Un sénateur souhaite interdire que le nom d’une personne mise en examen, soit divulgué
Le sénateur Les Républicains, Charles Revet, a déposé un amendement qui sera présenté dans le cadre du Projet de loi de réforme de la Justice et qui vise à interdire que le nom d’une personne mise en examen soit divulgué.

Un sénateur souhaite interdire que le nom d’une personne mise en examen, soit divulgué

Le sénateur Les Républicains, Charles Revet, a déposé un amendement qui sera présenté dans le cadre du Projet de loi de réforme de la Justice et qui vise à interdire que le nom d’une personne mise en examen soit divulgué.
Public Sénat

Par Yann Quercia

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

C’est un amendement qui pourrait faire du bruit. Le sénateur Revet propose d’interdire que le nom d’une personne mise en examen « soit divulgué par qui que ce soit tant que la personne concernée n’ait fait l’objet d’une condamnation. » Cette infraction pourrait être punie de 6 mois d’emprisonnement et de 10.000 € d’amende et doublée en cas de récidive.

 « La mise en examen est une forme de précondamnation »

Interrogé par téléphone, le sénateur Revet affirme qu’une mise en examen se transforme souvent en précondamnation : « Pour un maximum de nos concitoyens, la mise en examen est une forme de précondamnation. Un tas de gens mis en examen ne sont finalement pas jugés coupables et beaucoup de procédures sont arrêtées. Pourtant, les personnes, les familles peuvent être marquées et cela reste (…) Tant qu’il n’y a pas eu de condamnation, il ne faut pas le nom d’une personne soit divulgué. Dans beaucoup de pays européens les noms des personnes mis en examens ne sont pas révélés. »

Charles Revet justifie son amendement en prenant l’exemple d’Outreau : L’affaire d’Outreau est restée dans les mémoires, mais il en est beaucoup d’autres qui pourraient être citées. »

Le sénateur va plus loin en estimant qu’il n’y avait aucune raison de révéler la mise en examen de François Fillon pendant la campagne présidentielle de 2017 : « Jusqu’à preuve du contraire, il n’y a pas eu décision prise par la justice. Il n’y avait aucune raison de révéler son nom pendant la campagne. Pourtant une majorité de gens l’a pensé fautif. »

« On va empêcher les rédactions de travailler »

Vincent Lanier, premier secrétaire national du Syndicat national des journalistes (SNJ) évoque ses craintes pour la presse : «  C’est une fausse bonne idée voire une mauvaise idée. Si on empêche les médias de faire leur travail, les rumeurs et fausses informations vont circuler sur les réseaux sociaux. On va empêcher les rédactions de travailler et certains iront chercher les informations ailleurs. »

Il ajoute : « Il faut se poser des questions sur l’objectif recherché de cet amendement car cet amendement va le plus souvent concerner des personnalités publiques. »

Cet amendement sera examiné demain par la commission des lois. S’il est adopté, il fera partie du texte examiné dans l’hémicycle à partir du 9 octobre.

Partager cet article

Dans la même thématique

Un sénateur souhaite interdire que le nom d’une personne mise en examen, soit divulgué
4min

Politique

Fin de vie : le Sénat vote un texte vidé de sa substance, la gauche dénonce un « sabotage » de la droite

Dans la nuit, le Sénat a adopté la proposition de loi relative à l’aide à mourir mais en supprimant les deux articles phares, le principe de l’assistance à mourir et ses modalités, rendant le texte inopérant. La majorité sénatoriale s’est divisée sur la version rédigée par la commission des affaires sociales qui préconisait une version de compromis. Le patron de LR, Bruno Retailleau avait indiqué qu’il rejetterait le texte quelle que soit sa rédaction.

Le

Un sénateur souhaite interdire que le nom d’une personne mise en examen, soit divulgué
3min

Politique

Fin de vie : le Sénat vote le principe « du droit opposable au soulagement » 

Le Sénat a voté en faveur « d’un droit opposable au soulagement » lors de l’examen de la proposition de loi relative à l’aide à mourir. Après avoir rejeté l’article qui fixait les conditions, le Sénat est donc également revenu sur le principe de « l’assistance médicale à mourir », défendue par la commission des affaires sociales ». 

Le

Un sénateur souhaite interdire que le nom d’une personne mise en examen, soit divulgué
4min

Politique

Fin de vie : le Sénat, divisé, vide le texte de sa substance en rejetant l’article phare sur « l’aide à mourir »

Coup de théâtre, mercredi les sénateurs ont rejeté l’article 4, le cœur de la proposition de loi relative à l’aide à mourir. La commission des affaires sociales avait considérablement réduit la portée du texte en remplaçant un « droit à l’aide à mourir » par « une assistance médicale à mourir », pour les malades dont le pronostic vital » est engagé à très court terme. La majorité sénatoriale divisée n’est pas parvenue à s’entendre sur cette version.

Le

Paris: Questions au gouvernement Senat
4min

Politique

Budget : quand Sébastien Lecornu zappe les sénateurs dans sa lettre aux parlementaires…

Suite aux recours au 49.3 par le premier ministre pour faire adopter le budget, Sébastien Lecornu a écrit aux parlementaires pour expliquer les principales mesures de ce budget de compromis. Une lettre envoyée aux seuls députés en réalité. Les sénateurs, eux, ne l’ont pas reçue. Ils devront attendre le retour du texte à la Haute assemblée pour que le premier ministre leur écrive.

Le