UE : Faut-il maintenir la règle des 3 % ? « Une question dépassée » pour Macron
Emmanuel Macron a dévoilé jeudi les ambitions économiques de la France pour l’Union européenne, dont elle assurera la présidence semestrielle à partir de janvier. Le chef de l’Etat a évoqué la nécessité d’établir « des règles budgétaires pour rester sérieux », laissant toutefois entendre que la règle d’or d’un déficit public annuel sous les 3 % du PIB était dépassée.

UE : Faut-il maintenir la règle des 3 % ? « Une question dépassée » pour Macron

Emmanuel Macron a dévoilé jeudi les ambitions économiques de la France pour l’Union européenne, dont elle assurera la présidence semestrielle à partir de janvier. Le chef de l’Etat a évoqué la nécessité d’établir « des règles budgétaires pour rester sérieux », laissant toutefois entendre que la règle d’or d’un déficit public annuel sous les 3 % du PIB était dépassée.
Public Sénat

Par Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

La France à la barre. Lors d’une conférence de presse à l’Elysée, jeudi 9 décembre, le chef de l’État a détaillé les axes politiques de la présidence française du Conseil européen, qui débutera le 1er janvier 2022 pour six mois. Il a notamment consacré un long moment à décrire le modèle européen de croissance qu’il souhaitait impulser à l’occasion de cette présidence. Avec la crise sanitaire, les règles budgétaires européennes ont été mises « entre parenthèses », a rappelé Emmanuel Macron. « Nous devrons revenir à des règles qui seules permettent la convergence de nos économies », a-t-il expliqué, balayant l’hypothèse d’un retour au cadre fixé par les accords de Maastricht au début des années 1990. « Nous ne pouvons pas faire comme si rien ne s’était passé », a-t-il expliqué.

Interrogé sur le maintien de la sacro-sainte règle des 3 %, selon laquelle le déficit annuel public d’un État ne peut pas dépasser 3 % de son PIB, et qui a été mise à mal pendant la crise du covid-19, en raison des fonds déboursés pour maintenir à flot les économies à l’arrêt, le chef de l’État a estimé qu’il fallait « repenser le cadre budgétaire » de l’Europe. « La question, ça n’est pas pour ou contre les 3 %. Cette question est dépassée », a balayé le président de la République. Avant de nuancer : « Il faut des règles budgétaires pour rester sérieux, sinon il n’y a plus de confiance. »

« Il faut des règles de convergence financière. La question c’est : comment articuler le sérieux budgétaire et la convergence des Européens avec une ambition indispensable pour nous tous », a encore déclaré Emmanuel Macron, qui recevra vendredi à l’Elysée le nouveau chancelier allemand Olaf Scholz, l’occasion « d’une discussion stratégique » sur ces règles budgétaires européennes. « Il nous faut sortir de nos vieux tabous et de nos vieux fétiches », a encore répété Emmanuel Macron.

Quatre axes pour redéfinir la croissance européenne

La France accueillera à Paris, les 10 et 11 mars, un sommet des 27 chefs d’État et de gouvernement européens autour de la redéfinition d’un modèle de croissance, a annoncé le président français. Cette rencontre sera articulée autour de quatre axes :

> La capacité à produire au lendemain de la crise du covid-19,

> Concilier développement économique et ambitions climatiques,

> Faire de l’Europe une puissance numérique,

> Proposer aux travailleurs des emplois de qualité, mieux rémunérés.

Un environnement favorable au développement des entreprises innovantes

« Nous nous sommes fixé un cadre ambitieux (la neutralité carbone en 2050 et une réduction de 55 % des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030, ndlr). Cela ne suppose pas de produire moins et de consommer moins, mais d’innover », a insisté Emmanuel Macron qui souhaite donner la priorité aux investissements « dans le numérique et l’écologique ».

Il entend notamment débloquer des fonds européens de financement des startups et des acteurs les plus innovants du numérique en mobilisant les investisseurs institutionnels. « Cela nous permettra d’aller plus vite, mais aussi de défendre la souveraineté de nos acteurs », c’est-à-dire d’éviter que ces entreprises n’aillent chercher des fonds en dehors du continent, a plaidé Emmanuel Macron,

Il a également évoqué une série de « filières industrielles fortes pour structurer le monde de 2030 », dans lesquelles l’Europe devra imposer sa marque : l’hydrogène, le domaine spatial, le cloud, les semi-conducteurs, la défense, les batteries, la santé, ou encore les industries culturelles et créatives.

Lutter contre le dumping social

Sur le volet social, Emmanuel Macron a rappelé la vocation de l’UE à définir « des préférences collectives et des équilibres sociaux ». « Si notre Europe ne protège pas mieux les plus faibles, si elle laisse prospérer le dumping social, alors apparaît un marché sans règle où les classes moyennes et populaires ne s’y retrouvent plus. C’est cette Europe-là qui a nourri le Brexit, ne nous y trompons pas ! », a-t-il averti. « Nous devons avoir, partout en Europe, une obsession : créer des emplois et lutter contre le chômage de masse », a encore martelé Emmanuel Macron.

Partager cet article

Dans la même thématique

4min

Politique

Esclavage : « L’identité française est faite de grands récits et de grands crimes », reconnaît Emmanuel Macron

A l’occasion des 25 ans de la loi Taubira, reconnaissant la traite et l’esclavage comme crime contre l’humanité, l’Elysée organisait une cérémonie de commémoration ce jeudi 21 mai. Le Président de la République est revenu sur le devoir de reconnaissance de ces crimes. Il a, pour la première fois, abordé le sujet de la réparation, quelques mois après l’abstention de la France sur le vote de la reconnaissance de l’esclavage et de la traite comme « pire crime contre l’humanité » à l’ONU.

Le

Gabriel Attal walks in Bordeaux
4min

Politique

Présidentielle 2027 : en Aveyron, Gabriel Attal officialise sa candidature

C’est fait, Gabriel Attal a mis fin au faux suspense sur sa candidature à la présidentielle. Le patron de Renaissance a officialisé sa candidature, ce vendredi et devrait être sur la ligne de départ en 2027. Dans l’Aveyron, l’ancien Premier ministre a fait part de son ambition de succéder à Emmanuel Macron. Il faudra d’abord tuer le match avec Edouard Philippe pour être le candidat légitime du bloc central.

Le

French ruling Renaissance party holds political meeting in Arras
6min

Politique

Gabriel Attal, à l’heure du grand saut présidentiel ?

Dans l’Aveyron, loin des ors parisiens, l’ancien premier ministre doit officialiser vendredi sa candidature à l’Élysée. Une entrée en campagne pensée comme un antidote au procès en déconnexion qui colle au macronisme et comme un adversaire à Édouard Philippe pour le leadership du bloc central.

Le

ZFE la fin des Zones a Faibles Emissions votee par l Assemblee Nationale
3min

Politique

Loi de « simplification » : le Conseil constitutionnel censure la suppression des ZFE et l’assouplissement du ZAN

Le Conseil constitutionnel a censuré ce jeudi 21 mai plusieurs articles emblématiques de la loi de « simplification économique », parmi lesquels la suppression des zones à faibles émissions (ZFE) et un assouplissement des règles du « zéro artificialisation nette » (ZAN). Jugées sans rapport direct avec le projet de loi initial, ces dispositions ont été qualifiées de « cavaliers législatifs ». Au total, 25 articles sur 84 ont été censurés totalement ou partiellement, au terme d’un feuilleton parlementaire de deux ans.

Le