Un lieu mémoriel préconisé pour les ex-enfants réunionnais victimes de migrations forcées
Un lieu mémoriel, une journée commémorative et une intégration dans les livres d'histoire: c'est ce que préconise un rapport...

Un lieu mémoriel préconisé pour les ex-enfants réunionnais victimes de migrations forcées

Un lieu mémoriel, une journée commémorative et une intégration dans les livres d'histoire: c'est ce que préconise un rapport...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Un lieu mémoriel, une journée commémorative et une intégration dans les livres d'histoire: c'est ce que préconise un rapport remis mardi au gouvernement sur les anciens enfants réunionnais victimes de migrations forcées vers la métropole organisées par l'État entre 1962 et 1984.

Il insiste sur "le travail de mémoire" et la nécessité pour ces derniers de "retrouver leur identité".

Au total, la commission d'experts mise en place en 2016 pour faire la lumière sur cet épisode méconnu de l'histoire de France a comptabilisé 2.015 ex-mineurs relevant de l'Aide sociale à l'enfance (ASE) et "transplantés" de La Réunion vers 83 départements de l'Hexagone pendant cette période, dont 10% dans la Creuse, a expliqué le sociologue Philippe Vitale, président de la commission, lors de la remise d'un rapport de 700 pages à la ministre des Outre-mer, Annick Girardin.

Les "Enfants de la Creuse" est le nom donné à ces ex-enfants réunionnais qui ont été déplacés dans l'Hexagone, via le Bumidom, (Bureau pour le développement des migrations dans les départements d'outre-mer), au motif de résoudre les problèmes de démographie galopante et de grande pauvreté que connaissait alors La Réunion. Certains n'ont jamais remis les pieds dans leur île, et ont perdu tout contact avec leurs familles.

Un tiers ont été "transplantés" avant l'âge de 5 ans, souvent pour être adoptés; la moitié d'entre eux avaient de 6 à 15 ans et ont été placés en familles d'accueil ou en institution, ceux qui avaient plus de 15 ans, (un sur cinq) envoyés en apprentissage ou formation. Leur point commun: "la totale misère au départ de La Réunion", a expliqué M. Vitale.

Selon lui, 1.800 de ces "enfants de la Creuse" sont encore vivants aujourd'hui, mais "la très grande majorité ne peuvent ou ne veulent se faire connaître", a-t-il expliqué.

"Cette transplantation a causé des traumatismes profonds", a reconnu Annick Girardin. "Une faute morale a été commise et cette faute impose des réparations", a-t-elle déclaré, en jugeant les préconisations du rapport "pertinentes" et en invitant les associations d'ex-mineurs à travailler avec elle, notamment pour déterminer un lieu et une date de mémoire.

Elle a aussi annoncé que le gouvernement allait "faciliter la recherche d'informations" concernant les dossiers des transplantés, via des formulaires à remplir sur le site du ministère, et "pérenniser" les mesures d'aide au financement de billets d'avion vers La Réunion et de nuitées d'hébergement, qui avaient déjà été annoncées en 2017 pour permettre aux ex-transplantés de retourner sur leur lieu d'origine.

Partager cet article

Dans la même thématique

Capture d’écran du documentaire « Hossegor, histoires d’utopistes » de Guillaume Estivie
6min

Politique

Les « docus de l’été » : Hossegor, une cité balnéaire façonnée au fil des utopies

Voici 100 ans que l’histoire de la côte basque s’écrit, traversée par de multiples révolutions… culturelle, architecturale, ou encore sportive. Une communion entre les Hommes et la nature qui a permis à un petit quartier de la commune de Soorts de s’émanciper pour devenir la célèbre station balnéaire d’Hossegor, dans le département des Landes. Mais qui sont les écrivains qui décident de s’installer au bord du lac marin à l’aube du XXe siècle ? Quel héritage reste-t-il de ces amoureux de la côte basque ? "Hossegor, histoires d’utopistes", un documentaire de Guillaume Estivie à voir cet été sur Public Sénat.

Le

Lecornu marché ok
11min

Politique

« Il veut être le dauphin d’Emmanuel Macron » : la stratégie de Sébastien Lecornu interroge de plus en plus dans le camp présidentiel, en vue de 2027

Entre le projet de loi agricole ou la fin de vie, les sujets de tensions entre le premier ministre et les députés Renaissance s’accumulent, avec le sentiment qu’il cherche plus à parler aux LR. Certains y voient une volonté de jouer sa carte et de préparer le terrain à une éventuelle candidature à la présidentielle, si personne « ne plie le match » dans le bloc central. « Tout peut se passer », selon le député proche du chef de l’Etat, Marc Ferracci, qui n’exclut pas que l’hypothèse Lecornu puisse prendre forme.

Le

ill_institution_assemblee_nationale_15
10min

Politique

Les pétitions, un nouvel outil de pression citoyenne sur le débat public ?

Du succès de la mobilisation contre la loi Duplomb au classement sans suite de la pétition sur la présomption de légitime défense des forces de l’ordre, les pétitions en ligne s’imposent comme un nouveau mode d’interpellation des élus. Sans portée juridique contraignante, elles peinent toutefois à infléchir le travail parlementaire. Leur succès révèle surtout l’aspiration croissante des citoyens à peser sur les décisions publiques entre deux élections, alors que les institutions peinent encore à leur ouvrir une véritable place.

Le