UE: Peillon critique Valls sur la souveraineté des États

UE: Peillon critique Valls sur la souveraineté des États

Vincent Peillon, candidat à la primaire organisée par le PS, a critiqué mardi les positions de son concurrent Manuel Valls sur l...
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Vincent Peillon, candidat à la primaire organisée par le PS, a critiqué mardi les positions de son concurrent Manuel Valls sur l'Europe, estimant que vouloir "l'Europe pour avoir davantage de souveraineté des États" revenait à "ne pas vouloir d'Europe intégrée".

"J'ai entendu Manuel Valls déclarer dans un meeting que, pour lui, l'Europe devrait donner davantage de souveraineté aux États. J'avais compris, mais c'est peut-être mon aspect scolaire qui m'est tant reproché, qu'on construisait l'Europe par des transferts de souveraineté", a ironisé M. Peillon à l'antenne de France Inter.

"Quand on commence à dire +je veux l'Europe pour avoir davantage de souveraineté des Etats+ ça veut dire qu'on ne veut pas d'Europe intégrée, ça veut dire qu'on ne veut pas de pilotage de la monnaie commune, ça veut dire qu'on ne veut pas de défense commune", a déploré l'eurodéputé socialiste.

Lundi, l'ancien Premier ministre avait évoqué la question européenne lors d'un déplacement dans l'Aude, en défendant une "Europe souveraine".

"L’Europe, ce n’est pas la fin des nations, de nos nations souveraines. C’est une fédération d’Etats-nations. Ce doit être de la souveraineté en plus pour nos pays !", a-t-il dit devant 300 à 400 personnes.

Cette "Europe souveraine" est une Europe qui "taxe tous les produits qui veulent entrer en Europe sans respecter ces valeurs", "une Europe qui dit où sont ses frontières", "une Europe qui choisit avec qui elle veut commercer dans le monde et qui est capable de dire non lorsque le compte n’y est pas", a-t-il dit, en mentionnant le traité transatlantique Tafta.

L'ancien ministre de l’Éducation nationale a également critiqué les positions de l'ex-ministre de l’Économie, Emmanuel Macron, candidat à la présidentielle sans passer par la primaire.

"L'Europe aujourd’hui n'est pas, comme Macron le dit, la solution à tous nos problèmes", a-t-il estimé, pointant notamment du doigt la directive sur le détachement des travailleurs européens.

"Nous devons agir dans le cadre européen, mais nous ne devons pas raconter aux gens que l'Europe va résoudre tous nos problèmes, elle crée aussi des problèmes", a-t-il poursuivi.

"Vous pensez que la ligne sur la défense de la Pologne, de la France et de l'Italie est la même ? Non, c'est très complexe, on n'a pas les mêmes intérêts et on a du mal à parler d'une voix commune", a-t-il regretté.

"Dans le cadre de la nation, il nous a fallu deux siècles pour être capables de conquérir le suffrage universel, l'assurance maladie, les retraites. Dans le cadre de l'Europe qui est le nouveau grand cadre démocratique, il nous faudra du temps", a-t-il analysé.

"Entre ce refus de parler de l’Europe et cette +eurobéatitude+, il faut tracer un chemin", a-t-il conclu.

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