« Un scandale absolu » : Olivier Dussopt condamne la participation de députés NUPES à la marche pour Adama Traoré

Le ministre du Travail Olivier Dussopt réprouve vivement la présence de députés de la France insoumise au rassemblement qui s’est tenu en mémoire d’Adama Traoré, le samedi 8 juillet à Paris.
Guillaume Jacquot

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Un symbole qui ne passe pas du tout au gouvernement. Invité de la matinale de Public Sénat, le ministre du Travail Olivier Dussopt a désapprouvé totalement la venue de parlementaires de gauche au rassemblement organisé ce samedi à Paris, en mémoire d’Adama Traoré. Cet homme de 24 ans était décédé peu après son interpellation par les gendarmes en 2016 ans le Val-d’Oise. Malgré l’interdiction de la manifestation, par la préfecture, environ 2000 personnes y ont participé. Y compris des députés de la France insoumise (LFI), comme la présidente de groupe Mathilde Panot, ou encore Éric Coquerel, président de la commission des finances. Sandrine Rousseau, députée du groupe écologiste, était également présente dans le cortège.

« C’est incroyable et inacceptable lorsqu’on est parlementaire, lorsqu’on a la chance de porter une écharpe tricolore de législateur, de participer à une manifestation interdite », a condamné ce lundi, Olivier Dussopt. « Il faut savoir qui on est, et ce que l’on veut. Lorsqu’on fait la loi, on respecte la loi, on respecte les décisions de la justice et de l’administration, et on ne s’affiche pas dans une manifestation interdite », a-t-il poursuivi. Le sujet s’était déjà posé pendant la réforme des retraites, ou encore durant la manifestation à Sainte-Soline, les élus visés assurent être au contraire dans leur bon droit.

« Quelque chose qui n’est pas à la hauteur d’un parlementaire »

Mais le ministre du Travail conteste d’autant plus leur initiative, compte tenu des slogans prononcés. « Manifester, entouré de gens qui scandent tout le monde déteste la police, est un scandale absolu. C’est quelque chose d’inacceptable, c’est quelque chose qui n’est pas à la hauteur d’un parlementaire », s’est-il indigné. Plusieurs marches citoyennes contre les violences policières ont également été organisées dans le reste du pays. À Paris, plusieurs journalistes ont été violemment repoussés par des policiers en couvrant ces interpellations.

Sur un autre registre, Olivier Dussopt a qualifié de « désespérant » le recours des députés LFI devant le Conseil d’État afin d’obtenir l’annulation des sanctions infligées pour leur comportement durant l’examen de la réforme des retraites. Thomas Portes, notamment, avait été exclu en février pendant 15 jours de l’Assemblée nationale, après avoir posé le pied sur un ballon à l’effigie du ministre du Travail. « Ce sont des députés qui abîment l’institution de l’intérieur, qui nourrissent l’antiparlementarisme », a-t-il commenté. « Lorsqu’on bafoue le règlement de l’Assemblée, qu’on ne siège que pour de l’invective, mettre le bazar dans l’hémicycle, il faut ne pas s’étonner lorsque le règlement est appliqué. » Il y a, selon lui, « une volonté de blocage, d’insulte, de discrédit des institutions ».

Partager cet article

Dans la même thématique

« Un scandale absolu » : Olivier Dussopt condamne la participation de députés NUPES à la marche pour Adama Traoré
5min

Politique

Défenseur des droits : François-Noël Buffet assure qu’il exercera sa mission avec « autorité et indépendance », la gauche exprime ses « inquiétudes »

En dépit de l’opposition de nombreuses associations et de parlementaires de gauche, la candidature de François-Noël Buffet au poste de défenseur des droits a été validée par le Parlement, ce mardi 21 juillet, à 43 voix contre 39. Lors de son audition, les sénateurs de gauche ont exprimé leurs réserves sur le choix de François-Noël Buffet pour occuper ce poste.

Le

Paris: Assemblee nationale questions au gouvernement
4min

Politique

Après avoir fracturé le camp présidentiel, le projet de loi d’urgence agricole revient au Sénat : le sort de Monique Barbut en suspens

Après un vote tumultueux à l’Assemblée nationale, qui a vu les soutiens du gouvernement se fracturer autour de la question des pesticides, le projet de loi d’urgence agricole est soumis à un dernier vote du Sénat ce mardi. Son adoption définitive pourrait pousser la ministre de la Transition écologique vers la sortie.

Le