Un proche de Serge Dassault condamné pour tentative d’assassinat jugé en appel
Condamné à 15 ans de prison en 2016 pour une tentative d'assassinat commise sur fond de soupçons d'achats de votes à Corbeil...

Un proche de Serge Dassault condamné pour tentative d’assassinat jugé en appel

Condamné à 15 ans de prison en 2016 pour une tentative d'assassinat commise sur fond de soupçons d'achats de votes à Corbeil...
Public Sénat

Temps de lecture :

2 min

Publié le

Condamné à 15 ans de prison en 2016 pour une tentative d'assassinat commise sur fond de soupçons d'achats de votes à Corbeil-Essonnes, un proche de Serge Dassault est jugé en appel devant les assises du Val-de-Marne à Créteil à partir de mardi.

Les fait remontent à 2013. En plein centre de Corbeil-Essonnes (Essonne), Younès Bounouara, âgé aujourd'hui de 46 ans, tire sur Fatah Hou, blessant très grièvement ce boxeur professionnel.

Quelques heures plus tôt, une violente altercation avait éclaté entre les deux hommes. Au coeur de la dispute, des révélations du Canard enchaîné au sujet du sénateur LR Serge Dassault, maire de Corbeil-Essonnes entre 1995 et 2009 : Bounouara, un relais du millionnaire dans les quartiers sensibles, aurait touché 1,7 million d'euros en échange de l'aide apportée à l'élection en 2010 d'un fidèle de Dassault à la mairie.

Bounouara aurait décidé de ne pas redistribuer cet argent, "comme il devait le faire", selon la version de Hou. L'ancien boxeur, qui a gardé de lourdes séquelles, avait dit aux enquêteurs avoir travaillé pour Serge Dassault jusqu'en 2008, dans le cadre des campagnes électorales, et reçu des sommes d'argent à distribuer à Corbeil-Essonnes pour inciter les gens à voter pour lui.

Entendu comme témoin assisté, Serge Dassault avait reconnu l'existence de dons à Bounouara pour financer un projet en Algérie, mais récusé les soupçons d'achat de votes, qui lui valent une mise en examen dans un dossier distinct.

En première instance à Evry en 2016, Hou comme Bounouara ont maintenu leurs versions : le premier affirmant que Bounouara avait voulu l'éliminer pour l'empêcher de "balancer le système Dassault", le second assurant avoir seulement craqué après plusieurs années de harcèlements et de menaces d'extorsion de fonds.

Devant les assises de l'Essonne, il avait soutenu ne "pas avoir voulu tuer", évoquant un "tir accidentel" provoqué par l'intervention d'un proche venu le ceinturer. Ce, malgré des écoutes judiciaires accablantes dans lesquelles on l'entend dire à des proches qu'il a son "pétard" et va "canarder" Fatah Hou.

Serge Dassault, 93 ans et qui a renoncé à son siège de sénateur en juillet dernier, a été à nouveau cité par la défense. En première instance, il n'était pas venu témoigner, invoquant un voyage à l'étranger et un agenda chargé.

Le verdict est attendu le 25 mai.

Partager cet article

Dans la même thématique

Élections municipales 2026 : l’incertitude de l’ampleur du rebond de la participation
5min

Politique

Élections municipales 2026 : l’incertitude sur l’ampleur de la participation

Après une forte abstention lors des dernières élections municipales de 2020, le scrutin de dimanche devrait être marqué par un rebond logique de la participation. L’ampleur du retour des électeurs dans les urnes fait partie des grandes inconnues. Certains instituts rappellent que le déclin de la mobilisation est devenu structurel depuis les années 90.

Le

Iraq France
5min

Politique

Mort d’un soldat français en Irak : le « pouvoir terroriste d’Iran » fait payer à la France son implication militaire dans la région

Une attaque de drones a ciblé une base militaire dans le nord de l’Irak, faisant un mort et six blessés parmi les forces françaises engagées en soutien des Kurdes. Derrière cette frappe menée vraisemblablement par un groupe pro-iranien, les exhortations du régime islamique à faire payer à la France le prix de son soutien militaire dans la région sont en cause. Une énième illustration de la stratégie iranienne de réplique tous azimuts.

Le