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Un gouvernement Lecornu bis ? Vent debout, le camp présidentiel met en garde Emmanuel Macron

L’hypothèse d’une nouvelle nomination de Sébastien Lecornu à Matignon passe mal jusque dans les rangs du bloc central, les soutiens théoriques du chef de l’Etat. « Il faut partager le pouvoir », répète Gabriel Attal, patron de Renaissance. « Un très mauvais signal », ajoute le président de l’UDI, Hervé Marseille. Au pied du mur, le Président se retrouve lâché par les siens.
François Vignal

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Publié le

Alors qu’une énième réunion de la dernière chance a commencé ce vendredi à 14h30, à l’Elysée, où Emmanuel Macron réunit autour de la même table tous les partis, à l’exception du RN et de LFI, on devrait connaître en fin de journée le nom du premier ministre. L’Elysée appelant à « un moment de responsabilité », le chef de l’Etat, au pied du mur, mais qui peut encore décider de dissoudre à nouveau l’Assemblée, semble mettre un coup de pression à toute la classe politique.

Ces dernières heures, le nom de Jean-Louis Borloo a circulé pour Matignon, mais aussi celui… de Sébastien Lecornu. « Si je devais remettre une pièce, ce serait sur Sébastien Lecornu », confiait hier un parlementaire socialiste, reconnaissant que le Président ne devrait pas nommer un premier ministre de gauche, ce que demandent le PS, Les Ecologistes et le PCF, mais pas LFI.

« Un premier ministre très proche du président, ça ne facilite pas la discussion »

Mais son propre camp du bloc central lui met aussi la pression. Car l’idée d’un gouvernement Lecornu II passe mal, jusque chez les (ex ?) soutiens du chef de l’Etat. Le monde à l’envers. Invité ce matin de France 2, Gabriel Attal a continué à critiquer le chef de l’Etat, comme il le fait depuis plusieurs jours. « Il faut partager le pouvoir et ne pas donner le sentiment de s’acharner à vouloir garder la main sur tout », a estimé le secrétaire général de Renaissance. « Je pense que depuis un an, désigner un premier ministre, a fortiori, un premier ministre qui est identifié comme étant très proche du président de la République, je pense que ça ne facilite pas la discussion ensuite avec les partis politiques de l’opposition », insiste le patron des députés Renaissance.

« Je dirai au Président ce que je dis depuis plus d’un an. Il faut mettre le quoi avant le qui. À trois reprises depuis un an, un premier ministre a été nommé avant que des partis se mettent d’accord sur le fond, sur un compromis, et que ce premier ministre, à chaque fois, a été renversé ou contraint à démissionner », souligne l’ancien premier ministre d’Emmanuel Macron.

Après la démission de Sébastien Lecornu, « je ne comprendrais pas qu’il y ait une renomination d’un premier ministre macroniste », a affirmé de son côté Agnès Pannier-Runacher sur France Info. Selon la ministre démissionnaire de la Transition écologique, « il faut une rupture en tendant la main réellement à gauche » ou avec des « personnalités emblématiques ». Et la responsable de Renaissance d’ajouter : « Je pense à Jean-Louis Borloo, je pense à Bernard Cazeneuve ».

« Les Français ne vont pas comprendre. Ils diront « tout ça pour ça » »

Même opposition pour le patron de l’UDI, Hervé Marseille, l’un des partis du socle commun, qui n’a plus rien de commun ou presque. Nommé encore Sébastien Lecornu, « ce n’est pas un bon signal. On a vu ce qu’il s’est passé cette semaine et la palinodie de la semaine. Un gouvernement dimanche, une démission lundi, puis une mission pour Lecornu, une espèce de thérapie de groupe pendant plusieurs jours. Si c’est pour finir par une renomination de Leconru, […] c’est un très mauvais signal. Car les Français ne vont pas comprendre. Ils diront « tout ça pour ça » », prévient sur BFMTV le président du groupe Union centriste du Sénat. Lâché par les siens, l’équation semble quasi insoluble pour Emmanuel Macron.

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