Un an de présidence Macron: la « société civile » à l’épreuve du gouvernement
Le premier gouvernement du quinquennat d'Emmanuel Macron, dirigé par Edouard Philippe, a fait la part belle à des personnalités issues de la ...

Un an de présidence Macron: la « société civile » à l’épreuve du gouvernement

Le premier gouvernement du quinquennat d'Emmanuel Macron, dirigé par Edouard Philippe, a fait la part belle à des personnalités issues de la ...
Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Le premier gouvernement du quinquennat d'Emmanuel Macron, dirigé par Edouard Philippe, a fait la part belle à des personnalités issues de la "société civile", avec des profils contrastés, du médiatique Jean-Michel Blanquer à l'Education à la discrète Françoise Nyssen à la Culture.

- Jean-Michel Blanquer (Éducation). "C'est un des rares techniciens politiques. C'est pour cela qu'il réussit", relève un responsable de droite. Cet ancien directeur général de l'enseignement scolaire --N.2 officieux du ministère sous Nicolas Sarkozy-- connaissait déjà bien la rue de Grenelle. Parmi ses principales mesures réellement lancées figurent le dédoublement des classes de CP et de CE1 en éducation prioritaire et la réforme du bac, profondément modifié à partir de 2021.

- Muriel Pénicaud (Travail). Cette ancienne DRH chez Danone passée par le cabinet de Martine Aubry a réussi le premier défi du quinquennat: les ordonnances réformant le droit du travail. Ses chantiers en cours: la réforme de la formation, de l'apprentissage et de l'assurance-chômage. Ses interlocuteurs louent sa connaissance des sujets. Mais son passé professionnel lui vaut aussi des polémiques, notamment sur une plus-value réalisée chez Danone deux mois après un plan de départs volontaires. La justice enquête, par ailleurs, sur des soupçons de favoritisme chez Business France, agence de promotion de l'économie française à l'étranger, dont elle était alors directrice générale.

- Agnès Buzyn (Santé). Ancienne présidente du collège de la Haute Autorité de santé, elle a rapidement réussi à imposer le passage à onze vaccins obligatoires pour les enfants nés depuis le 1er janvier. Elle a aussi porté l'augmentation progressive du prix du paquet de cigarettes à 10 euros. Mais sur l'alcool, ses positions tranchées ont dû être assouplies. Elle a aussi été accusée d'avoir tardivement réagi dans la crise du Levothyrox. L'ex-belle-fille de Simone Veil est aussi confrontée au profond malaise des soignants dans les hôpitaux et à la grogne dans les Ehpad.

De gauche à droite: Jean-Michel Blanquer, Frédérique Vidal, Nicole Belloubet et Agnès Buzyn, en février 2018
De gauche à droite: Jean-Michel Blanquer, Frédérique Vidal, Nicole Belloubet et Agnès Buzyn, en février 2018
AFP/Archives

- Nicole Belloubet (Justice). Cette ancienne rectrice, autrefois élue PS en Midi-Pyrénées, a quitté le Conseil constitutionnel pour remplacer François Bayrou et porter la loi de "moralisation de la vie publique". Elle a ensuite dû gérer la pire crise que les prisons aient connue, avec des blocages de surveillants, et doit désormais contenir la mobilisation des magistrats et surtout des avocats contre son projet de réforme qui ambitionne de désengorger les tribunaux et de résorber la surpopulation carcérale.

- Frédérique Vidal. Ancienne présidente de l'Université Nice-Sophia-Antipolis, elle a multiplié les interventions pour défendre sa loi sur l'accès à l'université, réforme ultra-sensible au cœur du mouvement de grogne dans plusieurs facs. Si ses détracteurs la trouvent "rigide", les professionnels qui la côtoient lui reconnaissent sa très bonne connaissance du secteur, ses compétences de technicienne et sa grande capacité de travail.

- Marlène Schiappa (Egalité femmes-hommes). La créatrice du réseau de mères actives "Maman travaille", ancienne adjointe au maire PS du Mans, a connu des débuts chahutés avec quelques gaffes, notamment des raccourcis et approximations sur l'épisiotomie, l'ouverture de la PMA à toutes les femmes et l'évocation maladroite d'un CAP petite enfance pour les jeunes mères sans qualification. Mais "elle est plus politique qu'il n'y paraît", relève une ancienne ministre, et a vu ses thématiques renforcées après le scandale Weinstein et le mouvement #Metoo.

