptes. Un choix contesté par les élus de la chambre haute. Si les qualités de la quarantenaire ne sont pas remises en cause, les élus pointent le risque de conflit d’intérêts alors que la Cour des comptes présentera dans les mois à venir un rapport sur l’exécution du budget qu’Amélie de Montchalin a défendu.

Le