Paris: Pierre-Yves Bournazel Municipal Elections Campaign
Pierre-Yves Bournazel, Cirque d'Hiver /Credit:J.E.E/SIPA/2602112315

Un policier par métro la nuit, « une révolution de la propreté », 60 000 logements en plus : Pierre-Yves Bournazel promet « un Paris apaisé »

Le troisième homme des sondages pour les municipales à Paris a présenté ce jeudi 19 février son programme de campagne, axé sur un « Paris apaisé », avec des mesures concernant la sécurité, la propreté et le logement. Soutenu par Renaissance, le candidat d’Horizons défend un « projet d’alternance ».
Emma Bador-Fritche

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Dans une campagne encore largement dominée par les enjeux nationaux, et alors que la gauche unie devance Rachida Dati dans les intentions de vote, Pierre-Yves Bournazel se positionne comme une alternative à la candidate LR et au socialiste Emmanuel Grégoire. À moins d’un mois du premier tour, le candidat du centre droit a présenté son programme depuis son quartier général situé dans un duplex du 9ᵉ arrondissement. Sans la grande mise en scène qu’il avait livrée pour son meeting au Cirque d’Hiver, il a dévoilé un document de 87 pages qu’il souhaite incarner comme une « rupture » avec la gestion actuelle et une réponse au « malaise parisien ». Son « projet d’alternance » s’articule autour d’un mot d’ordre, utilisé comme anaphore dans son discours : bâtir « un Paris apaisé ».

La sécurité comme priorité politique

La sécurité arrive en tête du programme, présentée comme la condition du « retour à l’ordre » dans la capitale. « La première des libertés, c’est de pouvoir circuler sans peur », insiste le candidat. Il propose de porter les effectifs de la police municipale à 6 000 agents armés, contre environ 2 500 aujourd’hui, et promet « du bleu dans les rues dès les cent premiers jours ». Son plan prévoit également une convention avec Ile-de-France Mobilités et la Région, « pour déployer un policier municipal dans chaque métro en soirée », et ceux « dès avril ». « L’ordre républicain doit être garanti partout », affirme-t-il, critiquant la gestion sécuritaire de la municipalité sortante dirigée par Anne Hidalgo.

« Paris ne doit pas devenir une ville réservée uniquement aux plus aisés ou aux plus fragiles ».

Face au déclin démographique de la capitale, avec « 180 000 habitants ont quitté Paris depuis 2014 », le troisième candidat dans les sondages ambitionne de rendre Paris plus accessible aux familles. Son projet prévoit notamment de remettre sur le marché « 60 000 logements » privés grâce à des mesures incitatives, comme une garantie contre les loyers impayés et un encadrement renforcé des locations touristiques. Il propose aussi de financer la rénovation énergétique de 90 000 logements et de maintenir la part de logements sociaux à 25 %, en réservant en priorité l’accès aux « Parisiens qui travaillent ». Selon lui, « Paris ne doit pas devenir une ville réservée uniquement aux plus aisés ou aux plus fragiles ». Il défend ainsi l’idée d’« un Paris où se loger ne rime pas avec sacrifice financier, un Paris où les classes moyennes, essentielles au dynamisme de la ville, peuvent également vivre ».

Une « révolution de la propreté » par la privatisation

Parmi ses grandes mesures figure : « La privatisation complète du service public de la propreté afin d’en multiplier l’efficacité », un modèle qu’il dit inspiré des expériences menées à Londres et à Stockholm. Le candidat promet une transformation rapide, perceptible « dès les cent premiers jours », fondée sur des objectifs de performance précis et des sanctions en cas de défaillance. Les économies attendues, évaluées à plus de « 700 millions d’euros » sur six ans, seraient réinvesties dans la modernisation des équipements et le déploiement de solutions technologiques. « L’état actuel des rues et la gestion directe par la Ville constituent un échec total ». Selon lui, les habitants constateront rapidement des améliorations concrètes : « Leur rue sera propre ».

