Session of questions to the government at the Senate
Credit : Stephane Lemouton

Un nouveau projet de loi contre le séparatisme pour renforcer l’arsenal de 2021

Le gouvernement prépare un nouveau texte législatif visant à renforcer la lutte contre le séparatisme, dans la continuité de la loi adoptée en 2021. Présenté fin avril en Conseil des ministres, ce projet entend combler certaines limites identifiées par l’exécutif, notamment en matière de contrôle des structures et de protection des mineurs.
Rédaction Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Cinq après une première loi controversée sur le séparatisme, le gouvernement remet le sujet sur la table. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez, a annoncé vendredi le dépôt prochain d’un projet de loi destiné à compléter la loi de 2021 sur les principes de la République. Le texte, déjà transmis au Conseil d’État, devrait être présenté en Conseil des ministres d’ici la fin du mois d’avril, selon le ministre. Cette initiative s’inscrit dans la continuité des engagements pris par Emmanuel Macron, qui avait évoqué la nécessité d’un nouveau dispositif législatif contre le séparatisme et « l’entrisme islamiste ».

Combler les angles morts de la loi de 2021

Selon le ministre de l’Intérieur, malgré les mesures déjà mises en œuvre, comme les fermetures d’associations, de lieux de culte et multiplication des contrôles des structures problématiques, certaines structures échappent encore à l’action de l’État. Le futur texte prévoit ainsi de nouvelles dispositions permettant notamment de dissoudre plus facilement certaines organisations. Laurent Nunez a également pointé des lacunes dans le contrôle de l’accueil collectif des mineurs. « Il faut que nous puissions tous les contrôler, ce n’est pas le cas aujourd’hui », a-t-il affirmé, évoquant un enjeu de surveillance renforcée dans ce domaine. Un autre axe du projet, c’est la régulation des contenus destinés aux plus jeunes. Le gouvernement souhaite se doter de moyens juridiques pour interdire plus largement des publications comportant des propos jugés discriminatoires.

Adoptée en juillet 2021, la loi sur les principes et valeurs de la République avait introduit une série de mesures visant à lutter contre les dérives séparatistes : renforcement de la neutralité du service public, encadrement de l’instruction en famille, contrôle accru des associations et des financements des cultes, ou encore lutte contre certaines pratiques comme les certificats de virginité, la polygamie ou les mariages forcés. Le nouveau projet de loi s’inscrit dans cette logique de durcissement, avec une attention particulière portée à la protection des mineurs face à des influences jugées radicales.

« Nous ne sommes pas les bras ballants »

Le ministre a assuré que le gouvernement continuait d’agir avec les outils existants, tout en poursuivant le travail législatif. « On verra à quel moment on l’inscrit, en tout cas, on le dépose et on continue à travailler sur ce sujet », précise Laurent Nunez, alors interrogé sur le calendrier législatif. « Nous ne sommes pas les bras ballants », a-t-il insisté, évoquant l’utilisation des dispositifs juridiques actuels. Par ailleurs, des propos tenus par Laurent Nunez en mars à la Grande Mosquée de Paris, où il s’était opposé à l’interdiction du voile pour les mineures tout en affirmant sa fermeté contre le séparatisme, ont récemment refait surface. Le ministre a réaffirmé sa ligne : lutter contre les dérives sans « stigmatisation ».

Vers un contrôle accru des cultes et des associations

En toile de fond, ce nouveau texte pourrait accentuer l’évolution engagée par la loi de 2021. Celle-ci avait déjà modifié l’équilibre issu de la loi de 1905, en renforçant le contrôle de l’État sur les associations cultuelles, désormais soumises à une autorisation préfectorale et à un réexamen périodique. Avec ce nouveau projet, l’exécutif entend aller plus loin dans la surveillance et la prévention des phénomènes séparatistes, au risque, selon certains critiques, d’alimenter le débat.

 

(Avec AFP)

Partager cet article

Dans la même thématique

Un nouveau projet de loi contre le séparatisme pour renforcer l’arsenal de 2021
4min

Politique

VSS dans le sport : « On est passé de 10 cas à 400 par an » alerte ce sénateur

Mathilde De Kerangat, ex-athlète olympique de voile, révélait en 2022 avoir été victime d’agressions sexuelles de la part de son entraîneur quand elle pratiquait l’athlétisme entre l’âge de 7 et 11 ans. Aujourd’hui, elle s’engage au sein de l’observatoire des violences sexistes et sexuelles dans le sport et s’engage auprès des plus jeunes pour faire de la prévention. Elle témoigne dans l’émission Sport etc. présentée par Caroline Delage.

Le

Paris: Questions au gouvernement Senat
9min

Politique

Sénatoriales : après les municipales, le groupe LR pourrait « perdre de 3 à 5 sièges », face à la poussée du RN

Les municipales permettent déjà de faire des projections sur les sénatoriales de septembre 2026. Sur le papier, les LR craignent de perdre 3 à 5 sièges, mais le scrutin de 2029 s’annonce meilleur. Au groupe centriste, son président Hervé Marseille mise sur une « forme de stabilité ». Globalement, le sénateur LR Roger Karoutchi assure qu’« il n’y a pas de risque sur la majorité sénatoriale », qui restera « très large ».

Le

FRA – ELECTIONS MUNICIPALES – LR RETAILLEAU
4min

Politique

Présidentielle : les adhérents LR désignent Bruno Retailleau comme candidat

Le président des Républicains a été investi par son parti pour l’élection présidentielle ce dimanche, à la suite d’un vote en ligne des adhérents. La confirmation de la candidature de Bruno Retailleau était une étape nécessaire, mais n’épuise pas les questions sur la suite de la campagne présidentielle à droite. 

Le