- Elisabeth Borne (Transports). Début avril, le quotidien Les Echos révélait avoir renoncé à publier une interview de la ministre "tellement réécrite" par Matignon. Ex-directrice de la stratégie de la SNCF puis présidente de la RATP, cette polytechnicienne connaît son baptême du feu avec la réforme de la SNCF. Les syndicats ont claqué la porte de ses concertations, et après une fin de non-recevoir initiale, ils seront reçus lundi par Edouard Philippe.

- Françoise Nyssen (Culture). "Faut-il sauver Nyssen ?", s'interrogeait récemment Libération. L'ancienne co-directrice des éditions Actes Sud est souvent brocardée pour n'avoir pas su endosser les habits de ministre. La réforme à haut risque de l'audiovisuel public aura valeur de test. Autres chantiers: la stratégie en faveur du patrimoine, la refonte du système de distribution de la presse, et le "pass culture", dispositif visant à aider les jeunes de 18 ans à l'offre culturelle, promesse de campagne d'Emmanuel Macron.

Partager cet article

Dans la même thématique

Un an de présidence Macron: la « société civile » à l’épreuve du gouvernement
4min

Politique

« On surmonte nos rancœurs » : Agnès Evren (LR) défend un mariage de raison entre Rachida Dati et Pierre-Yves Bournazel pour battre la gauche à Paris

À Paris, la fusion des listes entre Rachida Dati et Pierre-Yves Bournazel relève davantage du réalisme politique face à l’avance de la gauche que d’un rapprochement sincère et naturel. Il a fallu surmonter « une forme d’inimitié » entre les deux candidats, reconnait la vice-présidente de LR et sénatrice de la capitale Agnès Evren, qui compte aussi sur les reports de voix des électeurs de Sarah Knafo.

Le

Un an de présidence Macron: la « société civile » à l’épreuve du gouvernement
5min

Politique

Municipales à Montpellier : sécurité, gestion des déchets, transports… Que retenir du débat d’entre deux tours ?

