Uber Files : Alexis Corbière (LFI) n’exclut pas de lancer une commission d‘enquête
Invité de notre matinale, Alexis Corbière est revenu sur les révélations du Monde dans le cadre de l’enquête « Uber Files. » Des faits « très graves », d’après le député LFI, qui estime que le Président de la République devra « s’expliquer. » Il évoque aussi la création d’une commission d’enquête à l’Assemblée nationale.

Uber Files : Alexis Corbière (LFI) n’exclut pas de lancer une commission d‘enquête

Invité de notre matinale, Alexis Corbière est revenu sur les révélations du Monde dans le cadre de l’enquête « Uber Files. » Des faits « très graves », d’après le député LFI, qui estime que le Président de la République devra « s’expliquer. » Il évoque aussi la création d’une commission d’enquête à l’Assemblée nationale.
Louis Mollier-Sabet

Temps de lecture :

3 min

Publié le

« C’est très grave », assène d’emblée Alexis Corbière. Après une enquête du consortium international des journalistes d’investigation, Le Monde a entre autres révélé hier soir l’existence d’un « deal secret » entre Uber et Emmanuel Macron, qui aurait œuvré pour déréguler le marché des VTC, quand il était ministre de l’Economie, alors que le gouvernement socialiste de l’époque y était plutôt hostile. « Dans cet accord, Emmanuel Macron a dérégulé la réglementation en matière de taxi, il a essayé de modifier la décision d’un préfet. Laurent Nunez le nie, mais il y a une chronologie troublante », détaille ainsi Alexis Corbière.

« Un Président ne peut pas être un lobbyiste au service d’intérêts privés »

En tout cas, le député LFI-Nupes de Seine-Saint-Denis a « une certaine idée de la République » qui fait « qu’un Président ou quelqu’un qui veut le devenir ne peut pas être un lobbyiste au service d’intérêts privés et d’une entreprise nord-américaine qui cherche à contourner et ne respecte pas les réglementations. »

D’après lui, le « modèle » Uber est un modèle « d’ultraprécarité qui ne produit rien de bon » : « Je ne suis pas pour qu’Uber se développe et s’installe dans le pays. Je suis pour des protections, des systèmes de cotisation. Quand on voit qu’initialement il y avait 250 heures prévues de formation et que M. Macron est intervenu pour qu’il n’y ait que 7h de formation, c’est de la dégradation pour tout le monde, y compris le client. »

Une commission d’enquête ? Il faudrait qu’un autre groupe de la Nupes reprenne la commission d’enquête sur l’inflation

En ce qui concerne les suites politiques de cette enquête journalistique, Alexis Corbière mise sur les premières questions au gouvernement de la législature, qui se tiendront mardi à l’Assemblée et mercredi au Sénat, mais aimerait aller plus loin : « On va discuter avec nos amis de la Nupes d’une commission d’enquête, il faut urgemment faire toute la clarté là-dessus. » Seul problème, LFI avait déjà prévu de lancer une commission d’enquête sur l’inflation pour essayer de déterminer dans quelle mesure celle-ci pourrait être due à de la spéculation, et aurait ainsi déjà épuisé son « droit de tirage » d’une commission d’enquête par session parlementaire.

« Vue l’ampleur de la chose, cela peut bousculer le calendrier que l’on avait prévu, il faut une discussion politique, que l’on mette en place une sorte de gare de triage », explique Alexis Corbière, qui évoque à demi-mot la possibilité qu’un autre groupe de la Nupes reprenne la commission d’enquête sur l’inflation pour que LFI puisse lancer une commission d’enquête sur les faits révélés par les Uber Files. En tout état de cause, pour lui, « c’est la moindre des choses » qu’Emmanuel Macron s’explique. « S’il ne le fait pas, on est dans l’irresponsabilité présidentielle de la Vème République, en gros ‘je suis élu, je fais ce que je veux.’ »

Partager cet article

Dans la même thématique

Nationwide protests over cost of living – Dijon
6min

Politique

Mouvement lycéen : Un « semi mea culpa » du gouvernement sur la gestion de la crise

Interviewé ce mercredi sur la chaîne YouTube Hugo Décrypte, Emmanuel Macron s’est dit « dans le soutien et la compassion » des élèves blessés lors des manifestations et blocus. De son côté, ce jeudi, Edouard Geffray, ministre de l’Education, reconnaît que le gouvernement aurait « dû être plus rapide » dans sa gestion de la crise. A l’approche de la rentrée scolaire, la communication du gouvernement semble vouloir donner des signes d’apaisement.

Le

FRA – ASSEMBLEE – 4 COLONNES
8min

Politique

Après la proposition de primaire de Gabriel Attal, rejetée par le camp Philippe et Retailleau, le blocage perdure

En proposant une « grande primaire des démocrates », Gabriel Attal ne fait qu’un « exercice de communication » pour avoir un « prétexte » pour se maintenir, dénonce-t-on dans l’équipe de campagne d’Edouard Philippe. « Ce ne sont pas les ego qui doivent parler mais bien le sens de la responsabilité », soutient la députée Prisca Thévenot, proche du candidat Renaissance.

Le

Uber Files : Alexis Corbière (LFI) n’exclut pas de lancer une commission d‘enquête
4min

Politique

Ultra droite dans les rues le 24 octobre : « Il n'y a eu aucune complaisance des forces de l'ordre », selon Laurent Nuñez

Interpellé par le sénateur PS Hussein Bourgi durant les questions au gouvernement sur les violences des groupuscules d’extrême droite lors de la manifestation du 24 octobre, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez affirme qu’il n’y a eu « aucune complaisance » des forces de l’ordre et qu’il y aura bien « des actions judiciaires ».

Le