Un « Paris qui respire »

Le projet prévoit également une transformation en profondeur de l’aménagement urbain afin de « libérer l’espace public ». Pierre-Yves Bournazel propose notamment de supprimer « 70 000 places de stationnement en surface », compensées par « la création de 80 000 places souterraines gratuites » pour les Parisiennes et parisiens. Cette opération, estimée à un milliard d’euros, serait financée en partie par la vente du Parc des Princes au Paris Saint Germain.

Le candidat défend l’idée d’« un Paris apaisé, un Paris qui respire, où l’on peut circuler comme flâner », avec davantage d’espace pour les piétons, les familles et la vie de quartier. Son programme met l’accent sur des transports publics plus performants, notamment « des bus fiables, réguliers et propres », alors qu’il souligne que la vitesse moyenne des bus parisiens a fortement diminué au fil des années, devenant parfois inférieure à celle des vélos. Il souhaite également réhabiliter la Petite Ceinture, longtemps laissée à l’abandon, afin de la restituer aux habitants, et transformer les berges en une promenade continue le long de la Seine, aménagée « avec des espaces familiaux, des parcours sportifs et des zones dédiées aux animaux ». Son programme inclut le déploiement de 1 000 « rues apaisées », dotées de revêtements limitant le bruit et les îlots de chaleur, afin d’adapter la capitale aux épisodes de fortes chaleurs à venir.

« 4,2 milliards d’euros d’économies »

Le candidat met en avant un programme qu’il affirme « financé à l’euro près ». Il annonce vouloir réaliser « 4,2 milliards d’euros d’économies » sur six ans, dont plus d’un milliard sur les dépenses de fonctionnement de la municipalité, avec pour objectif de réduire significativement la dette de Paris. À Hôtel de Ville de Paris, il promet notamment de « faire respecter les 35 heures », de renforcer la transparence, en particulier sur les frais de représentation des élus, et de renouveler l’encadrement administratif en remplaçant l’ensemble des directeurs d’administration. Dénonçant « 25 ans de gestion socialiste », il appelle à « une rupture » dans la gouvernance municipale.

L’équation Dati

« Le prochain maire de Paris, soit c’est M. Grégoire, soit c’est moi », affirme Pierre-Yves Bournazel, revendiquant une position indépendante et refusant toute alliance « avec l’extrême gauche comme avec l’extrême droite ». Sa stratégie pour le second tour est toutefois de plus en plus floue. Malgré la main tendue de Rachida Dati en faveur d’un rassemblement de la droite et du centre, le candidat du centre droit se présente comme « le candidat le plus à même de rassembler ». Selon lui, ses adversaires, Emmanuel Grégoire et Rachida Dati, subissent « la pression de l’extrémisme politique » dans un climat de campagne marqué par « violences » et « attaques ». « Les Parisiens vont sanctionner ces comportements », assure-t-il. Dans ce contexte, Rachida Dati a été citée par Le Nouvel Obs affirmant que « le club des homosexuels » voulait lui « faire perdre » l’élection en évoquant une « conspiration gay ». La ministre de la Culture a réfuté ces propos et annoncé mercredi son intention de déposer plainte pour diffamation. « Ces propos, qu’ils aient été tenus ou pas, quand ils vous arrivent en pleine figure, ils ne sont pas agréables à entendre. », a commenté Bournazel. Troisième homme des sondages, il mise sur les quatre débats télévisés à venir, auxquels Rachida Dati ne souhaite pas participer, pour faire connaître son programme. Pour incarner modernité et transparence, il a également lancé un chatbot dédié à son projet, présenté comme un « porte-parole numérique ». L’outil répond aux questions sur ses mesures, mais esquive les sujets sensibles, notamment la question des alliances : interrogé sur le rapprochement éventuel avec LR-MoDem, le chatbot se contente de répondre : « Pouvez-vous me poser une autre question ? », une prudence qui reflète la position du candidat lui-même ?

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