Ukraine : « Zelenski nous a dit qu’il ne négocierait pas avec Poutine », relate Jean-Louis Bourlanges
Invité de notre matinale, Jean-Louis Bourlanges est revenu sur la visite de la délégation de l’Assemblée nationale en Ukraine. Il a senti un Zelenski déterminé et voit dans les dernières déclarations de Vladimir Poutine se dessiner des positions « pas dénuées d’une volonté de solution rationnelle », tout en craignant qu’une telle proposition ne divise dans le camp occidental.

Ukraine : « Zelenski nous a dit qu’il ne négocierait pas avec Poutine », relate Jean-Louis Bourlanges

Invité de notre matinale, Jean-Louis Bourlanges est revenu sur la visite de la délégation de l’Assemblée nationale en Ukraine. Il a senti un Zelenski déterminé et voit dans les dernières déclarations de Vladimir Poutine se dessiner des positions « pas dénuées d’une volonté de solution rationnelle », tout en craignant qu’une telle proposition ne divise dans le camp occidental.
Louis Mollier-Sabet

Temps de lecture :

4 min

Publié le

« Très impressionnant. » La visite en Ukraine de la délégation de l’Assemblée nationale présidée par Yaël Braun-Pivet a visiblement marqué les députés présents, et notamment le président de la commission des Affaires étrangères. « C’est toujours très impressionnant, cette longue nuit en train, puis on arrive dans un pays totalement en guerre et mobilisé, très accueillant. Zelensky était d’une absolue détermination. Il nous a dit qu’il ne négocierait pas avec Poutine. Avec les Russes oui, mais qu’il fallait qu’ils changent de gouvernement », relate Jean-Louis Bourlanges. « Les actions de Poutine l’ont discrédité comme interlocuteur. Mais si on attend un changement hypothétique de gouvernement sur lequel personne n’a prise en Russie, cela veut dire qu’on ne négociera pas avant très longtemps. En même temps, on ne voit pas sur quoi négocier », analyse, en bon centriste, le député MoDem.

« L’idée de Poutine est de diviser la communauté internationale »

Mais si certains ont vu une escalade dans le dernier discours « très violent et très dur » de Vladimir Poutine vendredi dernier, Jean-Louis Bourlanges y décèle des signaux plus complexes : « C’est très compliqué d’interpréter le discours de Poutine. Il s’est surtout tourné vers le peuple russe pour dire que la Russie avait réussi à tirer des avantages de la guerre avec ces 4 régions rattachées. ‘Nos enfants ne sont pas morts pour rien’, en quelque sorte. Cela peut être la base d’une négociation pour lui. » Et Jean-Louis Bourlanges d’ajouter : « Le discours de M. Poutine n’était pas dénué d’une certaine volonté de solution rationnelle. Il essaie de trouver une voie pour se sortir de l’impasse dans laquelle il s’est mise, en expliquant ‘on arrête les frais, on garde les quatre provinces et la Crimée et vous encaissez ça, sinon vous aurez froid.’ »

Une porte de sortie acceptable ? Pas pour l’Occident, d’après le président de la commission des Affaires étrangères, qui craint qu’une telle proposition ne divise les Européens et les Américains : « Cette proposition est inacceptable par l’Ukraine. L’idée de Poutine est de diviser la communauté internationale, et notamment des pays fragiles comme le nôtre avec des Poutiniens dans la population. On a le RN directement branché sur M. Poutine et chez LFI, même si c’est plus partagé, il y a quand même l’idée de ne pas aider militairement les Ukrainiens. »

Le député MoDem n’en démord pas, le RN, notamment, n’a jamais été « clair » dans sa relation au régime de Vladimir Poutine : « Le RN développe l’idée qu’il ne faut pas faire de sanctions parce qu’elles pénalisent les Français. Or il est clair que les Russes sont arrivés assez loin dans la privation. Ils détachent les puces sur le matériel ménager pour les affecter à des équipements militaires, il y a un extrême essoufflement de l’économie russe, qui est la conséquence des sanctions. L’essentiel c’est de continuer à asphyxier la haute technologie russe et d’alimenter l’Ukraine en armement, en munition. »

