Un an après la dissolution, Gérard Larcher estime que « c’est la présidentielle qui redonnera le nouveau souffle dont nous avons besoin »

Invité de Public Sénat ce vendredi 6 juin, le président du Sénat est longuement revenu sur la situation du pays. À ses yeux, seule la prochaine présidentielle permettra de mettre fin au blocage politique lié à la dissolution. Evoquant également l’urgence budgétaire, il estime que « l’année blanche est une piste sérieuse ».
Romain David

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« Une faute dont nous payons les conséquences aujourd’hui ». Pratiquement un an jour pour jour après la dissolution, Gérard Larcher, le président du Sénat, ne mâche toujours pas ses mots à l’encontre de la décision d’Emmanuel Macron de déclencher des législatives anticipées. Invité ce vendredi 6 juin de l’émission « Sens Public » sur Public Sénat, le deuxième personnage de l’Etat a évoqué la fragmentation du paysage politique, qui a conduit à une paralysie partielle du parlementarisme, avec une Assemblée nationale privée de majorité. « Nous sommes dans une faible capacité à réformer les choses, c’est l’une des conséquences de la décision du président de la République », regrette Gérard Larcher.

« Nous voyons bien que c’est la présidentielle qui va refonder le nouveau souffle dont nous avons besoin », lâche-t-il. Une manière aussi de solder implicitement l’avenir politique du chef de l’Etat, deux ans avant la fin de son mandat. « Je ne crois pas au ‘en même temps’, il faut retrouver cette alternance entre la gauche, le centre et la droite. Je constate que le PS est faible, et je ne dis pas que cela me réjouit pour la démocratie », ajoute-t-il, alors que le parti à la rose apparaît profondément divisé avec la réélection, sur le fil, d’Olivier Faure comme Premier secrétaire.

La proportionnelle « ne peut pas être un calcul politique »

Gérard Larcher ne cache pas non plus ses critiques à l’égard de la proportionnelle. Le Premier ministre s’est lancé dans un cycle de consultations sur ce thème, estimant qu’une réforme du mode de scrutin aux législatives permettrait d’éviter, à l’avenir, les situations de blocage. « Je constate qu’une partie des formations qui constituent le gouvernement y sont hostiles, pas seulement Les Républicains », pointe-t-il, évoquant notamment les ministres issus d’Horizons, le parti d’Edouard Philippe.

« Pour la politique, il faut de la proportionnelle, or la proportionnelle éloigne le parlementaire député du territoire, d’un territoire et des citoyens qui le composent », poursuit le sénateur des Yvelines. « Je crois en la proximité, ça ne peut pas être un calcul politique. »

Sur le budget 2026, « l’année blanche est une piste sérieuse »

Alors que l’exécutif espère dégager 40 milliards d’euros d’économies dans le prochain budget, pour rectifier la trajectoire du déficit public, Gérard Larcher indique que la majorité sénatoriale de droite et du centre présentera ses propres propositions en la matière « fin juin », et non le 11 comme initialement annoncé.

« Nous devons retrouver une trajectoire d’équilibre, et en même temps avoir une efficacité de la dépense publique », martèle Gérard Larcher. « L’année blanche est une piste sérieuse », confirme-t-il. « Cela frappera tout le monde, l’Etat, les collectivités, mais aussi le secteur de la Santé », énumère l’élu qui appelle à construire « un budget réaliste ».

Préparer 2027

Enfin, revenant sur l’élection écrasante de Bruno Retailleau à la présidence des LR, Gérard Larcher rappelle que le Vendéen a devant lui un programme chargé pour mettre en ordre de marche le parti vers les prochaines échéances électorales. « Bruno Retailleau a suscité une espérance », salue-t-il.

« Il doit réorganiser notre formation politique, lui redonner un corpus d’idées, faire des propositions. Nous les ferons très bientôt dans le cadre de notre premier Congrès », énumère le président du Sénat. « Nous allons préparer les municipales, au niveau local, mais aussi en recherchant de nouveaux candidats, pas seulement dans les grandes villes. Derrière ça, nous aurons à choisir celui qui portera les couleurs de la famille LR [pour 2027, ndlr], et qui sera le mieux placé pour empêcher l’extrême droite, ou l’extrême gauche, de l’emporter », conclut-il.

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Pas d’union à gauche Lors du débat organisé Public Sénat, France Télévisions ICI Occitanie et la radio ICI Hérault organisaient, les protagonistes ont rappelé leur position. « Je constate que depuis que j’ai l’honneur d’être maire de Montpellier, LFI pilonne l’ensemble des mesures que nous portons et met plus d’énergie dans la critique de l’action d’un maire de gauche que contre l’extrême droite », a justifié Michaël Delafosse qui précise, néanmoins, n’avoir eu qu’un adversaire lors de cette campagne : c’est l’extrême droite. Nathalie Oziol a estimé que l’absence de l’extrême droite au second tour à Montpellier, c’était grâce à la France Insoumise. Dans cette configuration, l’union de la gauche n’était pas nécessaire car le choix des électeurs, selon elle, résidait entre le « système socialiste en place » et les Insoumis. L’homme d’affaires, milliardaire, propriétaire du club de rugby local, Mohed Altrad qui, contrairement à 2020, n’a pas fait d’alliance pour le second tour avec l’humoriste Rémi Gaillard et une autre candidate de gauche Alenka Doulain, s’est présenté comme un homme qui n’était pas politique mais qu’il s’éloignerait « le plus possible » de son entreprise s’il était élu. Transports Michael Delafausse a défendu la mesure phare de son mandat, la gratuité des transports, financée par le versement mobilité, même si un rapport de la Cour des comptes a jugé la mesure coûteuse et peu efficace pour inciter les Montpelliérains à ne pas prendre leur voiture. Nathalie Oziol soutient la mesure mais la considère mal appliquée. « Des trams et des bus ont diminué en fréquence. Nous n’avons pas vérifié si le maillage territorial était suffisant », a-t-elle reproché. Autre dossier, le COM (le Contournement Ouest de Montpellier), une voie qui doit relier deux autoroutes pour désengorger la circulation en centre-ville, dont les travaux doivent démarrer cette année, est contesté par les adversaires du maire sortant. « Le COM permettra de contourner Montpellier plutôt que d’envoyer tout le trafic vers l’avenue de la Liberté. C’est financé par les péages », a défendu Michaël Delafosse. « Hors de question. C’est notre A69 à nous. C’est une aberration environnementale, les arbres coupés… C’est une 10 voix qui va passer sous les fenêtres des Montpelliérains », a dénoncé la candidate LFI. Mohed Altrad s’y est montré lui favorable mais à condition que le COM ne soit pas payant pour les Montpelliérains. Sécurité En ce qui concerne la police municipale, Nathalie Oziol, a défendu son désarmement. « Il faut que la police municipale devienne une police de proximité qui fasse le lien avec les habitants ». 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