Un appel en faveur de Macron chez les centristes du Sénat
Au lendemain de la signature de l’accord d’alliance entre UDI et Républicains, au Sénat un appel est lancé aux sénateurs centristes pour rejoindre Emmanuel Macron.

Un appel en faveur de Macron chez les centristes du Sénat

Au lendemain de la signature de l’accord d’alliance entre UDI et Républicains, au Sénat un appel est lancé aux sénateurs centristes pour rejoindre Emmanuel Macron.
Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Ils seraient « plus d’une dizaine » sur 42 sénateurs du groupe UDI-UC à rejoindre prochainement les rangs d’Emmanuel Macron, veut croire Gérard Roche, sénateur Modem de la Haute-Loire. L’initiative est à mettre au crédit de son collègue, Michel Canevet, membre de l’UDI. Ce dernier a envoyé, mardi, un mail à l’ensemble des membres du groupe UDI-UC, les appelant à soutenir Emmanuel Macron. Hasard ou non du calendrier, l’appel est arrivé dans les boites mail le jour de la mise en examen de François Fillon et de l’accord d’alliance entre l’UDI et Les Républicains pour la présidentielle et les législatives.

Les centristes « macronistes » « en cours d’inventaire »

 « Nous sommes en cours d’inventaire. Nous ferons le point sur le nombre de personnes à avoir répondu positivement, mardi prochain, lors de la réunion de groupe » explique Michel Canevet qui a, par ailleurs, parrainé le président d’En Marche à l’élection présidentielle. L’UDI qui regroupe une constellation de mouvements comme Les Centristes, l’Alliance centriste, ou encore la Gauche moderne siège au Sénat avec les élus Modem alliés, depuis peu, à Emmanuel Macron. Selon recensement partiel effectué par publicsenat.fr, sur une vingtaine de sénateurs du groupe contactés, aucun n’a reconnu avoir répondu positivement à l’appel en faveur du leader d’En Marche. Sur la « dizaine » d’élus annoncée plus haut, publicsenat.fr en compte, pour le moment, cinq. Michel Canevet et les quatre sénateurs Modem à savoir Jacqueline Gourault, Gérard Roche, Jean-Marie Vanlerenberghe et Jean-Jacques Lasserre.

« Je ne bouge pas, je ne dis rien »

Néanmoins, l’accord programmatique et électoral annoncé, hier, ne masque pas un certain malaise chez plusieurs élus centristes de la Haute assemblée. Sans compter ceux qui raccrochent leur téléphone à la simple évocation de l’appel en faveur d’Emmanuel Macron, d’autres regrettent son caractère tardif. « J’ai donné mon parrainage à François Fillon lundi mais j’ai beaucoup hésité après l’affaire des costumes. Si j’avais reçu le mail de Michel Canevet plus tôt, je ne l’aurais peut être pas fait » reconnait Yves Détraigne, sénateur UDI de la Marne. Les élections sénatoriales de septembre pèsent également sur la liberté de parole des élus de départements renouvelables. « Je ne bouge pas, je ne dis rien » répond laconiquement un sénateur dans ce cas. Ce n’est pas le cas de Gérard Roche, l’un des parrains centristes, d’Emmanuel Macron. « J’ai 76 ans, je suis renouvelable mais je ne me représente pas pour laisser la place aux jeunes » lance-t-il avant de préciser sa démarche en faveur de l’ancien ministre de l’Economie : « J’ai longtemps rêvé d’un grand parti démocrate au centre et c’est ce que peut apporter Emmanuel Macron. Pour autant, nous ne sommes pas dans l’idée de créer un groupe à part. Le groupe UDI-UC se distingue par sa pluralité de pensées. Il n’y a jamais eu de consignes de vote ».

Les juppéistes du centre sont en retrait

Certains sont pour le moment en retrait de la campagne présidentielle. « J’ai donné ma signature à Jean Lassalle. Je ne suis pas aspiré par le phénomène Macron » déclare Loïc Hervé, sénateur de Haute-Savoie, proche d’Alain Juppé. L’ancienne Secrétaire d’Etat et actuelle sénatrice du Nord, Valérie Létard, également proche du maire de Bordeaux, reconnait n’avoir parrainé personne, quant à un éventuel soutien à Emmanuel Macron, elle botte en touche. « Je n’ai aucune position à donner ». Autre juppéiste, le sénateur du Bas-Rhin, Claude Kern annonce lui aussi n’avoir parrainé aucun candidat. « Je ne retrouve pas mes valeurs ». Il n’a pas donné suite, non plus, à l’appel en faveur du candidat d’En Marche.

En cas de duel Emmanuel Macron/Marine Le Pen au deuxième tour de la présidentielle, nul doute que le soutien des centristes en faveur de l’ancien ministre de l’Economie se ferait, cette fois ci, haut et fort.

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris: Deputes dans la salle des quatre colonnes
7min

Politique

Sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône : dénonçant sa place sur la liste de Renaud Muselier, Valérie Boyer se lance de son côté

La sénatrice LR sortante, qui avait obtenu l’investiture à la troisième place d’une liste d’union UDI-Renaissance-LR, demandait la première place. Après avoir dénoncé un accord déséquilibré et se sentant « en décalage politique », Valérie Boyer décide de lancer sa liste dissidente. Renaud Muselier « regrette qu’elle ait cassé l’accord ». De quoi amener une dose d’incertitude de plus dans le scrutin.

Le

Tribute to Edgar Morin
7min

Politique

Présidentielle 2027 : « La candidature de Bernard Cazeneuve traduit la difficulté de notre personnel politique à se renouveler », selon Bruno Cautrès

Bernard Cazeneuve s'avance un peu plus sur le chemin déjà bien embouteillé de la présidentielle. Sans se déclarer officiellement candidat, l'ancien Premier ministre vient de publier une « Lettre aux Français » aux allures de programme, couplée à une interview dans Le Parisien dans laquelle il réaffirme son positionnement social-démocrate. Un espace déjà convoité par François Hollande et Raphaël Glucksmann.

Le

Montrouge: Entretiens politiques sur l energie avec Terra Nova
9min

Politique

Présidentielle : devant ses amis réunis à la questure du Sénat, François Hollande se prépare et met en garde contre les « candidatures de témoignage »

L’ancien chef de l’Etat, qui aspire à la redevenir, a réuni ses fidèles mercredi soir à la questure du Sénat. François Hollande, qui sortira un livre début septembre, planche sur « quelques grandes idées ». S’il n’est pas encore déclaré, il espère être en situation pour pouvoir se lancer. Mais pour lui, l’éventuel retour à l’Elysée ne passera pas par la case primaire.

Le

Paris: Questions au Gouvernement Assemblee nationale
8min

Politique

Interdiction du voile : en envisageant la piste d'un référendum, Marine Le Pen met la pression sur le Conseil constitutionnel

Mesure phare du programme de Marine Le Pen depuis de nombreuses années, l'interdiction du voile dans l'espace public nourrit quelques divisions au sein du RN. Selon les informations du Monde, la candidate à la présidentielle privilégierait désormais la piste du référendum pour faire passer cette réforme qui, sur le principe, serait contraire à la Constitution. Une voie qui permettrait d'éviter une censure a posteriori du Conseil constitutionnel. Le rôle des Sages serait toutefois déterminant en amont de la consultation des citoyens. Explications

Le