Dans tous les cas, Jean-Louis Bourlanges rejoint en dernière instance l’analyse de Volodymyr Zelenski, la solution passe probablement par une « alternance » russe, sous quelque modalité que ce soit : « La solution, c’est que les Russes changent de dirigeant. Ça existe. Un an après Cuba, les Soviétiques se sont débarrassés de Khrouchtchev. »

Partager cet article

Dans la même thématique

Ukraine : « Zelenski nous a dit qu’il ne négocierait pas avec Poutine », relate Jean-Louis Bourlanges
2min

Politique

PMA : « pour un projet on ne peut plus intime on ne devrait pas avoir à traverser des frontières », déplore cette lyonnaise après neuf tentatives

C’est historique. Pour la première fois depuis la seconde guerre mondiale, le nombre de décès en France a dépassé celui des naissances en 2025. Mais à rebours de cette tendance démographique, certains couples se battent pour avoir des enfants. C’est le cas d’Eugénie, originaire de Lyon, qui a été contrainte de partir à l’étranger pour bénéficier d’un parcours de PMA plus rapide. Interrogée par Quentin Calmet, elle témoignage de ses obstacles et difficultés dans l’émission Dialogue Citoyen.

Le

Paris : Vote on the 2026 budget bill at the Senate
8min

Politique

[Série 4/4] Macron et le Sénat, 10 ans de relations : du « Sénat bashing » à « une forme d’aura » retrouvée

Le Sénat et Emmanuel Macron. Bientôt 10 ans d’une relation tumultueuse, faite de moments électriques, de réchauffement, de pragmatisme et d’attaques. Une décennie de vie politique et parlementaire, sur laquelle publicsenat.fr revient cet été. Dix ans de macronisme auront finalement permis au Sénat, souvent critiqué, de redorer son blason. Rôle de contre-pouvoir renforcé avec les commissions d’enquête, travail législatif mis en lumière, hémicycle apaisé et constructif par rapport à l’Assemblée : c’est la recette qui a permis à la Haute assemblée de réaffirmer son rôle institutionnel.

Le

Ukraine : « Zelenski nous a dit qu’il ne négocierait pas avec Poutine », relate Jean-Louis Bourlanges
3min

Politique

« Il peut y avoir des moments festifs sans pour autant être obligé de boire » juge la sénatrice communiste Cathy Apourceau-Poly

En ce début d’année, un million de Français ont choisi de ranger leurs verres pour relever le défi du « dry january » ou « janvier sobre ». Une pause bienvenue dans un pays où l’alcool est omniprésent dans la vie sociale et reste responsable de milliers de morts chaque année. Souvent taboue et parfois accentuée par la pression sociale, l’addiction à l’alcool constitue un enjeu de santé publique majeur. Comment réduire les risques ? l’addictologue Delphine Moisan et la sénatrice communiste Cathy Apourceau-Poly sont les invitées de l’émission Et la santé ça va ? pour en débattre.

Le

francois-patriat-en-septembre-dernier-photo-sipa-jeanne-accorsini-1680805422
6min

Politique

« Adieu Fanfan » : le sénateur François Patriat, ancien socialiste, fidèle d'Emmanuel Macron est mort à l'âge de 83 ans 

Le sénateur de Côte-d’Or est décédé à l’âge de 83 ans. En 2016, François Patriat avait été parmi les premiers soutiens d’Emmanuel Macron, au moment où il se lançait dans la campagne présidentielle. Jusqu’en 2026, le Bourguignon restera l’un des plus proches soutiens du président de la République. Le dernier acte d’une très longue carrière de parlementaire entamée dans les années 80.

Le