Cacophonie sur le voile dans le sport : « Chaque petite déclaration peut nous détourner de notre objectif », affirme Laurent Marcangeli

Invité de la matinale de Public Sénat, Laurent Marcangeli est revenu sur la cacophonie gouvernementale autour du port du voile dans le sport et appelle chacun « à ne pas trop se disperser », et à ne pas mettre de démission dans la balance, tout en refusant de commenter la « communication » de son « ami » Gérald Darmanin.
Louis Mollier-Sabet

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

La séquence semble close, puisque le gouvernement a promis de mettre la proposition de loi sénatoriale interdisant le port du voile dans les compétitions sportives à l’agenda de l’Assemblée nationale. Il n’en reste pas moins que Gérald Darmanin a mis sa démission dans la balance pour appuyer le texte et que la séquence a laissé des traces au sein du gouvernement entre un pôle Retailleau / Darmanin, et un pôle Borne / Barsacq (voir notre article). « J’attache une grande importance au fait de faire son travail et de ne pas trop se disperser : chaque petite déclaration peut nous détourner de notre objectif », tente de rappeler ce matin Laurent Marcangeli.

« Je vois des déclarations dans la presse qui sont parfois plus dures que ce qu’Édouard Philippe peut dire »

Le ministre de la Fonction publique admet que « chacun communique comme il le veut », mais « fait [sienne] » la doctrine de Jean-Pierre Chevènement : un ministre, ça ferme sa gueule ou ça démissionne. « Je ne suis pas un grand admirateur de Jean-Pierre Chevènement en tant que Corse, mais à titre personnel, je ferme ma gueule et si jamais je dois démissionner je démissionnerai. Et je n’ai par ailleurs pas de jugement à porter sur la communication de mon ami Gérald Darmanin qui communique comme il l’entend », détaille-t-il. Sur le fond, Laurent Marcangeli est parfaitement aligné avec Gérald Darmanin et Bruno Retailleau, et soutient cette « initiative parlementaire ». « Le gouvernement n’a pas à empêcher le Parlement de légiférer », explique-t-il.

Mais l’ancien président du groupe Horizons à l’Assemblée nationale appliquera-t-il ces rappels à l’ordre à l’encontre de son propre camp ? Dimanche à Lille, Édouard Philippe a chargé François Bayrou sans cacher ses ambitions pour 2027 (voir notre article). « Si demain Édouard Philippe décide d’être dans l’opposition vous ne me recevrez pas en tant que ministre », admet le ministre de la Fonction publique, qui retourne les critiques aux autres membres du « socle commun » : « Quand je me compare, je me rassure. Je vois des déclarations dans la presse qui sont parfois plus dures que ce qu’Édouard Philippe peut dire. Il ne remet pas en cause l’action de François Bayrou, mais déplore simplement que la situation politique dans laquelle nous nous trouvons rende difficile de poursuivre les grands sujets de transformation dont le pays a besoin. »

Partager cet article

Pour aller plus loin

Dans la même thématique

Cacophonie sur le voile dans le sport : « Chaque petite déclaration peut nous détourner de notre objectif », affirme Laurent Marcangeli
2min

Politique

PMA : « pour un projet on ne peut plus intime on ne devrait pas avoir à traverser des frontières », déplore cette lyonnaise après neuf tentatives

C’est historique. Pour la première fois depuis la seconde guerre mondiale, le nombre de décès en France a dépassé celui des naissances en 2025. Mais à rebours de cette tendance démographique, certains couples se battent pour avoir des enfants. C’est le cas d’Eugénie, originaire de Lyon, qui a été contrainte de partir à l’étranger pour bénéficier d’un parcours de PMA plus rapide. Interrogée par Quentin Calmet, elle témoignage de ses obstacles et difficultés dans l’émission Dialogue Citoyen.

Le

Second round legislative election-Dijon
11min

Politique

Sondages : pour les municipales, « un exercice vraiment plus difficile » pour les sondeurs

Les sondages sont-ils fiables pour les municipales ? C’est la question qui se pose après la publication de deux sondages Odoxa et Ifop sur Nantes, totalement contradictoires. « C’est probablement la méthodologie qui a été choisie qui explique les écarts importants », explique Gaël Sliman, président et cofondateur d’Odoxa. « Les enquêtes par téléphone ne sont pas les plus efficaces ou faciles, et beaucoup sont réalisées par téléphone » dans les villes moyennes, ajoute Jean-Daniel Levy, directeur délégué de Harris Interactive. Plongée dans la fabrique des sondages.

Le

Lebanon Israel Iran
4min

Politique

Frappes israéliennes à Beyrouth : « Les Libanais ont compris que ce n’était que le début »

L’armée israélienne a annoncé, vendredi matin, qu’elle allait mener de nouvelles frappes contre le Hezbollah sur la banlieue sud de Beyrouth. L’escalade militaire entre Israël et l’Iran s’étend désormais pleinement au Liban. Tatiana Krotoff, journaliste au service international du quotidien francophone libanais, l’Orient du Jour, fait état du choc de la population après l’ordre d’évacuation de la banlieue sud de Beyrouth par l’armée israélienne.

Le