A Montpellier, c’est une triangulaire qui opposera, dimanche prochain, le maire sortant socialiste Michaël Delafosse, en tête avec 33,41 % au premier tour, la candidate LFI, Nathalie Oziol, deuxième avec 15,36 % et le candidat indépendant, Mohed Altrad (11,31 % des voix). Si dans de nombreuses grandes villes de France, comme Lyon, Toulouse, Nantes… LFI et le reste de la gauche se sont unis au deuxième tour des élections municipales, dans l’Hérault, il n’en a pas été question, tant les deux gauches semblent irréconciliables. Pas d’union à gauche Lors du débat organisé Public Sénat, France Télévisions ICI Occitanie et la radio ICI Hérault organisaient, les protagonistes ont rappelé leur position. « Je constate que depuis que j’ai l’honneur d’être maire de Montpellier, LFI pilonne l’ensemble des mesures que nous portons et met plus d’énergie dans la critique de l’action d’un maire de gauche que contre l’extrême droite », a justifié Michaël Delafosse qui précise, néanmoins, n’avoir eu qu’un adversaire lors de cette campagne : c’est l’extrême droite. Nathalie Oziol a estimé que l’absence de l’extrême droite au second tour à Montpellier, c’était grâce à la France Insoumise. Dans cette configuration, l’union de la gauche n’était pas nécessaire car le choix des électeurs, selon elle, résidait entre le « système socialiste en place » et les Insoumis. L’homme d’affaires, milliardaire, propriétaire du club de rugby local, Mohed Altrad qui, contrairement à 2020, n’a pas fait d’alliance pour le second tour avec l’humoriste Rémi Gaillard et une autre candidate de gauche Alenka Doulain, s’est présenté comme un homme qui n’était pas politique mais qu’il s’éloignerait « le plus possible » de son entreprise s’il était élu. Transports Michael Delafausse a défendu la mesure phare de son mandat, la gratuité des transports, financée par le versement mobilité, même si un rapport de la Cour des comptes a jugé la mesure coûteuse et peu efficace pour inciter les Montpelliérains à ne pas prendre leur voiture. Nathalie Oziol soutient la mesure mais la considère mal appliquée. « Des trams et des bus ont diminué en fréquence. Nous n’avons pas vérifié si le maillage territorial était suffisant », a-t-elle reproché. Autre dossier, le COM (le Contournement Ouest de Montpellier), une voie qui doit relier deux autoroutes pour désengorger la circulation en centre-ville, dont les travaux doivent démarrer cette année, est contesté par les adversaires du maire sortant. « Le COM permettra de contourner Montpellier plutôt que d’envoyer tout le trafic vers l’avenue de la Liberté. C’est financé par les péages », a défendu Michaël Delafosse. « Hors de question. C’est notre A69 à nous. C’est une aberration environnementale, les arbres coupés… C’est une 10 voix qui va passer sous les fenêtres des Montpelliérains », a dénoncé la candidate LFI. Mohed Altrad s’y est montré lui favorable mais à condition que le COM ne soit pas payant pour les Montpelliérains. Sécurité En ce qui concerne la police municipale, Nathalie Oziol, a défendu son désarmement. « Il faut que la police municipale devienne une police de proximité qui fasse le lien avec les habitants ». Prenant l’exemple de la ville de Béziers, la mesure phare de Mohed Altrad est celle d’un couvre-feu au moins de 16 ans à partir de 22h, mais aussi doubler les effectifs de la police municipale et renforcer la vidéoprotection. Le maire sortant a défendu l’armement de la police municipale, la création d’une police des transports, le recrutement de 100 agents supplémentaires et le doublement des caméras de surveillance. Traitement des déchets La validation par le conseil de la Métropole de Montpellier d’une unité de valorisation énergétique par combustibles solides de récupération (CSR) est l’autre dossier chaud de l’élection. « C’est de la folie, c’est la pollution, c’est le cancer […] C’est une technologie expérimentale. Comme toute technologie récente, on a besoin de temps pour l’expérimenter », a dénoncé Mohed Altrad. Nathalie Oziol regrette qu’il n’y ait pas d’autres solutions envisagées. « Ce que nous proposons, c’est une convention populaire sur toute la gestion des déchets. L’objectif que nous devons viser, c’est l’objectif zéro déchet ». Michaël Delafosse a rappelé que le CSR était une solution préconisée par l’Ademe (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie). « Il nous faut continuer à mieux collecter les biodéchets comme le verre », a-t-il ajouté. Pour conclure sur les défis de la nouvelle mandature, comme l’augmentation de la population dans la ville, en moyenne 8 000 habitants par an, Nathalie Oziol a estimé que rien n’a été fait pour accueillir les gens ». Mohed Altrad a aussi jugé que la ville n’était pas à la hauteur des autres villes de taille similaire. Il propose de mieux gérer l’argent public en économisant 25 % de ce qu’il considère comme du « gaspillage ». Mickaël Delafosse s’engage à construire 1 000 nouveaux logements étudiants dans le secteur d’Agropolis et des logements pour seniors mais aussi le développement des BRS (bail réel et solidaire) qui ne permette à personne en logement sociaux d’accéder à la propriété ou encore poursuivre l’encadrement des loyers et la lutte contre Airbnb.  

Le

FRA – LR RETAILLEAU – ELECTION MUNICIPALES 2026
8min

Politique

Municipales : en lâchant Christian Estrosi à Nice, Bruno Retailleau enflamme toute la droite, avec 2027 en ligne de mire

À quelques jours du second tour des municipales à Nice, Bruno Retailleau, le patron des LR, a déclenché une crise ouverte au sein de sa propre famille politique et du bloc central, en refusant de soutenir le maire sortant Christian Estrosi face à Éric Ciotti, allié du RN. Plus largement, le psychodrame azuréen fragilise l'accord national passé avec Horizons, mais révèle aussi les fractures d’une droite à la recherche de sa boussole stratégique pour 2027.

Le

Paris : Sarah Knafo – Meeting au Dome de Paris
6min

Politique

Municipales : le retrait calculé de Sarah Knafo recompose le jeu à Paris

Qualifiée de justesse pour le second tour des municipales parisiennes avec 10,4 % des voix, la candidate Reconquête, Sarah Knafo, a finalement choisi de se retirer « pour Paris », sans toutefois donner de consigne de vote, mais « pour battre la gauche ». Une décision présentée comme un « choix de responsabilité », mais qui soulève autant de questions stratégiques que politiques.

Le